À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, le Mouvement de la Paix appelle ses comités, ses adhérent·es et l’ensemble des citoyen·nes à rejoindre les mobilisations des 22 et 25 novembre, aux côtés du collectif Grève féministe, dont il est signataire.
En lien : l’appel du collectif et le formulaire de participation.
Des chiffres accablants et une inaction persistante
En 2024, la France a enregistré une hausse de 11 % des féminicides conjugaux : 107 femmes tuées par leur compagnon ou ex-conjoint, contre 96 en 2023.
Près de 47 % des victimes avaient déjà signalé des violences, mais seules 1,7 % ont bénéficié d’une ordonnance de protection et 2 % d’un téléphone « grave danger ».
Parallèlement, la Fondation des Femmes dénonce une baisse de moitié des crédits publics dédiés à la lutte contre les féminicides.
Ces chiffres tragiques illustrent le fossé entre les discours et la réalité, entre les promesses d’un gouvernement qui augmente le budget de l’armement et l’urgence des vies à sauver.
À l’échelle mondiale, selon ONU Femmes et l’UNODC, plus de 51 000 femmes et filles ont été tuées en 2023 par un partenaire intime ou un membre de leur famille, soit 140 chaque jour.
Dans les zones de guerre, la situation est dramatique : en Palestine (Gaza), en Ukraine, au Soudan ou en République démocratique du Congo, les femmes représentent près de 40 % des civils tués et subissent viols, déplacements forcés et privations de soins.
L’UNHCR alerte sur une explosion des violences sexuelles dans les camps de réfugié·es, signe direct du lien entre conflits, militarisation et violences de genre.
Patriarcat, autoritarismes et militarisation : un même système de domination
L’augmentation des violences faites aux femmes s’accompagne de la montée des autoritarismes et de la militarisation.
Partout, la logique du réarmement, du contrôle et de la domination des corps et des peuples s’accompagne d’une recrudescence des violences sexistes.
Tant que l’on prétendra que la paix se prépare par la guerre, les violences faites aux femmes perdureront.
Les femmes sont les premières victimes des guerres, des déplacements forcés, des régimes autoritaires et des fondamentalismes.
Le Mouvement de la Paix réaffirme que la paix, la démocratie et les droits des femmes sont indissociables.
Le multilatéralisme, promu par l’ONU et la société civile mondiale, est le seul cadre légitime pour relever ce défi planétaire : éradiquer les violences faites aux femmes et construire une culture de paix et d’égalité.
Nouvelles formes de violences : le danger masculiniste / extrême droite
En France, le Haut Conseil à l’Égalité (HCE) alerte sur la montée des discours sexistes et masculinistes, notamment sur les réseaux sociaux et dans les médias.
Le rapport 2025 sur l’état du sexisme en France évoque une polarisation croissante, nourrie par des mouvements d’extrême droite et des influenceurs antiféministes.
Selon l’association Équipop, les violences en ligne – harcèlement, menaces, doxxing – s’inscrivent dans un continuum de domination et participent à un climat global de violence symbolique et politique à l’égard des femmes. Cette montée des violences s’accompagne également de tentatives d’instrumentalisation des luttes féministes par des forces réactionnaires, qui exploitent ces causes pour légitimer des discours de rejet et de repli.
Nous rejetons l’utilisation de la cause féministe pour conforter le discours d’extrême droite contre les migrants.
Solidarité avec toutes les femmes et organisations en lutte (version enrichie)
Le Mouvement de la Paix exprime sa pleine solidarité avec :
- les organisations féministes et syndicales mobilisées en France et dans le monde ;
- la Fédération nationale des CIDFF, qui appelle à un plan d’action doté de 3 milliards d’euros ;
- les associations et acteur·rices de terrain confronté·es à des coupes budgétaires inacceptables ;
- les collectifs internationaux, dont l’ATFD en Tunisie, soutenue par plus de 300 organisations face aux attaques autoritaires ;
- les mères ukrainiennes et russes qui s’élèvent contre l’enrôlement de leurs fils et proches ;
- les femmes afghanes et iraniennes qui résistent, souvent au péril de leur vie, face à l’effacement total de leurs droits ;
- la Marche mondiale des femmes, mouvement féministe international qui articule luttes contre les violences, justice sociale, justice climatique et paix ;
- la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (WILPF), partenaire historique des luttes féministes et pacifistes à l’échelle mondiale ;
- les Guerrières de la paix, Palestiniennes et Israéliennes, qui unissent luttes féministes et pacifistes en se mobilisant pour un cessez-le-feu durable, la justice et l’égalité ;
- les organisations féministes mobilisées aux États-Unis, en Pologne et dans tous les pays où les droits sexuels et reproductifs — et notamment le droit à l’avortement — sont menacés ou remis en cause, et qui résistent courageusement à la montée des extrémismes de tout bord ;
- toutes les femmes, collectifs et mouvements qui, partout dans le monde, refusent la régression des droits, la haine, les discriminations et la violence politique croissante visant à contrôler leurs corps, leurs libertés et leurs vies.
