Alors que la guerre se poursuit en Ukraine avec son cortège d’atrocités et de destructions, les faits confirment que la force militaire et le fait accompli, la violation de la souveraineté d’un État et du droit international ne sont pas acceptables, ni en Ukraine ni ailleurs dans le monde. Comme nous l’avons dit à plusieurs reprises avec l’ensemble des organisations du collectif national des marches pour la paix « La guerre est toujours un échec, elle conduit au chaos et enfante des monstruosités dont sont victimes les populations civiles jetées sur le chemin de l’exil » (extrait de la déclaration constitutive du collectif)
C’est sur ces fondements que nous avons dénoncé l’agression de la Russie contre l’Ukraine. Cette dénonciation nous a également conduits dans le même temps à montrer combien la militarisation des relations internationales et en particulier la volonté d’extension de l’OTAN, cette alliance militaire contraire à l’esprit et à la lettre de la Charte des Nations unies, a été un des facteurs sources de détérioration de la situation internationale, en particulier dans l’Est de l’Europe. En effet après la chute du mur de Berlin, la dissolution du pacte de Varsovie aurait dû entraîner la dissolution de l’OTAN.
Dans ce contexte, Le Mouvement de la Paix se réjouit des rencontres diplomatiques OSCE/Ukraine à Kiev le 2 février 2026 et OSCE/Russie à Moscou le 6 février 2026 à l’initiative de la Suisse en tant qu’Etat assumant la présidence de l’OSCE. Ainsi, Ignazio Cassis (ministre suisse des Affaires étrangères et Président en exercice de l’OSCE) et Feridun H. Sinirlioğlu (Secrétaire général de l’OSCE) ont rencontré à Moscou le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov. Cette rencontre, qui est la première visite d’un président en exercice de l’OSCE en Russie depuis le 24 février 2022, s’inscrit dans un effort de l’OSCE pour relancer le dialogue politique sur la sécurité européenne, en abordant directement la question de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. L’OSCE entend jouer concrètement son rôle comme plateforme de dialogue entre toutes les parties afin, dans le court terme, de contribuer à un processus de paix durable et, sur le long terme, d’avancer dans la construction d’une sécurité collective en Europe incluant la Russie.
L’OSCE propose en effet d’ouvrir un débat élargi sur la sécurité collective en Europe, au-delà de ce seul conflit, en incluant les États-Unis, l’UE, la Russie et les États participants de l’OSCE afin de répondre aux tensions croissantes entre grandes puissances. Ce débat, comme précédemment les accords de Minsk, pourrait permettre de trouver une issue politique au conflit en cours et dans le même temps de travailler à l’établissement d’une base commune de discussion pour la sécurité à long terme.
Le communiqué de presse de l’OSCE en date du 6 février 2026 indique en effet que « la réunion de Kiev le 2 février et celle d’aujourd’hui à Moscou témoignent en ce moment critique, de la détermination des Etats participants à s’appuyer sur l’expertise de l’OSCE pour œuvrer à la fin de la guerre, relever les défis de l’après-conflit et contribuer à une paix juste et durable en Ukraine, conformément au droit international »
L’OSCE travaillerait à être opérationnellement prête (mécanismes de discussion et de contrôle, expertises, plans pratiques) en liaison avec l’ONU. Si un cessez-le-feu était accepté, la population ukrainienne pourrait voir l’OSCE jouer un rôle dans la réduction des violations du cessez-le-feu, la gestion des zones sensibles, l’organisation de dialogues visant à rétablir un minimum de confiance au plan local, mais aussi en créant un espace où l’on discuterait des garanties de sécurité pour l’Ukraine, de contrôle des armements ou de transparence militaire. Cela ne se substituerait pas aux négociations directes Ukraine-Russie, mais pourrait contribuer à un climat plus favorable à la recherche d’une solution politique.
Le Mouvement de la paix se réjouit de cette initiative de l’OSCE et s’adressera au Président de la République pour qu’il la soutienne. Il appelle à solliciter les parlementaires pour faire connaitre et soutenir cette initiative constructive.
Le Mouvement de la paix
Le 24 février 2026