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Accueil > Outils > Planète Paix > Archives > Sommaire n °506> OPA sur l'ONU : La tentative de Bush pour détruire le droit international
 
 
 
  Dossier
 
       
    OPA sur l'ONU : La tentative de Bush pour détruire le droit international  
       
   

Phyllis Bennis* est chercheuse à l'Institut d'Etudes Politiques à Washington. Cette spécialiste des sciences politiques est très liée aux mouvements sociaux des Etats-Unis et engagée contre la guerre d'Irak. Intervenant lors des débats de la 6 e Assemblée des peuples de l'ONU qui s'est tenue à Pérouse du 8 au 11 septembre 2005, elle appelle à développer un front commun contre l'unilatéralisme et pour sauver les Nations Unies de l'offensive de la Maison Blanche.

Phyllis Bennis : "Il n'y a pas d'accord dans le mouvement aux Etats-Unis – et si j'ai bien compris, c'est la même chose en Europe –, sur le fait qu'il faille ou non appuyer les Nations Unies. Je le comprends, car il y a de quoi être déçu et frustré. Mais nous sommes face à des urgences, la Maison Blanche, le gouvernement des Etats-Unis ont déclaré la guerre à l'ONU lors du Sommet qui vient de s'achever. Après une campagne de harcèlement sur la personne du Secrétaire général, après la nomination du très contesté John Bolton comme ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, puis la publication d'un ensemble de 750 amendements, force est de constater qu'il s'agit d'une attaque en règle contre l'ONU et le droit international. Ils ont déclaré la guerre au monde et adressé ainsi une menace ouverte aux 190 autres Etats membres, aux mouvements sociaux, aux peuples et aux Nations Unies elles-mêmes. Il faut susciter une mobilisation commune et rapide entre ces trois éléments pour faire échouer l'entreprise de l'administration Bush".

Comment analysez-vous les propositions faites par John Bolton ce nouvel ambassadeur de Bush aux Nations Unies et présentées à peine trois semaines avant le Sommet du Millenium ?

P. B. : Le projet proposé par l'Assemblée générale après neuf mois de négociations, appelait à renforcer les Objectifs du Millénaire pour le Développement (ODM) pour réduire la pauvreté d'ici 2015. Ils étaient déjà insuffisants, mais aussi faibles soient-ils, il faut les réaliser. “Sans cet effort minimum pour soulager la misère” a rappelé K. Annan, ”les conflits entre Etats et à l'intérieur des Etats pourraient dégénérer hors de tout contrôle, et même l'ONU réformée du monde futur ne sera pas en mesure de contrôler ces menaces internationales à la paix et à la sécurité". Les attentes étaient grandes, qu'ils s'agissent des OMD, de la réforme des Nations Unies ou du désarmement.

Quand John Bolton a présenté la réponse officielle des Etats-Unis, on aurait pu croire qu'il donnait libre cours à ses obsessions. Après tout, ce vieil ennemi de l'ONU avait dit : "Il n'y a plus de Nations Unies" et écrit dans le Wall Street Journal que les Etats-Unis n'avaient pas d'obligation légale à se plier aux traités internationaux. Mais, ce n'était pas seulement la position de Bolton. Ces propositions ont été approuvées par la Maison Blanche, le Département d'Etat, le Pentagone et de nombreuses autres agences. C'est la position officielle des Etats-Unis, et non le souhait de quelque faction extrémiste marginale d'idéologues néo-conservateurs. Ils veulent forcer le monde à adopter la vision des Etats-Unis qui consiste à laisser tomber les nations et les personnes les plus pauvres, à rejeter le droit international, à privilégier la liberté du marché contre toute forme de régulation, et à marginaliser le rôle des institutions internationales à part le FMI, la Banque mondiale et l'OMC, et à affaiblir, peut-être fatalement, les Nations Unies elles-même.