Pour la paix, la mémoire et la visibilité
La lutte contre les violences passe aussi par la visibilisation et la mémoire collective.
Le Mouvement de la Paix soutient les initiatives symboliques comme les bancs rouges, créés par Femmes Solidaires, installés dans de nombreuses villes pour rendre hommage aux victimes de féminicides et mobiliser la population.
Ces bancs, portant les numéros d’urgence 3919 et 17, rappellent que chaque nom, chaque vie compte.
Les comités locaux sont invités à s’engager dans ces démarches, à organiser des actions, débats, projections et inaugurations pour rompre le silence et construire une véritable culture de paix et d’égalité.
Appel à la mobilisation
Le Mouvement de la Paix appelle à :
• manifester partout en France les 22 et 25 novembre ;
• soutenir les associations féministes et syndicales en lutte ;
• exiger des moyens publics massifs pour la prévention, l’éducation et la justice ;
• agir localement pour sensibiliser et rendre visibles les victimes ;
• défendre le multilatéralisme, les droits humains et la culture de la paix.
Parce que tant qu’une seule femme sera victime de violence, nous ne serons pas en paix ;
Parce qu’aucune paix durable ne peut exister sans égalité ni justice ;
Parce que se taire, c’est être complice ;
Du 22 au 25 novembre, faisons entendre nos voix pour la paix, la dignité et la liberté de toutes les femmes.
COMMUNIQUÉ – VERSION PLUS COURTE
25 novembre 2025 – Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes
Contre les violences, contre les guerres, pour la paix et l’égalité !
À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, le Mouvement de la Paix appelle à se mobiliser partout en France les 22 et 25 novembre, aux côtés du collectif Grève féministe, pour dénoncer l’ampleur des violences sexistes et la montée des logiques de guerre.
En 2024, 107 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-conjoint en France (+11 %). Près de la moitié avaient déjà signalé les violences, mais seules 1,7 % ont obtenu une ordonnance de protection. Parallèlement, la Fondation des Femmes alerte sur une baisse de moitié des budgets publics dédiés à la lutte contre les féminicides.
Dans le monde, selon ONU Femmes, 140 femmes et filles sont tuées chaque jour par un proche. Dans les zones de conflit — Gaza, Ukraine, Soudan, RDC — elles représentent près de 40 % des victimes civiles et subissent viols, déplacements forcés et privations de soins. Les violences sexuelles explosent également dans les camps de réfugié·es, rappelant le lien direct entre militarisation et violences de genre.
Le Mouvement de la Paix réaffirme que patriarcat, autoritarisme et militarisation forment un même système de domination. Tant que la paix se préparera par la guerre, les violences faites aux femmes persisteront. Le Haut Conseil à l’Égalité alerte d’ailleurs sur la montée des discours masculinistes, sexistes et complotistes, qui nourrissent un climat de haine et de régression.
Cette montée des violences s’accompagne également de tentatives d’instrumentalisation des luttes féministes par des forces réactionnaires, qui exploitent ces causes pour légitimer des discours de rejet et de repli. Le Mouvement de la Paix rejette l’utilisation de la cause féministe pour conforter le discours d’extrême droite contre les migrants.
Nous exprimons notre solidarité avec les organisations féministes et syndicales mobilisées en France et dans le monde ; avec la Fédération nationale des CIDFF ; avec les collectifs tunisien·nes, afghan·es, iranien·nes, ukrainiennes et russes qui résistent aux violences, aux guerres et aux autoritarismes ; avec la Marche mondiale des femmes et la WILPF, actrices historiques du mouvement féministe pacifiste ; avec les Guerrières de la paix, Palestiniennes et Israéliennes mobilisées pour un cessez-le-feu durable, la justice et l’égalité.
Nous soutenons également les organisations féministes aux États-Unis, en Pologne et partout où les droits sexuels et reproductifs — notamment le droit à l’avortement — sont remis en cause, face à la montée des extrémismes de tout bord.
Nous appelons enfin les comités locaux à se mobiliser autour des bancs rouges créés par Femmes Solidaires, symboles de mémoire et d’engagement contre les féminicides, et à multiplier les actions, débats et initiatives locales pour construire une véritable culture de paix et d’égalité.
Parce qu’aucune paix durable n’existe sans égalité ni justice,
Du 22 au 25 novembre faisons entendre nos voix pour la paix, la dignité et la liberté de toutes les femmes.