Ventes d’armes en Inde et ailleurs, le Mouvement de la Paix désapprouve !

Hollande en Inde 3À travers les ventes d’armes, la France sème l’insécurité mais les peuples risquent de récolter les guerres.

On croyait avoir élu un président de la République, en fait il semble s’être transformé en VRP pour le compte du lobby militaro-industriel à base française.

Chaque déplacement à l’étranger du président de la République est marqué par des ventes d’armes, hier en Arabie Saoudite, en Égypte, au Qatar… et aujourd’hui en Inde.

Dans son livre blanc de la défense, le gouvernement actuel affirme page 19 “l’industrie de défense est aussi un facteur de compétitivité pour l’ensemble de l’économie” et page 21 : « le soutien aux exportations de défense constituera un volet majeur de la politique industrielle le gouvernement ». Ces ventes d’armes qui placent notre pays au 3ème rang des Etats vendeurs d’armes au plan mondial n’ont donc rien d’un hasard mais sont le fruit d’une politique délibérée qui a fait exploser ces dernières années les profits des fabricants. On doit souligner que ces orientations sont en contradiction totale avec l’article 26 de la charte des Nations Unies qui appelle les Etats à «  favoriser l’établissement et le maintien de la paix et de la sécurité internationales en ne détournant vers les armements que le minimum des ressources humaines et économiques du monde ».

Cette situation est aussi l’aboutissement d’une restructuration en profondeur de l’outil de défense qui pose de graves problèmes. En effet cette restructuration ne s’est pas inscrite dans un processus de désarmement et de construction de la paix mais dans un processus de militarisation des relations internationales qui privilégie les stratégies interventionnistes et s’appuie sur une privatisation des industries de l’armement plaçant toujours plus ces fabrications sous la loi des profits et de la rentabilité financière.

Cette orientation nuit gravement à la sécurité du monde mais en plus, elle contribue à détruire et empêcher la reconstitution de l’outil industriel français tant les taux de profits du secteur militaire sont juteux. Ainsi, pendant trois ans (2012/2014), le cours de l’action Dassault à la bourse de Paris a grimpé de 61 %, celui de Thalès de 70 %, celui de safran de 118 %.

On aurait aimé que la France puisse vendre par exemple des technologies haut de gamme en génie biologique et médical. Malheureusement, une grande partie de ce potentiel industriel résultant de dizaines d’années de recherche publiques a été cédée à des multinationales américaines comme Lucent et General Electric au détriment de l’outil industriel français.

Comme le montre une étude publiée par la Documentation française, l’évolution comparée du solde de la balance des biens manufacturés sur la période 2001 à 2012, le solde de produits manufacturés civils est passé d’un positif de 15 milliards en 2001 à un négatif de 45 milliards en 2011 alors que dans le même temps, en revanche, le solde des biens militaires va croissant en passant de 1 à 3 milliards d’euros annuels sur la même période.

Pour la paix, la France a besoin d’une industrie en faveur de la paix fabriquant des produits utiles pour satisfaire les besoins de l’humanité, d’autant que les investissements civils produisent plus d’emplois que les investissements militaires, surtout réputés pour les taux de profits faramineux qu’ils génèrent.

D’autres choix sont possibles sans briser les hommes et casser les outils industriels mais en faisant d’eux les fers de lance d’une politique de reconquête industrielle pour répondre aux multiples besoins humains et environnementaux qui se font jour en France et dans le monde tout en replaçant les productions d’armes dans un pôle public contrôlé par le parlement.

Lutter pour la paix, la coopération et le désarmement dans le monde suppose d’affirmer dans le même temps une autre conception de la sécurité du pays, non basée sur des rapports de force militaire. La sécurité de notre pays et du monde doit être basée sur l’intervention des peuples, de leurs organisations représentatives, syndicales et associatives et ce dans le cadre de politiques économiques et sociales axées sur les besoins humains et adaptés à ces objectifs.

Ainsi, grâce à une répartition équitable des ressources et des richesses, des coopérations économiques, sociales et culturelles peuvent être mises en œuvre. Ces coopérations favoriseraient le développement, la création d’emplois ainsi que la solidarité et la compréhension entre les peuples et donc la paix.

