Lettre au Président de la République et au Ministre des Affaires étrangères : La France doit empêcher l’annexion des territoires palestiniens

Saint-Ouen, le 26 Juin 2020

Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a annoncé le 19 mai qu’il engagerait dès le 1er juillet l’annexion de territoires palestiniens occupés en Cisjordanie. 30% des territoires palestiniens passeraient sous souveraineté israélienne, constituant un vol flagrant des terres palestiniennes, les réduisant à des confettis de territoires, isolés les uns des autres.

Décidé unilatéralement, ce projet constitue une violation grave du droit international ainsi que de toutes les résolutions de l’ONU adoptées depuis des décennies. Conforté par l’Administration Trump, il est de fait l’application du plan que le président des Etats-Unis avait annoncé en janvier pour le Proche-Orient. Benjamin Netanyahou ne cesse de clamer son intention de mener ce projet à terme. Il compte ainsi profiter de la situation internationale difficile du fait de la pandémie du coronavirus pour réaliser un projet dont il a toujours rêvé, et faire oublier la colonisation, les occupations illégales de son territoire de même que les atteintes aux droits humains dont sont victimes les Palestiniens. Sa réalisation priverait définitivement le peuple palestinien de son droit à l’auto-détermination et aboutirait à la liquidation de la solution à deux Etats.

Ce projet complèterait la loi adoptée en 2018 par laquelle Israël est considéré comme « l’Etatnation du peuple juif ». Le territoire palestinien se réduirait à des confettis de terres, isolés les uns des autres, formant « une vision d ‘apartheid du 21ème siècle », ainsi que l’écrivent 50 experts de l’ONU dans un rapport publié le 16 juin dernier. Ces experts de l’ONU considèrent qu’il est contraire à la charte de l’ONU et appelle la communauté internationale à le rejeter et à agir en ce sens en prenant des « mesures de responsabilisation » conformes au droit international. Le rapporteur de l’ONU pour la Palestine juge, pour sa part, ce projet inacceptable du point de vue « légal, moral et juridique ». M. Le Drian et son homologue allemand mènent des discussions au sein de l’Union Européenne pour envisager des moyens afin d’empêcher ce plan d’annexion et 1080 parlementaires européens ont pris position contre ce plan d’annexion et demandent aux dirigeants européens d’agir, écrivant “L’acquisition de territoire par la force n’a pas sa place en 2020”.

Ce projet dangereux, dans le contexte explosif du Moyen-Orient, suscite d’importantes réactions de protestations de la part des Palestiniens, mais aussi d’une partie de la population israélienne. Il a donné lieu à des déclarations ou mises en garde très critiques dans le monde. Pour le moment, seuls les EtatsUnis l’approuvent.

Monsieur le Président, la France a toujours été un acteur important dans tous les processus menés pour arriver à trouver une solution au Proche-Orient assurant la paix et la sécurité pour toutes les populations de la région. Accepter un tel plan serait laisser la loi du plus fort l’emporter et la violence institutionnalisée, devenir la norme. La France, attachée à recherche de la paix ne doit pas se contenter de déclarations.

Nous vous demandons instamment de prendre des mesures concrètes exprimant l’engagement de la France en faveur du respect du droit et des règles internationales et d’agir en ce sens au sein de l’UE et dans les instances internationales où la voix de la France, membre permanent du Conseil de sécurité, est respectée. 

  • Une première mesure serait la reconnaissance par la France de l’Etat de Palestine.
  • La France devrait procéder très rapidement au traçage des produits fabriqués illégalement dans les colonies implantées en territoire palestinien et agir pour faire cesser les relations de coopération économiques, en applications des “lignes directrices” adoptées par l’UE depuis 2012.
  • Elle devrait cesser toute coopération militaire avec Israël.
  • Elle devrait agir dans le cadre de l’Union Européenne pour la suspension de l’accord d’association UE/Israël puisque le traité le régissant est conditionné par le respect des droits humains.

