Le silence européen tue au Kurdistan


En soutien à la lutte du peuple kurde pour ses droits, le mouvement de la Paix donne à connaître la déclaration faite par le Conseil Démocratique Kurde en France début Mars 2016.

Déclaration du Conseil Démocratique Kurde en France

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LE SILENCE EUROPÉEN TUE AU KURDISTAN !

Depuis le 22 février 2016, des milliers de kurdes venus de toute l’Europe se relayent devant le palais de l’Europe, à Strasbourg, dans le but d’attirer l’attention des institutions européennes et des gouvernements respectifs sur les massacres perpétrés au Kurdistan par l’État turc.

D’après les rapports d’ONG telles que Amnesty International, Human Rights Watch et l’Association des Droits de l’Homme de Turquie (IHD), et les informations communiquées par les élus kurdes, l’état d’urgence illimité décrété par les autorités turques dans plusieurs villes du Kurdistan, sous couvert de « lutte contre le terrorisme », a conduit à de graves violations des droits et libertés fondamentaux, en particulier le droit à la vie, et continue à représenter une menace grave et imminente pour les populations des villes en question.

Au cours des quatre derniers mois, une vingtaine de villes kurdes dont la population avait exprimé la volonté de s’autogérer ont été placées sous couvre-feu, assiégées et bombardées par les forces armées turques. A ce jour, près de 600 civils ont été tués et des centaines d’autres blessés dans cette campagne militaire brutale dont le but est de raser de la carte les villes visées.

Les couvre-feux ont affecté 1,3 millions d’habitants et jeté des centaines de milliers de personnes sur la route de l’exil. Les bombardements ont par ailleurs entraîné la destruction de milliers d’habitations, de lieux de culte et de sites historiques (surtout dans le district de Sur, centre historique de la ville de Diyarbakir dont plusieurs sites sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO).

Cet acharnement contre les Kurdes s’explique par le fait que l’État turc rejette toute idée d’autonomie démocratique à l’intérieur de ses frontières, de même qu’il ne tolère en aucune façon l’existence d’une région autogérée au Rojava (Kurdistan de Syrie).

Condamnant fermement ces massacres qui sont des punitions collectives planifiées par le gouvernement d’Ankara et condamnant également l’attitude de l’Europe qui, au-delà de son silence meurtrier, va jusqu’à signer des accords sur les réfugiés avec un État qui piétine allègrement et en toute impunité les valeurs fondatrices des institutions européennes, nous appelons à une manifestation européenne, samedi 12 mars, à Strasbourg

• Nous appelons l’Union européenne, le Conseil de l’Europe et la Cour européenne des Droits de l’Homme à prendre les mesures qui s’imposent pour sanctionner l’État turc, l’amener à cesser ses opérations militaires contre les Kurdes et à respecter ses engagements en matière de droits humains.

• Nous demandons la création d’un tribunal spécial et indépendant pour enquêter sur les violations des droits humains et du droit de la guerre au Nord-Kurdistan, pour juger et condamner les responsables de ces crimes.

• Nous appelons les institutions précitées à contribuer à une solution politique et durable de la question kurde qui concerne, au-delà des quatre États qui se partagent le Kurdistan, tout le Moyen-Orient.

Conseil démocratique kurde en France

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Une pensee sur “Le silence européen tue au Kurdistan

  1. Au-delà du « silence » européen, il y a la complicité pour la tentative de putsch et les destructions en Syrie, pour le trafic de pétrole. Il y a son approbation, et ses subsides, pour violer – à la place des 28 ! – les traités internationaux sur les réfugiés.
    Les familiers du dossier palestinien connaissent bien cet intolérable usage du double standard : pendant que nous assénons des leçons de droits de l’homme aux cibles de l’empire, nos alliés oppriment et tuent impunément.
    Que les pires turpitudes aient lieu sous couvert de lutte contre le terrorisme, c’est à la mode depuis GW Bush.
    F. Hollande n’a-t-il pas décoré, au nom de la République, un ponte saoudien « pour tous ses efforts dans la région et dans le monde dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme » ? Cruelle ironie, puisque l’Arabie saoudite a, avec les USA, oeuvré depuis des années à la déstabilisation du « régime » de Damas en y finançant le messianisme armé. Fabius avait un faible lui aussi, pour des terroristes “qui font du bon boulot”, et que nous avons aidés et armés.
    Quant aux kurdes, que la coalition impérialiste occidentale voulait utiliser contre Damas, ils semblent maintenant inutiles : l’Europe est prête à les laisser tomber ?

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