C’est un des volets d’une politique en faveur d’une culture de la paix.

C’est ce choix qu’affirment dans une déclaration les 33 Etats du CELAC (Coordination des Etats Latino-Américains et des Caraïbes). Pourquoi pas la France ?

Un tel choix aurait pu et dû conduire le président de la République à annoncer une initiative de la France en faveur d’une reprise du processus de désarmement nucléaire dans une région où l’Inde, le Pakistan et la Chine sont détenteurs de l’arme atomique et où l’essai coréen rend la situation encore plus grave.

 

 

Le Mouvement de la Paix

Le 28.01.2016

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5 pensees sur “Ventes d’armes en Inde et ailleurs, le Mouvement de la Paix désapprouve !

  1. “En faveur de la paix” : pour qui est-ce à l’ordre du jour ?
    Le Canard enchaîné rapporte cette semaine, en une, que finalement oui, les USA ont bien comploté contre le régime syrien, et pas vraiment pour le remplacer par des démocrates.
    Sous le titre « La CIA ne regrette Syrien de rien », l’hebdo satirique rappelle des ingérences impérialistes et barbouzardes précédentes : les rebelles en Angola, les contras au Nicaragua, la guérilla anti-soviétique en Afghanistan. Il n’aurait pas été superflu de mentionner la Libye, victime d’une récente et très destructrice guerre du pétrole dissimulée en sauvetage de civils, et qui s’apprête à subir une nouvelle phase de normalisation bombardière. On peut sans peine allonger la liste, qui comporte plus de 80 « regime change » et ingérences violentes de la part de l’Once Sam depuis 1945.
    Là, il s’agit de Syrie, donc : la Saoudie a financé la CIA dans son opération secrète « Bois de Sycomore » permettant d’armer et d’entraîner les rebelles syriens. C’est le New York Times qui a fait cet aveu le 23 janvier dernier. Nous, on s’en doutait puisque Fabius a participé ostensiblement à la même tentative de liquider encore une démocratie arabe, appuyé par force propagande contre Bachar (le boucher, n’est-ce pas), et en parfaite violation de la charte de l’ONU. La balance commerciale a bon dos quand il s’agit de “gagner des contrats” en Arabie dictatoriale !
    Ceux qui ont mis leur mouchoir sur le mensonge des ADM en Irak n’hésiteront pas à tourner les yeux, ou, au pire, à déplorer (stérilement, hein) les travers de l’impérialisme.
    Y a-t-il encore quelqu’un pour dénoncer et combattre vraiment cette tendance lourde de l’empire et de son accessoire l’OTAN à détruire par le feu (ou par le TAFTA?) tout ce qui leur résiste ? Un parti, une organisation pacifiste ?
    Oui, bien sûr que l’action du MvtPaix est louable, mais j’avoue qu’elle ne me semble pas complètement à la hauteur des enjeux.

  2. A défaut de se faire taper sur les doigts par l’ONU, certains chefs d’état qui se permettent de vendre des armes destinées aux conflits du Golfe sont attaqués en justice par leur propre peuple.
    Le Canada vend des armes à un État soutenant le terrorisme : recours collectif contre Ottawa au sujet d’un contrat de vente d’armes aux Saoudiens de plus de 15 milliards de dollars (source : http://www.mondialisation.ca/le-canada-vend-des-armes-a-un-etat-soutenant-le-terrorisme-recours-collectif-contre-ottawa-au-sujet-dun-contrat-de-vente-darmes-aux-saoudiens-de-plus-de-15-milliards-de-dollars/5507079)
    La France, pays des droits opportunistes de l’homme, n’est pas encore assez motivée. au contraire, on va pousser un cocorico : Dassault et ses collègues ont une chance de récupérer le marché.

  3. je vous signale une pétition d’Avaaz qui s’appelle 48 h pour dire non à l’Arabie saoudite et qui réclame que l’assemblée européenne vote mardi l’embargo aux ventes d’armes à l’Arabie saoudite.

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