La France vient d’être nommée présidente du Conseil de sécurité de l’ONU. Elle se doit d’agir pour faire échec à ce plan et aussi de faire appliquer la Résolution 2334 qui condamne les colonies de peuplement et toute modification du Territoire palestinien. Elle prévoit « d’examiner les moyens concrets de faire pleinement appliquer ses résolutions sur la question ». Parmi ces moyens concrets, le Conseil de sécurité dispose de la possibilité de sanctions, comme cela a été le cas pour la Russie.

Monsieur le Président, après la grave crise sanitaire du COVID (dont nous ne sommes pas sortis!) toute la population est en attente d’un monde différent, plus juste, plus coopératif, plus solidaire, plus écologique. La mise en application de ce plan n’irait pas dans le sens d’un apaisement des tensions du monde déjà très fortes dans cette région. Il ne va pas dans le sens de la coexistence pacifique, de la coopération, du multilatéralisme qui devraient régir les relations entre Etats, en un mot de la Culture de la paix qui est à la base des valeurs du Mouvement de la paix.

Monsieur le Président, nous comptons sur votre action ainsi que sur celle du Ministre des Affaires étrangères pour tout faire afin d’empêcher la réalisation de ce plan et promouvoir ainsi une autre conception des relations entre les peuples et les Etats.  

Avec notre respect, recevez toutes nos salutations pacifistes,

Pour le Mouvement de la paix

Roland NIVET co-porte-parole national
Roland.Nivet@mvtpaix.org

Edith Boulanger co-porte-parole nationale
Edith.Boulanger@mvtpaix.org

Nicole Bouexel chargée de Mission Israël/Palestine
Nicole.bouexel@mvtpaix.org

Copie à Mmes et MM les Députés.

 

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Appel unitaire: le plan Trump-Netanyahu doit être rejeté partout, et par toutes et tous !

Le plan Trump-Netanyahu doit être rejeté partout, et par toutes et tous !

La France qui est historiquement partisane d’une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens doit condamner le « deal » concocté entre Trump et Netanyahu contraire au droit international.

Ce n’est pas un « plan de paix » que Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont dévoilé le 28 janvier !

 Cliquer ici pour signer cet appel !

Ce « plan » entérine l’annexion définitive des territoires palestiniens occupés et la création de « réserves » sans continuité territoriale ni souveraineté pour le peuple palestinien. Au mépris du droit international, du respect des droits humains universels, des résolutions de l’ONU et des droits fondamentaux des Palestiniens dont ceux des réfugiés, ce plan est aussi inacceptable au plan mondial, d’autant plus qu’il remet en cause le statut international et multiconfessionnel de la ville de Jérusalem.

Le peuple palestinien objet de tant d’atteintes à ses droits fondamentaux devrait ainsi accepter que son destin soit scellé sans sa participation !

Ce plan ouvre la voie à des guerres dont les répercussions internationales seront gravissimes. Ce plan ne doit pas voir le jour.

Attachés au droit et aux principes fondateurs de la Charte des Nations unies, nous exhortons la présidence française et son ministre des Affaires étrangères à condamner publiquement et très fermement ce « deal » Trump-Netanyahu en rappelant qu’aucune paix n’est possible si le droit international et les résolutions de l’ONU ne sont pas respectés, et si l’une des parties prenantes n’est pas pleinement associée aux négociations.

Ce « deal » dangereux est contraire aux positions historiques de notre pays. Les prises de positions de la France sur ce sujet devraient être soumises, quoi qu’il en soit, à un vote au Parlement pour définir le mandat des représentants français dans les instances internationales.

La reconnaissance de l’État de Palestine, dans ses frontières de 1967 et avec Jérusalem-Est comme capitale, aux côtés de l’Etat d’Israël qui doit être celui de tous ses citoyens reste le seul chemin véritable permettant au peuple palestinien d’exercer son droit à l’autodétermination. C’est dans cette voie que les autorités françaises doivent continuer d’agir au sein du Conseil de sécurité de l’ONU et, au niveau européen, pour que l’Union européenne s’exprime et agisse en ce sens.

