En Afghanistan, un avenir sous hautes pressions

Nous assistons avec inquiétude à la dernière phase de la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan et notre solidarité va d’abord à tous ceux, afghans et étrangers, qui sont traumatisés par cette situation. La question humanitaire est prioritaire pour l’ensemble des populations y compris celles des régions où les talibans ont déjà pris le pouvoir. Nous apprécions la saisine internationale annoncée, en regrettant, selon l’annonce d’E. Macron, que cela se fasse par le G7, ce qui exclut la Russie et la Chine. L’intervention du Conseil de Sécurité est indispensable très vite pour que tous les pays pouvant intervenir sur place aident à une sortie de crise aussi positive que possible en écartant le risque du terrorisme.

Les simulacres de négociations depuis plusieurs années, à Doha notamment, ne peuvent cacher la réalité: la défaite de la plus importante armée du monde contre des tribus attachées à leur liberté et à leur indépendance. Mais le départ des troupes US, dans le sauve-qui-peut général, laisse ce malheureux pays dans un état dramatique de désorganisation économique, politique et sociale. La longue guerre que les populations ont subie n’a rien réglé du tout, au contraire. Comme souvent, la religion joue un rôle de façade pour fédérer la volonté des peuples à disposer de leur avenir. La longue histoire de l’Afghanistan en est une illustration flagrante depuis au moins le 19ème siècle compte tenu de sa situation aux confins des deux empires, britannique, en Inde, et russe. On appelait cela « le grand jeu ».

Cette guerre, commencée en pleine guerre froide en 1979, est la poursuite de la volonté des USA contre ce qui était l’Union soviétique, quelle que soit l’analyse que l’on porte sur la légitimité de l’intervention de cette dernière en 1979. Il faut rappeler aussi que l’intervention officielle de 2001, sous l’égide des USA est une des conséquences des attentats du 11 septembre, mis en œuvre par Al Qaïda créé en 1987 par l’ancien allié de la CIA, Oussama Ben Laden. Cela a contribué à développer l’activité des djihadistes, quelles que soient leurs appellations successives.

La France, par son Président N. Sarkozy, annonçait en 2009 dans une conférence de presse aux USA à la fois le retour de la France dans les instances dirigeantes de l’OTAN et son implication militaire directe en Afghanistan.

Nous espérons que les promesses des futurs dirigeants qui se mettent en place actuellement seront tenues et que l’on ne retrouvera pas la situation d’il y a plus de vingt ans, notamment en ce qui concerne le statut des femmes, des arts et de l’éducation. Et qu’ils sauront associer toutes les forces démocratiques de ce pays. Notre pays a tenu longtemps, jusqu’à la fin des années 1980, une place importante auprès des dirigeants afghans, nous demandons qu’il apporte une aide concrète pour mettre en place les structures démocratiques que les Afghans eux-mêmes décideront dans leur diversité.

Saint-Ouen, le 17 août 2021
Le Mouvement de la Paix

 

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2 pensees sur “En Afghanistan, un avenir sous hautes pressions

  1. TRES JUSTE ANALYSE ENRAPPELANT LES FAITS HISTIRIQUE…….je me permets de le publier au nom du Mouvement de la paix de <boulogne sur mer sur ma page FACEBOOK

  2. On ne peut que rester dubitatif à la lecture de cette phrase emberlificotée:

    “Cette guerre, commencée en pleine guerre froide en 1979, est la poursuite de la volonté des USA contre ce qui était l’Union soviétique, quelle que soit l’analyse que l’on porte sur la légitimité de l’intervention de cette dernière”
    les USA responsables de l’intervention Soviétique? Cette intervention pourrait avoir “une légitimité” ?
    Faut-il rappeler à celles et ceux qui placent au coeur de leurs préoccupations les droits humains et la culture de la Paix le bilan de cette intervention :
    Les pertes civiles afghanes sont estimées entre 562 000-2 000 000. Cinq à 10 millions d’Afghans ont fui vers le Pakistan et l’Iran, 1/3 de la population d’avant-guerre du pays et 2 millions ont été déplacés à l’intérieur du pays.

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