Appel à l’action du Mouvement de la Paix à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant
20 novembre 2025 – Soixante-six ans après la Déclaration des droits de l’enfant, adoptée le 20 novembre 1959, et trente-six ans après la Convention internationale des droits de l’enfant, signée le 20 novembre 1989, le constat reste accablant : partout dans le monde, les droits fondamentaux des enfants continuent d’être ignorés, violés ou négligés.
En France : 80 ans après la Sécurité sociale, des enfants sans soins, sans école et sans avenir garanti
En 2025, la France célèbre les 80 ans de la Sécurité sociale, conquête historique de solidarité. Pourtant, des milliers d’enfants en sont encore exclus.
Selon la Fédération des acteurs de la solidarité, plus de 2 100 enfants dorment chaque soir dans la rue. Des centaines d’autres sont privés de soins, faute de médecins, de pédopsychiatres ou de structures adaptées.
Un enfant sur cinq atteint de handicap n’a pas accès à une scolarisation adaptée (ASH insuffisante), tandis que 40 % des enfants de familles modestes ne partent jamais en vacances.
Les familles monoparentales, souvent féminisées, sont les premières touchées par la pauvreté : près d’un enfant sur trois y vit sous le seuil de pauvreté.
La CIVISE alerte sur l’ampleur des violences sexuelles faites aux enfants : 160 000 victimes par an, souvent sans accompagnement. Les services de l’Aide sociale à l’enfance sont saturés ; les mineurs isolés étrangers, parfois laissés à la rue, voient leurs droits bafoués.
À Mayotte, le Défenseur des droits dénonce une scolarisation défaillante, tandis que la pédocriminalité, la pauvreté et les violences intrafamiliales progressent dans l’indifférence.
Dans le même temps, les discours officiels invoquent une « économie de guerre » et la préparation à un conflit mondial. Les annonces présidentielles sur la Russie, les hausses de budgets d’armement et les discours de confrontation contrastent avec l’effondrement des services publics de santé et d’éducation.
Ce climat de militarisation, couplé à la montée des extrêmes droites et à la désinformation numérique, expose les enfants à une culture de peur, d’injustice et de haine.
Or, les enfants ont droit à grandir dans un climat de paix, d’esprit critique et de vérité — non dans une société qui les prépare à la guerre.
A l’international : migrations, exploitation et survie
Sur les routes migratoires, un quart des déplacés dans le monde sont des enfants.
Aux États-Unis, plus de 111 000 mineurs non accompagnés ont été arrêtés en 2024 à la frontière mexicaine, beaucoup enfermés ou séparés de leur famille.
En Afrique, en Asie et en Amérique latine, 160 millions d’enfants travaillent selon l’OIT, dont 79 millions dans des conditions dangereuses.
Les organisations internationales estiment à 3 millions le nombre d’enfants se prostituant pour survivre, souvent dans des camps de réfugiés ou des zones de guerre.
Les structures patriarcales maintiennent des millions de filles en dehors de l’école : 129 millions dans le monde selon l’UNESCO, privées d’éducation à cause de la pauvreté, du mariage forcé ou de la guerre.
Le Mouvement de la Paix rappelle que l’égalité filles-garçons et l’accès universel à l’éducation sont des conditions non négociables de la paix.
Les enfants en guerre : victimes, otages, orphelins
Le rapport du Secrétaire général de l’ONU sur les Enfants et les conflits armés (2025) recense 41 370 violations graves en un an : meurtres, viols, enlèvements, enrôlements, attaques contre les écoles.
- À Gaza, plus de 15 000 enfants ont été tués, des milliers mutilés, traumatisés ou orphelins.
- Au Soudan, 3,2 millions d’enfants souffrent de malnutrition aiguë.
- En Ukraine, plus de 700 écoles ont été détruites.
- En RDC, Myanmar, Yémen, les enfants soldats et les violences sexuelles demeurent monnaie courante.
Le Mouvement de la Paix affirme qu’envers ces enfants traumatisés, mutilés, orphelins, dont les vies ont été brisées, nous avons un double devoir :
- investir dans les soins post-traumatiques, l’accueil et la reconstruction ;
- traduire les responsables devant la Cour pénale internationale (CPI), car l’impunité du présent nourrit les guerres du futur.
L’enfant et le droit à l’avenir
Victor Hugo disait : « Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne. » Aujourd’hui, c’est l’avenir même des enfants qui est menacé.
La crise climatique, l’explosion des inégalités et la résurgence des logiques de guerre mettent en péril le droit fondamental de chaque enfant à vivre demain.
La déclaration des scientifiques de l’Horloge de l’Apocalypse (Bulletin of the Atomic Scientists, 2025) alerte : les deux plus grands dangers pour l’humanité sont le réchauffement climatique incontrôlé et la menace nucléaire.
Dans ce contexte, l’annonce par Donald Trump de vouloir reprendre les essais nucléaires constitue une mise à mort programmée de l’avenir des enfants, une trahison des engagements du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE).
Le Pacte pour l’avenir adopté par l’ONU en 2024 affirme que « les décisions du présent doivent préserver les droits des générations futures ».
L’enfant a donc droit à un futur où le multilatéralisme, la justice climatique et la paix remplacent la loi du plus fort.
Un futur où l’éducation apprend à coopérer plutôt qu’à dominer, à comprendre plutôt qu’à craindre, à respecter plutôt qu’à exclure.
Nos exigences pour 2025 et au-delà
- Rendre effectifs les droits fondamentaux (éducation, santé, logement, protection, paix).
- Cesser les guerres et poursuivre les responsables devant la CPI.
- Protéger les enfants migrants et victimes d’exploitation : fin des détentions, des séparations et de la traite.
- Investir massivement dans les soins, la reconstruction et la prévention post-traumatique.
- Développer une éducation à la paix, à l’égalité et à la citoyenneté mondiale.
- Mettre en œuvre le Pacte pour l’avenir : évaluer chaque politique publique à l’aune des droits de l’enfant et des générations futures.
- Interdire définitivement les armes nucléaires et réorienter les budgets militaires vers la solidarité, la santé et l’éducation.
Grandir en paix, c’est grandir libre, digne et solidaire
Les aveuglements et les inactions du présent ne sont pas seulement éthiquement insupportables : ils sont aussi politiquement inefficaces et économiquement destructeurs. Aucune croissance durable, aucune démocratie réelle, aucune civilisation ne peuvent se construire sur les ruines de l’enfance. Garantir à chaque enfant le droit de grandir en paix, c’est poser les fondations mêmes d’un avenir viable et solidaire pour l’humanité.
Au Mouvement de la Paix, nous affirmons avec force que l’éducation, telle que la concevait Nelson Mandela, demeure l’arme la plus puissante pour transformer le monde et construire un avenir durable de paix.
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Six actions pour agir
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