Nous appelons toutes les forces démocratiques, militants de la paix, de la fraternité et des droits humains de notre pays à se mobiliser et à s’allier pour que la France porte avec détermination la voix d’une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens.

Nous convions toutes les forces disponibles à prendre désormais, et dans les jours et semaines à venir, toutes les initiatives pertinentes pour empêcher la mise en œuvre du plan Trump-Netanyahu.

Nous demandons solennellement au ministre Jean-Yves Le Drian de recevoir au plus tôt une délégation des signataires de cet appel au sujet de la position officielle exprimée par le Quai d’Orsay et des initiatives de paix à prendre désormais dans les jours et semaines qui viennent pour empêcher la mise en œuvre du projet dévastateur Trump-Netanyahu.


Premiers signataires :

  • Association France Palestine Solidarité (AFPS)
  • Association pour le jumelage entre les camps palestiniens et les villes françaises (AJPF)
  • Confédération Générale du Travail (CGT)
  • Ensemble !
  • Fédération Syndicale Unitaire (FSU )
  • Gauche Démocratique & Sociale (GDS)
  • Gauche Républicaine & Socialiste (GRS)
  • Génération.s
  • Groupe parlementaire de la France Insoumise
  • Ligue des Droits de l’Homme (LDH)
  • Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF)
  • Mouvement de la Paix
  • Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP)
  • Parti Communiste Français (PCF)
  • République & Socialisme
  • Solidaires
  • Une Autre Voix Juive (UAVJ)
  • Union Nationale des Etudiants de France (UNEF)

Cliquer ici pour signer cet appel !

 

 




No to the Trump/Netanyahu plan, which denies the rights of the Palestinian people !

Urgent action must be taken to ensure respect for these rights

President Trump’s announcement on 28 January 2020, in the presence of only Israeli representatives, of the so-called peace plan to settle the Israeli-Palestinian «conflict» constitutes a scandalous denial of international law, of the right of peoples to self-determination, and of the right of the Palestinian people to enjoy their land.

Indeed, this plan has been deeply constructed and put in place since Trump came to power in order to create the conditions for an unilateral enforcement of Trump’s plan regarding Palestinians. It had been preceded by decisions of the US President (validation of the legality of the settlements in the West Bank, occupation of the Golan Heights, Jerusalem proclaimed «one and indivisible capital» of the State of Israel, relocation of the US Embassy to Jerusalem, end of financial support to UNWRA . It is also undoubtedly a strategy to go around the ongoing trials connected to corruption which the two American and Israeli politicians are involved.

The Palestinians and their supporters are obliged to adhere to this «plan». However, the two-states solution «on the basis of the 1967 borders with Jerusalem as capital of both states» is supported by the UN and validated by numerous UN resolutions. This common-ground solution – not ideal – was accepted by the PLO (Palestinian Organisation for Freedom) and by the Israeli governments before Netanyahu’s one methodically sabotaged it. It was approved by an immense majority of states. The Trump/Netanyahu plan buried it definitively and put the Palestinians into a subordination position.

This plan is unbalanced and constitutes a new spoliation for the Palestinians with a fragmented territory (which is already the case), a Palestinian people deprived of a part of itself (the refugees whose status is far from acceptable) and a power without a real sovereignty, deprived of its genuine capital, Jerusalem.

In return, the plan provides substantial financial aid, that are quite blurry since the USA stopped already its aid to UNRWA, as if the integrity of one People could be bargained and bought.

The Peace Movement shares the bitterness and anger of many international reactions , including the one of the United Nations, which has just rejected this plan, stressing out that only UN resolutions, i.e. the accepted and legitimate multilateral framework, can stand for a basis for political solution, the two-state solution or any other modality enabling the Palestinian people to exercise their legitimate right to self-determination. Any political solution requires for its achievement a genuine commitment from the entire international community.

For Leïla Shahid, former ambassador of Palestine at EU’s level, this plan «is an attempt to return to the total annexation of the Palestinian territories, to rule out the question of refugees, and the one of Jerusalem […] it is tragic to see how managing authorities starting with the European Union, are unable to prevent this huge manipulation from happening».

