Sommet de l’OTAN : une alliance militaire encore plus agressive et de plus en plus expansionniste

Contrairement à la préparation médiatique savamment orchestrée par le Président Macron, le sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Londres les 5 et 6 décembre 2019 n’a nullement abouti à une remise en cause de cette alliance militaire datant de la guerre froide, bien au contraire.

Après avoir célébré les 70 ans de l’OTAN à Buckingham Palace, les chefs d’Etat et de gouvernement ont adopté à l’unanimité une déclaration finale affirmant que «le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations (…) demeure une menace persistante pour nous tous» et que «les actions agressives de la Russie constituent une menace pour la sécurité euro-atlantique» et présentant pour la première fois la montée en puissance de la Chine comme un « défi » pour l’OTAN. Ainsi veut-on justifier la relance de la course aux armements, un nouvel élargissement de l’OTAN dans les Balkans avec cette année l’adhésion de la Macédoine du Nord après l’adhésion du Monténégro en 2018 et la mise en œuvre de « l’initiative pour la réactivité » (NATO Readiness Initiative – NRI) annoncée par Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN. A partir de 2020, l’OTAN sera en capacité de mobiliser en moins de 30 jours 25 000 soldats, 300 avions de chasse et 30 navires de combat issus des différentes armées des pays partenaires.

Le sommet de Londres s’inscrit donc tout-à-fait dans la stratégie agressive et expansionniste des Etats-Unis, comme l’a analysé le contre-sommet international organisé à Londres le 30 novembre par les forces pacifistes venues de toute la planète – dont le Mouvement de la Paix et le collectif français « Non à l’OTAN ». L’OTAN n’a plus aujourd’hui de « nord-atlantique » que la dénomination, car on assiste à une dangereuse mondialisation de l’OTAN  présente sur tous les continents par le biais d’accords de défense avec de nombreux pays.

Les décisions prises à Londres font apparaître les déclarations d’Emmanuel Macron sur « la mort cérébrale » de l’OTAN pour ce qu’elles sont : un écran de fumée visant à replacer la France comme championne de l’intégration militaire accélérée de l’Union Européenne, présentée comme acte d’autonomie vis-à-vis de l’OTAN alors qu’elle répond parfaitement aux objectifs de l’OTAN consistant à faire financer les dépenses militaires davantage par les pays européens eux-mêmes tout en renforçant les capacités militaires face à la Russie présentée comme une menace.

L’Europe constituera d’ailleurs en 2020 le terrain des manœuvres Defender 2020, les plus grandes manœuvres depuis la fin de la guerre froide, où seront déployées des troupes venues des Etats-Unis et débarquant en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne pour se diriger vers les frontières de la Russie, traversant l’Europe orientale. Ces manœuvres culmineront en avril-mai 2020 et la France y participera sans que soit remis en cause leur caractère de provocation vis-à-vis de la Russie.

Le Président Macron a incontestablement réussi à faire parler de lui avant le sommet et il a obtenu que soit indiquée dans la déclaration commune l’ouverture d’un groupe de «réflexion prospective» sur la stratégie de l’Alliance atlantique ; en réalité, la France restera au sein de l’OTAN un allié inconditionnel des stratégies décidées à Washington.

Le contre-sommet pacifiste a décidé d’intensifier en 2020 ses actions pour dénoncer l’OTAN comme facteur de guerre et d’insécurité et pour en exiger la dissolution, au profit d’une alternative de sécurité incluant l’ensemble des pays du continent européen. Les manœuvres Defender 2020 seront l’occasion de mobilisations de l’opinion publique contre l’OTAN, instrument de guerre au service de l’hégémonie nord-américaine, en faveur d’une Europe de paix dans un monde plus sûr.

A Paris, le 06/12/2019

Le Mouvement de la Paix

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