Hommage du Mouvement de la Paix à Roland Weyl

Avocat et combattant pour la justice et la paix,
Membre du Conseil national du Mouvement de la Paix

C’est avec une immense tristesse que le Mouvement de la Paix, ses responsables et ses militants ont appris le décès de notre ami et camarade Roland Weyl, dans sa 103ème année. Nous adressons à sa famille, ses proches et ses nombreux amis dans le monde entier, nos sincères condoléances.

Roland, doyen au barreau de Paris, a encore exercé son métier d’avocat après ses 100 ans, comme il a poursuivi jusqu’à récemment ses activités militantes en tant que membre du Conseil national du Mouvement de la Paix, Mouvement dont il était membre depuis sa création.

Ancien directeur de la revue de droit international contemporain, il a fait bénéficier le Mouvement de la Paix de ses compétences en droit international et de toutes ses expériences militantes accumulées au sein du Parti Communiste Français, du Secours Populaire et de l’Association Internationale des Juristes Démocrates (AIJD) dont il était l’un des membres fondateurs.

Pour Roland Weyl, la Charte des Nations Unies constitue un acte novateur, révolutionnaire et fondateur du droit international par lequel la grande majorité des peuples du monde – proclamant leur égale souveraineté et leur droit inaliénable à disposer d’eux-mêmes – se sont unis pour déclarer la guerre hors la loi. Mais, pour Roland Weyl, encore faut-il que les peuples se battent pour se réapproprier l’organisation des Nations-Unies afin que les règles de droit y prévalent sur les rapports de force.

Il a aussi exprimé à travers une quinzaine de livres coécrits avec son épouse Monique, la nécessité incontournable pour les peuples de lutter pour un monde de justice et de paix, un monde de coopérations pacifiques réglant les conflits par la négociation et non par la force en s’appuyant sur les principes et valeurs de la Charte des Nations Unies. Leur livre « Sortir le droit international du placard » a été et est toujours un outil de référence pour toutes les personnes qui luttent pour la démilitarisation des relations internationales, pour la diminution des dépenses militaires et pour la paix. Tous deux, membres du Mouvement de la Paix, ont été des militants actifs de la solidarité avec les peuples en lutte pour leur libération tant sur le terrain judiciaire que politique.

Comme beaucoup des fondateurs du Mouvement de la Paix, il a été résistant et après la guerre solidaire des militants anti-impérialistes dans le monde entier – et en particulier avec les opposants à la guerre d’Indochine et aux côtés de ceux qui ont agi pour la paix en Algérie et l’indépendance de ce pays. Dans ce contexte, il a défendu « les combattants de la Paix » qui, à Nantes, Saint Brieuc, Bordeaux, Nîmes, etc. s’opposaient au transfert d’armements vers l’Indochine ou ils étaient traînés devant les tribunaux et emprisonnés pour atteintes au moral de l’armée parce qu’ils éditaient des journaux pour la paix.

Il soulignait sans cesse que les armes de destruction massive, dont les armes nucléaires, sont illégales par nature. Il demandait le retrait de la France de l’Otan, organisation guerrière qu’il considérait illégale au regard de la Charte de l’ONU. Aussi, il s’engagea avec détermination contre les sales guerres de l’Otan contre les peuples en Afghanistan, en Irak, en Libye, et dénonça le bombardement de Belgrade en 1999. Avec toujours la même détermination. Il s’opposa aux blocus inhumains contre le peuple irakien (pétrole contre nourriture de 1995 à 2003) et le peuple cubain, et affirma sa solidarité avec les peuples palestinien et sahraoui.

Au-delà de ses activités internationales et nationales, il a consacré beaucoup de temps pour des conférences locales et pour des rencontres avec les jeunes tant dans les universités que dans les lycées d’enseignement secondaire et professionnel, pour les initier au droit international et en particulier à la connaissance de la Charte des Nations Unies.

Le meilleur hommage que nous avons pensé pouvoir lui rendre est de donner à connaître le fond de sa pensée à travers la diffusion d’une conférence donnée dans le cadre de l’Association Internationale des Juristes Démocrates. Dans cette conférence, l’actualité de sa réflexion sur la relation entre droit et luttes des peuples s’exprime quand il souligne la nécessité de lutter contre les logiques financières dictées par les trusts pharmaceutiques, car ces logiques sont incompatibles avec le droit à la santé affirmé par le droit international.

Nous appelons tous les militants à honorer la mémoire de Roland Weyl en écoutant ce plaidoyer et en le diffusant largement à travers les réseaux sociaux.

La vidéo de sa conférence :

Au revoir Roland, le combat continue pour la paix et la justice.

Paris, le 21 avril 2021
Le Mouvement de la Paix

 

 

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