The Peace Movement deplores the fact that the Minister of Foreign Affairs «welcomes the efforts of President Trump», and calls on the Government to carry out their political responsibilities since his statement mentions that «the two-state solution, in compliance with international law … necessary for the establishment of a fair and lasting peace in the Middle East.»

France would grow recognizing the State of Palestine as invited in 2014 by the National Assembly and the Senate, instead of limiting itself to make casual and formal declarations that don’t prevent Israel from expanding the settlements.

Our country, as permanent member of the United Nations Security Council, would thus create a favorable situation in order for other States or group of States (as the EU) to consider France as an example.

The Peace Movement believes that time has now to come for this people to finally exist and be capable of deciding for their own, to have the recognition of their rights, and be released from the hand of colonization and occupation.

It’s pressing to act to ensure the respect of Palestinian people’s rights.

The French Peace Movement -Le Mouvement de la Paix
Jan. 31, 2020

 

1. Unrwa L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) : www.unrwa.org

 

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Lettre ouverte à Anne Hidalgo : « Pour une “place Jérusalem” à Paris, symbole de la Paix entre Palestiniens et Israéliens »

A Paris, le 26 juin 2019

Objet : lettre  ouverte à Anne Hidalgo : « Pour une “place Jérusalem” à Paris, symbole de la Paix entre Palestiniens et Israéliens ».


Madame la Maire,

Le 30 juin, dans la précipitation, une place Jérusalem sera inaugurée à Paris, suite au vœu voté le 12 juin par le Conseil de Paris.

Cette décision prend une forte valeur symbolique, avec le choix du lieu ou s’élèvera le futur Centre européen du Judaïsme, suggéré par le Consistoire de Paris si l’on en croit l’échange de courrier entre celui ci et la mairie.

Le motif de cette décision, rappel des liens qui unissent la ville de Paris à la communauté juive, ne semble pas animé par le souci du droit, du respect de l’autre, de l’amitié et de la solidarité entre les peuples. En effet, le Conseil de Paris, en considérant que Jérusalem n’aurait d’importance que pour le judaïsme, oublie les 2 autres religions monothéistes pour qui Jérusalem est aussi une ville sainte.

En plaçant cette décision sous le signe exclusif de “l’amitié avec Israël”, ce vote bafoue les résolutions des Nations Unies, créant 2 États avec Jérusalem pour capitale (un seul a vu le jour !).

Ce vote de Paris encourage la poursuite de la colonisation par Israël des territoires palestiniens : «la création par Israël de colonies de peuplement dans le Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, et de la judaïsation de Jérusalem. Il constitue une violation flagrante du droit international. Dans les plans de partage de l’ONU en 1947, il était noté que la ville de Jérusalem devait être « sous un régime international spécial ». Les résolutions de l’ONU prévoient une solution à deux États dans les frontières de 1967, avec Jérusalem comme capitale des deux États. Elle condamne la colonisation et l’annexion des territoires par Israël. En particulier, la résolution du Conseil de sécurité 2334 de décembre 2016, stipule que « la création par Israël de colonies de peuplement dans le Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, n’a donc aucun fondement en droit et constitue une violation flagrante du droit international ».  

Cela cautionne  les choix actuels du gouvernement d’Israël, qui a adopté une loi fondamentale raciste et suprémaciste, plaçant la colonisation au rang des valeurs nationales, et appuie la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme seule capitale d’Israël, en dépit de la position française.

Pour le Mouvement de la Paix, l’inauguration d’une place Jérusalem n’a de sens que sous le signe de la paix et la reconnaissance de 2 États avec pour capitale Jérusalem. Elle ne peut se faire qu’en présence des autorités israéliennes et palestiniennes de la Ville (et aussi des représentants des 3 religions de la ville) et non en présence du maire de l’annexion et de l’oppression des Palestiniens de Jérusalem.

