Déclaration du Mouvement de la Paix pour la Journée internationale des migrants

Les migrants fuient les guerres et la misère !

L’urgence est à la réaffirmation de leurs droits et à la résolution des causes des migrations forcées

A l’occasion de la journée mondiale des migrants et face à l’accroissement du nombre de personnes déracinées à travers le monde (70 millions de personnes en 2018 selon l’ONU), le Mouvement de la paix partage l’opinion du  Secrétaire général de  l’ONU qui, lors de l’ouverture du forum des migrants à Genève, a insisté sur la réaffirmation des droits humains des réfugiés « à l’heure où le droit d’asile est attaqué, où tant de portes sont fermées aux réfugiés et où tant d’enfants réfugiés sont détenus et séparés de leur famille ».

A cette occasion, l’ONU a révélé que  près de 168 millions de personnes dans le monde auront besoin  en 2020 d’une assistance et d’une protection humanitaires.

Parmi les causes de cette situation, l’ONU souligne l’existence des guerres qui durent, les récessions économiques dans certains pays et des situations extrêmes liées au changement climatique.

En clair, les migrants, réfugiés ou déracinés, fuient les guerres et la misère mais aussi les catastrophes climatiques. Parmi les pays les plus touchés le Yémen, le Mali, le Niger sont des pays où la France est impliquée militairement ou par ses ventes d’armes.

Les urgences humanitaires poussent l’ONU – qui souligne que ce sont les pays les plus pauvres qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés – à demander aux pays les plus riches d’augmenter leurs contributions aux fonds dédiés aux actions humanitaires.

L’Unicef demande 4 à 5 milliards pour aider 60 millions de personnes, surtout des enfants, et l’ONU pour son fonds central d’urgence humanitaire a besoin de 29 milliards de dollars.

Il est révoltant de constater que de telles sommes semblent difficiles à réunir alors que les dépenses mondiales militaires annuelles sont de 1800 milliards de dollars (Sipri), alors que tous les ans les ventes d’armes rapportent 328 milliards d’Euros aux 100 principaux producteurs mondiaux d’armes (source Grip), et que les pays dotés d’armes nucléaires ont engagé des programmes d’armements nucléaires pour un minimum de 1000 milliards sur 10 ans. Il est aussi révoltant que les principaux pays vendeurs d’armes (USA, France, Russie..) ne figurent pas parmi les 10 principaux pays qui alimentent le CERF, fonds central d’urgence humanitaire de l’ONU (Source ONU).

Au-delà de ces chiffres, il est urgent de se mobiliser pour réaffirmer la solidarité avec les migrants, mais aussi pour exiger que tous les Etats, en particulier les plus riches et les plus militarisés dont la France, s’attachent à construire la paix plutôt que d’alimenter les guerres, à construire des sociétés et un monde de justice, de solidarité et de fraternité car ce sont les conditions structurelles nécessaires pour permettre à tout individu de vivre dignement dans son pays ou de le quitter sans y être contraint par la guerre ou la misère.

Face à l’urgence, le respect des droits des migrants implique le devoir pour la France et/ou l’UE de secourir les migrants en méditerranée, de leur assurer un toit et d’offrir en France les conditions d’une intégration sociale en levant  les nombreux obstacles administratifs qui empêchent une telle intégration (notamment  l’accès à la formation qui élargit et ouvre vers l’avenir, la validation des acquis professionnels, etc…)

Ensemble agissons pour la paix, la justice sociale, le climat et le désarmement nucléaire et pour un accueil digne des migrants en France.

Le Mouvement de la Paix – le 18 décembre 2019

 

Voir cette déclaration en PDF (tract A5 à imprimer)

 

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