Déclaration internationale commune : La guerre n’est jamais la solution, la Paix est le chemin

2 août 2021 – Le retrait des troupes américaines d’Afghanistan doit nous amener à une réflexion et à une analyse des événements actuels à l’aune du temps historique.

Depuis l’engagement militaire de l’Union Soviétique en Afghanistan (1980), avec de manière concomitante l’engagement des États-Unis aux côtés des talibans, puis les guerres contre l’Irak (1991 et 2003), enfin la guerre mondiale contre le terrorisme déclarée par les USA après les attentats terroristes contre les twin-towers (2001), la leçon à tirer c’est que la guerre présentée comme une solution n’est en fait qu’un échec généralisé.

Les USA laissent l’Afghanistan totalement déstructuré et le pouvoir quasiment entre les mains de ceux qu’ils entendaient combattre. Par contre, les logiques de guerre et de militarisation du monde ont conduit à la mort de 800 000 personnes en Irak, à la destruction d’un pays et à l’extension de la guerre à tout le Moyen-Orient. La logique de guerre appliquée à la Libye n’a rien résolu et a conduit à l’extension de la guerre dans toute la région subsaharienne.

Alors que les problèmes actuels auxquels le monde entier est confronté nécessitent que toute l’humanité se mette à travailler ensemble sur des solutions humaines pour faire face à la crise économique et sociale, sanitaire et climatique, il faut clairement établir le diagnostic : la guerre n’est jamais la solution, elle aggrave tous les problèmes.

Ce constat avéré nous conduit à réaffirmer avec force qu’il n’y a pas de solution aux défis posés à l’humanité sans une diminution drastique des dépenses militaires.

Mais au-delà de la réduction des dépenses militaires, il faut s’attaquer avec force à toutes les logiques de militarisation du monde et des relations internationales, aux logiques de guerre, au développement d’une culture de guerre  Car ce ne sont pas seulement les 2000 milliards de dollars  qui sont gaspillés en une année pour les dépenses militaires mondiales , c’est également une grande partie des ressources de l’humanité, en termes d’intelligence collective,  de ressources scientifiques, financières, technologiques, qui est détournée vers des objectifs de destruction au lieu de contribuer à la sécurité humaine à  travers par exemple la réalisation concrète des droits humains et des objectifs du développement durable.

L’analyse des événements historiques depuis une quarantaine d’années confirme la nécessité de lutter pour que l’humanité tourne le dos aux logiques de puissance et de force. Il est plus que temps de mettre en place des logiques de coopération, de résolution des conflits par le dialogue dans le respect de la Charte des Nations unies et de revaloriser les outils diplomatiques, scientifiques, économiques à notre disposition pour construire la paix, comme nous y incitent les résolutions de l’ONU sur la culture de la paix et les objectifs du développement durable.

A quelques jours de la commémoration des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, les mots d’Albert Camus écrits le 8 août 1945, 2 jours après Hiroshima, n’ont peut-être jamais été autant d’actualité : « Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent l’humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison ». Alors que le 7 juillet 2021 on a célébré un peu partout le quatrième anniversaire de l’adoption par l’Assemblée Générale des Nations-Unies d’un traité sur l’interdiction des armes nucléaires, lequel est entré en vigueur le 22 janvier 2021, au-delà de l’exigence de l’élimination des armes nucléaires il convient de s’interroger sur la manière de donner envie aux gens de s’investir, de s’engager au-delà de la menace des armes nucléaires et de la priorité climatique dans le projet de construction d’une société mondiale qui fasse de l’homme et de la paix les priorités communes de l’humanité du nord au sud et de l’est à l’ouest.

Signataires :  Roland Nivet (porte-parole national du Mouvement de la paix-France, (représentant consultatif auprès d’Ecosoc Onu), Jim Anderson (war veteran and Peace activist – Peace action USA), Alain Rouy (secrétaire exécutif de l’Association Internationale des Educateurs à la Paix (AIEP), Ingeborg Breines (Norvège) ex co-Présidente du Bureau International de la Paix, Cathy Schneider Associate Professor school of international service, american University of washington DC (USA)

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3 pensees sur “Déclaration internationale commune : La guerre n’est jamais la solution, la Paix est le chemin

  1. Merci de continuer cette lutte qui est la plus urgente pour l’avenir de l’humanité.
    L’autre , c’est nous , souvent avec une autre tête et une autre culture . Mais toujours avec un coeur qui bat tout comme les nôtres.

    Fraternellement

  2. Voulons-nous que les enfants que nous mettons au Monde soient tués par des armes? Voulons-nous tuer les enfants des autres? Voulons-nous que la maison que nous habitons soit détruite par des armes? Voulons-nous détruire les maisons des autres?
    La mort, la destruction, peuvent -elles être les moyens de résoudre les problèmes de la VIE?
    Homo habilis, d’accord, homo erectus, d’accord, mais homo sapiens, ça se mérite

  3. pourquoi avons nous bénéficié de 70 ans de paix en Europe depuis la fin de la guerre de 40 45 ? C’est parce que l’esprit de coopération l’ a emporté sur l’esprit de vengeance qui avait prévalu en 1918.Merci aux grands esprits que furent Adenauer, Schumann et de Gasperi
    Remarquons que ce furent des démocrates chrétiens même si de nombreux socialistes les ont rejoint . Tous unis pour la Paix.

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