Cette inauguration se fait dans le sens de la précipitation (18 jours entre le vote et l’exécution !).
Le Mouvement de la Paix demande à Madame la Maire de Paris de reconsidérer cette décision dans le sens de la paix et de la coexistence entre tous les peuples.

Veuillez croire, Madame la Maire, en notre parfaite considération.

Le Mouvement de la Paix

 

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Lettre ouverte au Premier Ministre

A Paris, le vendredi 7 décembre 2018

Monsieur le Premier Ministre,

Non à l’amalgame entre la critique de la politique de l’État d’Israël et l’antisémitisme

L’amalgame entre la contestation de la politique israélienne et l’antisémitisme est devenu un « classique » des dirigeants de l’État israélien et de ses soutiens inconditionnels. Cette pratique d’amalgame et d’intimidation est extrêmement dangereuse pour le débat public et la liberté d’expression.

Le Conseil européen « Justice et affaires intérieures », composé des ministres de la justice et de l’intérieur de tous les États membres de l’UE, et qui développe la coopération et les politiques communes concernant diverses questions transfrontières dans le but de créer un espace de liberté, de sécurité et de justice à l’échelle de l’UE, sera saisi prochainement d’un projet de résolution sur “la lutte contre l’antisémitisme et la protection des communautés juives en Europe”.

S’il est bien évident que la lutte contre l’antisémitisme mais aussi contre toutes autres formes de racisme est un devoir pour toutes et tous, il ne saurait être en revanche question d’enfermer cette notion dans une définition réductrice qui restreint de façon extrêmement dangereuse la liberté d’expression.

L’article 2 de cette résolution propose en effet l’adoption de la définition de “IHRA” (Alliance Internationale pour le Souvenir de l’Holocauste) qui implique de considérer l’État d’Israël comme une communauté juive, ce qui permettra d’assimiler la critique de l’État d’Israël et de sa politique à l’antisémitisme.

Plusieurs juristes ont déjà averti des risques pour la liberté d’expression d’adopter une telle définition. La Commission nationale consultative sur les droits de l’Homme (CNCDH) a recommandé, dans son rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie de 2017, de ne pas adopter une telle définition. Quarante organisations juives ont récemment publié un appel demandant aux gouvernements de ne pas l’adopter, son but étant de « faire l’amalgame entre la critique légitime de l’État d’Israël ou la défense des droits des Palestiniens et l’antisémitisme, et ainsi supprimer ces derniers ».

Pour le Mouvement de la Paix, la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations ne se divisent pas. Cette lutte ne peut pas devenir l’otage de groupes de pression qui veulent faire taire toute critique contre la politique de l’État d’Israël.

Le Mouvement de la Paix demande instamment à l’État français d’exiger le retrait de cet article 2, contenu dans le projet de résolution de l’UE sur “la lutte contre l’antisémitisme et la protection des communautés juives en Europe”.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de nos salutations les plus cordiales.

 

Le Mouvement de la Paix

Porte-parole : Roland Nivet, contact : 06 85 02 87 14

 

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Lettre ouverte au Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères

A Paris, le vendredi 7 décembre 2018

Monsieur le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères,

Non à l’amalgame entre la critique de la politique de l’État d’Israël et l’antisémitisme

L’amalgame entre la contestation de la politique israélienne et l’antisémitisme est devenu un « classique » des dirigeants de l’État israélien et de ses soutiens inconditionnels. Cette pratique d’amalgame et d’intimidation est extrêmement dangereuse pour le débat public et la liberté d’expression.

Le Conseil européen « Justice et affaires intérieures », composé des ministres de la justice et de l’intérieur de tous les États membres de l’UE, et qui développe la coopération et les politiques communes concernant diverses questions transfrontières dans le but de créer un espace de liberté, de sécurité et de justice à l’échelle de l’UE, sera saisi prochainement d’un projet de résolution sur “la lutte contre l’antisémitisme et la protection des communautés juives en Europe”.

