Journée internationale des migrants 2020 – Solidarité et respect des droits

Le 18 décembre 2020 marque le 20ème anniversaire de la journée internationale des migrants, créée par les Nations-Unies en 2000, pour lutter contre le trafic illicite d’humains, la traite des personnes, la prostitution, le trafic d’organes, la xénophobie et les discriminations. Les guerres, la faim, les persécutions, le réchauffement climatique, les catastrophes écologiques poussent les gens sur les routes de l’exil.

Cette année, nous sommes obligés de porter nos regards sur la gestion migratoire durant la pandémie de la COVID-19. Le virus n’a pas empêché les migrants de toujours chercher à construire une nouvelle vie et à édifier de nouvelles communautés de par le monde. Pour faire face à la COVID-19, pour lutter contre cette crise sanitaire, l’OIM (Organisation Internationale pour les migrations) exhorte tout le monde à participer aux efforts visant à atténuer la propagation de la maladie et ses impacts. Pour gagner cette lutte, les migrants doivent être considérés comme des victimes potentielles. Il est particulièrement important que toutes les autorités s’efforcent de faire face à la xénophobie, y compris lorsque les migrants et d’autres personnes sont victimes de discrimination ou de violence. La COVID-19 n’est pas discriminatoire, et si nous voulons gagner contre la pandémie, nos réponses à l’immigration ne devraient pas l’être non plus.

Le Mouvement de la Paix entend travailler à faire vivre au quotidien la devise de la République “Liberté, Égalité, Fraternité”, à des politiques publiques qui en soient dignes. Nous devons reconnaître la contribution que les migrants apportent à nos sociétés en termes économique, social et culturel. Les migrations façonnent l’humanité depuis des millénaires. C’est une réalité immuable ! Elles sont motivées par la quête de sécurité, de perspectives ou d’une possibilité de transformation personnelle grâce à l’éducation. Les migrants aspirent à une vie pacifique, exempte de préjugés et de discrimination. Différentes études montrent les impacts positifs sur les sociétés accueillantes qui évoluent en mieux.

Pourtant, les violences policières contre les migrants se multiplient en France. Le Mouvement de la Paix dénonce les démantèlements violents des camps de migrants. Nous demandons de suspendre les expulsions pendant la pandémie de Covid-19 tout en rappelant que pour garantir la Sécurité Sanitaire, le gouvernement doit faire valoir les droits des migrants et développer l’assistance humanitaire dans le cadre de la gestion migratoire. La priorité doit être donnée, de tout temps, à une gestion des frontières soucieuse de la protection des personnes et conforme au droit international et au droit de demander asile. Il s’agit avant tout de respecter les droits humains et les libertés fondamentales de tous les migrants, quel que soit leur statut migratoire.

Lorsque la migration est bien gérée et respectueuse de la dignité de chacun, elle tient ses promesses. C’est ensemble que nous vivons ! Nous pouvons rendre compte de la cohésion qui naît de la rencontre entre l’ancien et le nouveau dans un esprit d’espoir et d’acceptation. Mais qu’en est-il de l’immigration pour équilibrer les régimes de retraite, pour diviser les populations, pour pallier les insuffisances de recrutement de certains salariés tels que les médecins dans les hôpitaux ? De plus, en attirant certaines professions on démunit les pays de gens formés, on profite de leur formation, c’est une autre forme de pillage de ressources.

Tel est, pour les pacifistes, le sens de la Journée internationale des migrants en 2020.

Le Mouvement de la paix affirme sa solidarité aux migrants ainsi qu’aux communautés dans lesquelles ils s’établissent et apporte son soutien à toutes les initiatives qui contribuent au vivre ensemble en paix.

La solidarité humaine due à toute personne en difficulté et fragilité ne se négocie pas. Dans le même temps nous n’oublions pas que beaucoup de migrations sont contraintes en raison des violences de toutes sortes générées par une mondialisation basée sur des rapports de force et de domination économiques ou militaires qui renforcent les inégalités de développement et privent des populations de vivre dignement dans le pays où ils sont nés. Le Mouvement de la Paix souhaite que le projet de loi sur le développement solidaire en préparation permette à la France de travailler à la réalisation des ODD (objectifs de développement durable) et de respecter ses engagements, c’est à dire de consacrer au moins 0,7 % de son PIB à un développement solidaire et durable. Une diminution des dépenses militaires en France et ailleurs dans le monde permettrait d’aller dans ce sens.

Faisons nôtres les propos d’Antonio Guterres :

« Si nous sommes unis, nous pouvons rendre les migrations bénéfiques à tous. »

 

Saint Ouen, le 18 décembre 2020
Le Mouvement de la Paix

 

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