Chacune des 35 références spécifiques aux ODM a été biffée. L'objectif de 0,7 % du PIB à l'Aide Publique au Développement ? Effacé. L'aide pour l'agriculture et le commerce dans les pays pauvres ? Effacé. Aider à lutter contre les changements climatiques ? Effacé. Effacé également le paragraphe “l'usage de la force doit être considéré comme l'instrument de dernier recours". Quant au désarmement nucléaire, foin des Traités y compris le Traité de non-prolifération : ils effacent toute référence aux trois piliers qui le constituent – désarmement, non-prolifération et l'usage pacifique de l'énergie nucléaire – ainsi qu'à l'article 6. Ils ôtent toute mention qui vise à renforcer l'autorité de l'ONU pour se focaliser sur l'efficacité. Quant à l'Assemblée générale, l'organe le plus démocratique du système, ils effacent toute référence à sa centralité, à son rôle pour codifier le droit international et à son autorité, pour la reléguer au rôle de salon de discussion.

Maintenant qu'est posé noir sur blanc le projet global de l'administration Bush pour les relations internationales, comment voyez- vous l'avenir ? S'agissait-il simplement de faire capoter le Sommet ou d'une stratégie à plus long terme ?

P. B. : L'administration Bush veut placer les Nations Unies devant ce qu'elle considère comme un choix obligé : s'aligner sur ses positions et accepter de devenir un appendice de Washington et un outil de l'empire, ou rejeter ses propositions et être consigné dans la marginalité et l‘insignifiance. Mais, il y a une troisième option. L'ONU a quelques pratiques des négociations avec les Etats-Unis et de leurs menaces. Le Président Bush les a déjà placées devant des choix semblables en septembre 2002, quand il a menacé l'ONU de marginalisation si elle ne soutenait pas son appel à la guerre en Irak. A cette occasion, l'ONU a fait le troisième choix – le choix de la fermeté, de réaffirmer sa Charte et de rejoindre les peuples et les gouvernements qui s'étaient mobilisés pour dire non à la guerre. Ce fut le commencement de huit mois de triomphe où des gouvernements, les peuples et l'ONU se sont dressés ensemble contre la volonté des Etats-Unis de faire la guerre et de se comporter comme un empire. Ces trois forces ont inventé ce que le New York Times a qualifié de "Seconde superpuissance". Cette fois, comme la précédente, les Etats-Unis ont menacé et déclaré la guerre à l'ONU et au monde. Comme auparavant, il est temps que cette "Seconde superpuissance" se lève pour défendre l'ONU et dire non à l'empire.

Pour vous, quelle sorte d'enjeu représente l'ONU dans le monde d'aujourd'hui ? Comment analysez-vous son rôle ?

P. B. : Il y a beaucoup de sous-estimation du rôle de l'ONU dans le mouvement, et des critiques, mais il faut retourner ces critiques. Par exemple, quand nous disons que l'ONU n'a pas fait ceci alors qu'elle l'aurait dû, la question devrait être : qu'ai-je fait pour que l'ONU remplisse son rôle ? C'est nous les peuples qui sommes les véritables dépositaires du droit international, et l'ONU est l'instrument entre nos mains. Que faisons-nous pour la protéger, la promouvoir, exiger qu'elle remplisse son rôle et fasse appliquer les dizaines de résolutions que l'AG a approuvé ?

C'est l'ONU qui doit se porter garante du droit international, c'est elle qui seule a la légitimité pour condamner les violations. Que faisons-nous pour l'associer à nos mobilisations ?

En fait, c'est nous qui sommes les véritables experts, c'est à nous que revient de débattre de "quelles Nations Unies pour quel monde ?" Le débat commence juste, et nous devons l'amplifier.

*A paraître en octobre : Phyllis Bennis, Défier l'empire : Comment les peuples des gouvernements et l'ONU contestent le pouvoir US, Ed.Interlinckbooks. www.interlinckbooks.com

 
       
   

 

 
       
       
 
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