S’il est bien évident que la lutte contre l’antisémitisme mais aussi contre toutes autres formes de racisme est un devoir pour toutes et tous, il ne saurait être en revanche question d’enfermer cette notion dans une définition réductrice qui restreint de façon extrêmement dangereuse la liberté d’expression.

L’article 2 de cette résolution propose en effet l’adoption de la définition de “IHRA” (Alliance Internationale pour le Souvenir de l’Holocauste) qui implique de considérer l’État d’Israël comme une communauté juive, ce qui permettra d’assimiler la critique de l’État d’Israël et de sa politique à l’antisémitisme.

Plusieurs juristes ont déjà averti des risques pour la liberté d’expression d’adopter une telle définition. La Commission nationale consultative sur les droits de l’Homme (CNCDH) a recommandé, dans son rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie de 2017, de ne pas adopter une telle définition. Quarante organisations juives ont récemment publié un appel demandant aux gouvernements de ne pas l’adopter, son but étant de « faire l’amalgame entre la critique légitime de l’État d’Israël ou la défense des droits des Palestiniens et l’antisémitisme, et ainsi supprimer ces derniers ».

Pour le Mouvement de la Paix, la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations ne se divisent pas. Cette lutte ne peut pas devenir l’otage de groupes de pression qui veulent faire taire toute critique contre la politique de l’État d’Israël.

Le Mouvement de la Paix demande instamment à l’État français d’exiger le retrait de cet article 2, contenu dans le projet de résolution de l’UE sur “la lutte contre l’antisémitisme et la protection des communautés juives en Europe”.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, l’expression de nos salutations les plus cordiales.

 

Le Mouvement de la Paix

Porte-parole : Roland Nivet, contact : 06 85 02 87 14

 

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Non à l’amalgame entre la critique de la politique de l’État d’Israël et l’antisémitisme

L’amalgame entre la contestation de la politique israélienne et l’antisémitisme est devenu un « classique » des dirigeants de l’État israélien et de ses soutiens inconditionnels. Cette pratique d’amalgame et d’intimidation est extrêmement dangereuse pour le débat public et la liberté d’expression.

Le Conseil européen « Justice et affaires intérieures », composé des ministres de la justice et de l’intérieur de tous les États membres de l’UE, et qui développe la coopération et les politiques communes concernant diverses questions transfrontières dans le but de créer un espace de liberté, de sécurité et de justice à l’échelle de l’UE, sera saisi prochainement d’un projet de résolution sur “la lutte contre l’antisémitisme et la protection des communautés juives en Europe”.

S’il est bien évident que la lutte contre l’antisémitisme mais aussi contre toutes autres formes de racisme est un devoir pour toutes et tous, il ne saurait être en revanche question d’enfermer cette notion dans une définition réductrice qui restreint de façon extrêmement dangereuse la liberté d’expression.

L’article 2 de cette résolution propose en effet l’adoption de la définition de “IHRA” (Alliance Internationale pour le Souvenir de l’Holocauste) qui implique de considérer l’État d’Israël comme une communauté juive, ce qui permettra d’assimiler la critique de l’État d’Israël et de sa politique à l’antisémitisme.

Plusieurs juristes ont déjà averti des risques pour la liberté d’expression d’adopter une telle définition. La Commission nationale consultative sur les droits de l’Homme (CNCDH) a recommandé, dans son rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie de 2017, de ne pas adopter une telle définition. Quarante organisations juives ont récemment publié un appel demandant aux gouvernements de ne pas l’adopter, son but étant de « faire l’amalgame entre la critique légitime de l’État d’Israël ou la défense des droits des Palestiniens et l’antisémitisme, et ainsi supprimer ces derniers ».

Pour le Mouvement de la Paix, la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations ne se divisent pas. Cette lutte ne peut pas devenir l’otage de groupes de pression qui veulent faire taire toute critique contre la politique de l’État d’Israël.

Le Mouvement de la Paix demande instamment à l’État français d’exiger le retrait de cet article 2, contenu dans le projet de résolution de l’UE sur “la lutte contre l’antisémitisme et la protection des communautés juives en Europe”.

