Pour une stratégie de retour de la paix en Irak et au Moyen Orient

Après avoir pris une grande partie du nord de l’Irak et les grandes villes de la région comme Mossoul, c’est toute la région kurde qui est visée par l’Armée Islamique, dans sa partie irakienne comme dans sa partie syrienne (Rojava). Les kurdes syriens ont su défendre leur territoire et jusqu’à présent repousser les djihadistes.

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Manifestation, 16 août, Paris.

Se substituant aux instances internationales le président de la République a décidé de la livraison d’armes aux forces kurdes qui s’opposent aux djihadistes de l’Etat Islamique. Les Etats-Unis opèrent des bombardements dans la région pour tenter d’arrêter les forces barbares qui commettent des exactions dramatiques contre les habitants de cette région.

Or il y a urgence à ce qu’une force d’interposition des Nations Unies protège toutes les populations du Nord de l’Irak. Ce n’est pas aux chefs d’Etats de se substituer aux Nations Unies et nous déplorons que la France se soit engagée par la seule décision du Président de la République sans aucune consultation des groupes parlementaires.

Encore une fois, c’est à la force que l’on fait appel pour suppléer une absence de politique qui aurait du être axée sur la recherche de la paix et de la démocratie. N’oublions pas que la situation dramatique actuelle en Irak est la conséquence directe de l’invasion de ce pays en 2003, ceci en violation du droit international, par une coalition de près de 50 pays menée par les Etats-Unis.

La désorganisation des Etats en Irak et en Syrie qui résulte des guerres fait ainsi le lit des forces extrémistes qui malgré leur nom n’ont rien à voir avec l’islam. Les kurdes cristallisent aujourd’hui une résistance face aux horreurs que subissent notamment les populations chrétiennes et les Yézidis et tous méritent notre soutien.

C’est pourquoi le Mouvement de la paix considère que la France doit s’impliquer dans la mise en œuvre de stratégies de paix prenant appui sur toutes les forces démocratiques et pacifiques présentes dans la région et dans le respect de leur diversité culturelle. Celles-ci doivent nécessairement être accompagnées de politiques de désarmement : chacun sait que dans la spirale de la violence, fabriquer et commercer des armes, c’est fabriquer des guerres. Enfin elles doivent s’ancrer durablement sur le droit international et ses institutions dont les fondements consistent à préserver l’humanité du fléau de la guerre.

Dans l’immédiat nous demandons :

  • Des mesures urgentes pour la protection des populations sous l’égide de forces onusiennes.
  • Un embargo sur toutes les armes dans la région, le désarmement de l’Etat Islamique et un dispositif de sanction envers les Etats qui soutiendraient les forces djihadistes.
  • La traduction devant un Tribunal International de tous les auteurs de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité.
  • Le soutien au retour à une vie démocratique, condition indispensable pour faire respecter les droits de tous et la dignité humaine.
  • La mise en place sous l’égide de l’ONU d’une conférence internationale pour la paix au Moyen orient.

 

Saint-Ouen,

le 22 août 2014

 

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