Pierre Villard : « Rendre l’arme nucléaire illégale »


Le Dauphiné – Hautes-Alpes – Un texte interdisant l’arme nucléaire voté à l’ONU

Le 7 juillet, l’ONU (Organisation des Nations unies) a voté un traité d’interdiction de l’arme nucléaire. 122 pays ont voté pour, un s’est abstenu (Singapour) et un a voté contre (Les Pays-Bas). Pierre Villard, ancien président national du Mouvement pour la paix, répond à nos questions.

Quelles sont les conséquences de ce texte ?

À court terme, il rendra l’arme nucléaire illégale. À moyen et à long terme, il va permettre d’engager un processus d’élimination qui mènera à l’abolition des stocks existants.

Quelles interdictions couvrent ce texte ?

Il concerne la mise au point, la production, la possession, le stockage, le transfert de technologie et la menace de l’emploi d’armes atomiques. C’est un traité assez fort au niveau du contenu et des objectifs. Par la pression de l’opinion publique, nous avons obtenu un traité avec un haut niveau d’exigence.

Mais ce n’est pas un traité d’élimination…

Il ne comprend en effet pas d’échéance ni de mécanismes d’élimination. Les pacifistes continuent donc leur action. Le texte n’étant pas non plus assez clair sur la situation des ogives que l’on possède déjà, nous allons agir pour obtenir un mécanisme d’élimination.

Qui sont les absents de l’événement ?

Il y a d’abord les tout petits États qui ne pouvaient pas se permettre d’envoyer des officiels. Il y a aussi de grands États. Pour eux, cette absence était une décision politique.

Comment interpréter l’absence de la France ?

La France est dans une position de nature coloniale : elle justifie le besoin de l’arme atomique par la sécurité, mais la dénie aux autres pour la leur. C’est aussi une position intolérable, qui ne prend pas en compte sa dangerosité pour la vie et la planète. La France aurait donc intérêt à faire partie des premiers pays dotés à s’en défaire et à prendre le leadership politique sur le sujet.

Comment gérer la question nord-coréenne, sans armes atomiques ?

« Il s’agit d’un prétexte plus que d’un argument. Elle possède quatre ou cinq bombes atomiques, ce n’est pas la plus grosse menace. Ce serait plutôt les 2 500 qui sont en alerte. Mais attention, il n’est pas question d’accepter le développement de l’arsenal de Corée du Nord non plus. Le meilleur moyen pour gérer cette situation serait l’élimination de la bombe atomique chez les huit nations dotées, pour entraîner celle de la Corée du Nord. »

Le 20 septembre, le projet est ouvert à signature. Qu’est-ce que ça signifie ?

À partir de cette date, les États pourront le signer et le ratifier. Le traité entrera en vigueur 90 jours après la cinquantième ratification. Dans le cas de la France, le texte devrait être signé par le président puis ratifié par l’Assemblée nationale et le Sénat.

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