A Paris, le vendredi 7 décembre 2018

Le Mouvement de la Paix

 

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La pensée et l’action de Uri Avnery resteront vivantes parmi nous

Les partisans d’une paix durable au Proche-Orient et de la reconnaissance d’un Etat de Palestine pleurent la mort d’Uri Avnery.

Ce grand intellectuel israélien était l’honneur de ce pays.

A titre personnel ou en tant qu’animateur de Gush Shalom, il a de manière permanente apporté sa contribution à la lutte pour la construction d’une paix durable dans la région à travers des réflexions fondées sur une grande culture lui permettant d’analyser l’actualité à travers une connaissance approfondie de l’histoire et lui permettant souvent de fustiger à juste titre la politique du gouvernement de son pays.

C’est une grande perte pour tous les partisans de la paix tant en Israël que dans le monde.

Malgré sa disparition, sa lutte pour la paix, ses réflexions et ses idées restent toujours d’actualité et utiles pour les pacifistes israéliens comme pour nous.

 

Le Mouvement de la Paix
Le 21 août 2018




La Knesset adopte une loi controversée définissant Israël comme Etat juif

Le jour même de la célébration du centenaire de la naissance de N. Mandela, le 18 juillet, connu à travers le monde pour son inlassable combat contre l’apartheid et toutes formes de discriminations, la Knesset (le Parlement israélien) a adopté une nouvelle loi relative à « l’État-nation du peuple juif ». Il s’agit d’une loi qui revêt le caractère de loi fondamentale dans un pays qui ne connaît pas de constitution écrite et qui devient de fait la norme la plus élevée dans l’ordre public israélien. Or, cette loi comporte plusieurs aspects d’une gravité rarement atteinte :

-Elle définit Jérusalem comme capitale « complète et unifiée d’Israël », officialisant l’annexion de cette ville (y compris Jérusalem Est) ;

-Elle amplifie l’ambiguïté entre la « terre d’Israël » et l’« État d’Israël », renforçant le flou sur ses frontières, qui n’ont toujours pas été définies. Dans ce contexte, l’« implantation juive » définie comme une «valeur nationale » est lourde de menaces en termes de systématisation de la politique d’annexion, de colonisation, de vols de terres, comme à Khan Al-Ahmar.

-Elle officialise l’État d’apartheid en Israël même, en élevant au rang de règle de droit fondamentale, l’inégalité de droits entre ses citoyens palestiniens/arabes et ses citoyens juifs.

-Elle organise la rétrogradation du statut de la langue arabe en ne lui accordant qu’un statut spécial ; la seule langue d’Etat étant l’Hébreu.

-Elle bafoue les dispositions du « plan de partage » contenues dans la résolution 181 de 1947, ainsi que celles de la résolution 194 sur le retour des réfugiés palestiniens.

-Elle met en danger les citoyens juifs dans le monde entier, contraints de devenir parties prenantes de son projet colonial et raciste. Quatorze organisations juives américaines appellent d’ailleurs à s’opposer à cette loi.

Quand le droit international et les résolutions de l’ONU sont ouvertement violées par la loi fondamentale d’un pays, lorsque des conceptions racistes deviennent des principes à valeur constitutionnelle, lorsque au final l’apartheid est érigé en système et devient un régime politique, le spectre de l’indicible, déjà connu en Afrique du Sud/australe n’est plus loin, et il est plus que temps de réagir.

N’importe quel autre Etat qui adopterait une telle loi fondamentale serait immédiatement condamné internationalement. Seul, pour l’instant, l’ambassadeur de l’Union européenne a fait publiquement entendre sa voix.

Nous appelons tous/toutes nos concitoyen/nes à renforcer leur mobilisation contre ce système qui est en train de miner nos valeurs démocratiques, en participant à toutes les campagnes de sensibilisation, d’explications mais aussi aux campagnes BDS qui ont, depuis treize années, alerté sur cette dérive et ce noir dessein.

Le 18 juillet doit rester la date de la célébration du centenaire de N. Mandela, de celui, qui par son combat et ses valeurs, a su porter l’idéal d’une société pour toutes et tous, fondée sur la liberté, la dignité et la justice et non pas la date d’une loi qui officialise l’apartheid.

Nous appelons le Président de la République et le gouvernement français à se rappeler que la France est signataire de la convention internationale de 1973 contre le crime d’apartheid, qu’il est temps que la France reconnaisse l’État de Palestine et que l’UE décide enfin de suspendre l’accord d’association avec Israël en vertu de son article 2.

Plus largement, un sursaut moral et politique est devenu vital face à une politique de plus en plus liberticide et discriminante et qui constitue aujourd’hui une menace pour le monde entier.

Saint-Ouen, le 19 juillet 2018

Le Mouvement de la Paix

 

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Jusqu’à quand laisseront-ils faire Netanyahu et sa politique criminelle ?!

Deux adolescents de 15 et 16 ans ont été tués et 25 blessés suite à des bombardements israéliens d’un immeuble en construction, contre les civils de Gaza samedi 14 juillet dernier.

Amir Al Namra, l’une des 2 victimes, se trouvait sur le toit de l’immeuble visé par l’aviation israélienne. D’après son oncle, l’espace vert situé devant était un de ses terrains de jeu habituel. « Il était allé jouer là-bas. Avec son ami, ils avaient pris un sandwich, un shawarma, et ils s’étaient rendus sur le terrain. Ils voulaient prendre une photo sur le toit : c’est là que l’attaque a eu lieu ».

Dimanche 15 juillet, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées spontanément selon Ziad Medoukh, directeur du département de langue française à l’université Al Aqsa située de l’autre côté de la rue. « C’est pour rendre hommage aux victimes d’hier, les deux adolescents et les blessés. C’est pour envoyer un message : que c’est un lieu public, c’est un parc de loisirs qui était visé, un rassemblement spontané ».

À cela s’ajoute le renforcement du blocus qui dure depuis plus de 11 ans par la fermeture du dernier point de passage encore en service, Karem Abou Salem, à toute marchandise hors d’un flux réduit de produits alimentaires et agricoles et de fournitures médicales. La reconstruction suite aux destructions massives de 2014 est loin d’être terminée et la rentrée scolaire risque d’être très compromise faute de fournitures pour l’imprimerie ou pour la fabrication des vêtements. Et la zone de pêche, déjà très restreinte, est à nouveau réduite.

Netanyahou et son gouvernement d’extrême droite montrent encore une fois qu’ils veulent aller toujours plus loin dans leur entreprise de destruction de la société palestinienne à Gaza. Mais qui les en empêche ?

Le Mouvement de la Paix tient à dénoncer vigoureusement le silence complice du gouvernement français. Aucune réaction de la part du Ministère des Affaires étrangères !

A part des déclarations de principe, aucune action pour stopper cette politique criminelle d’un État qui se prétend le plus démocratique de la région et dont l’armée est présentée comme la plus éthique du monde.

Seules des sanctions contre l’État d’Israël de la part de la France et de l’Europe peuvent permettre d’obtenir la levée du blocus de Gaza et d’arrêter cette politique criminelle qui viole chaque jour le droit international.

Le Mouvement de la Paix soutient la proposition des Nations Unies d’une enquête indépendante concernant les bombardements.

Il réitère ses demandes nombreuses, avec d’autres, en vue de l’application entière et immédiate du droit international, il enjoint les États, dont la France et l’UE qui parlent mais n’agissent pas, à assurer que ce droit soit enfin appliqué, comme le stipule la dernière résolution de l’ONU de décembre 2016 et il considère que, dans cette région, seuls le droit et la justice seront les fondements d’une paix pour tous.

Il demande au gouvernement français de reconnaître l’État de Palestine conformément au vœu du parlement et d’exiger que des mesures soient prises pour protéger le peuple Palestinien.


A Paris, le 18 juillet 2018

Le Mouvement de la Paix

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