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Accueil > Outils > Planète Paix > Archives > Sommaire n °506> Paroles de jeunes : La paix a de l'avenir
 
 
 
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    Paroles de jeunes : La paix a de l'avenir  
       
   

Ils sont partis au Japon cet été avec le Mouvement de la Paix pour participer aux événements organisés autour du 60 e anniversaire des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki. Julie Kolly, Charbel El Achkar, François Gagnaire, Driss Ait Youssef ont vingt ans, ils voudraient que le monde change et que la paix soit "l'affaire de tous". Le 21 septembre, journée de la paix, a été l'occasion pour tous de faire des comptes rendus de leur voyage, mais ils ont d'autres projets. Exigeants et lucides, leur engagement est à la hauteur des motivations qui les animent.

PP : Que vous a apporté ce séjour au Japon pour les commémorations des bombardements atomiques ? Vous a-t-il donné envie de poursuivre votre engagement pour la paix ?

Charbel  : Je faisais partie de la délégation du Val de Marne. Déjà, c'était important de voir autant de gens aussi différents unis vers un même but, pour la paix. J'ai pu voir de mes yeux les effets des bombes A et H sur Hiroshima et Nagasaki. J'ai rencontré les Hibakushas* et comme eux, je veux construire un monde nouveau sans peur de la bombe atomique.

Driss  : Ce voyage m'a apporté beaucoup de tristesse et de bonheur. Tristesse et émotion dans les rencontres avec les Hibakushas, mais aussi beaucoup de bonheur dans leur accueil et avec la délégation française. En 2000, j'avais été à l'ONU avec le Conseil général du 93, puis en 2001, j'avais participé à la conférence contre la peine de mort mais ce que j'ai vécu là était d'une très grande intensité. J'en suis revenu très marqué avec une volonté d'investissement décuplé pour la paix, c'est clair.

Julie  : Comme Driss, il y a ce paradoxe de voir tout ce qu'ont souffert les Japonais et à côté le bonheur d'être si bien accueillis, c'était très fort. Plusieurs choses que je retiens : autant de monde pour la paix, c'est possible, donc il faut y aller. Partir sur des lieux où il s'est passé de telles choses, c'est motivant, on ne peut plus faire marche arrière.

François  : Oui, de la tristesse et du bonheur. Avec la délégation et les Japonais c'était très convivial et chaleureux et j'ai été très ému par les Hibakushas. La diversité de la délégation montre que la paix est l'affaire de tous et être nombreux donne de la confiance. Le meilleur moyen est de se rendre compte par soi-même pour mieux porter le message. Je suis engagé depuis plusieurs années au Mouvement de la Paix, mais ce séjour est une étape importante, je reviens renforcé dans ma conviction que les armes nucléaires sont à bannir de la planète et que nous sommes très nombreux à le vouloir.

PP : Pensez-vous qu'agir pour la paix soit utile ? Comment voyez-vous l'action pour la paix aujourd'hui ?

Charbel  : Les Nations Unies essaient de faire quelque chose, mais la domination des Etats-Unis en particulier est un frein à leur action, comme pour la guerre en Irak. Il me semble qu'agir pour la paix commence par s'éduquer soi-même, en étant un exemple, on pourrait éduquer les autres. Je fais ça pour moi, mais aussi pour les générations à venir, pour que le futur soit plus pacifique.

Driss  : Le voyage au Japon est un exemple concret d'action pour la paix. Si chacune des 130 personnes de la délégation sensibilise une dizaine de personnes, cela fait vite des milliers. Agir pour la paix, chacun peut s'y mettre. Mon premier séjour à l'ONU a été un grand tournant dans ma vie. Comme dit Charbel, cela éduque les individus à la compréhension des enjeux, pour offrir à nos enfants un monde de paix, de justice et de solidarité.

Julie  : Ce qu'on a vécu prouve que la mobilisation est possible. Mais quand on distribue des tracts, les gens ont un mouvement de recul : "ça existe encore le mot "paix" ?". Il faut rapprocher les gens de cette notion de paix, il faut faire passer cette culture de paix. C'est grâce aux gens qui continuent à y croire que nous avons réussi à nous y intéresser.

François  : D'accord avec cette notion d'éducation à tous les niveaux : local, international et individuel. Pour beaucoup, la paix c'est l'absence de guerre, pour moi, c'est toute une culture de paix, cette transversalité de la paix. Il faudrait que cela rentre à l'école pour que nos enfants aient une autre vision du monde. Pour être solidaires, il faut se comprendre, et pour se comprendre, discutons.

PP : D'après vous, qu'est-ce qui empêche les jeunes d'être plus actifs pour la paix ?

Charbel  : Il faut qu'on nous interpelle et le fait d'avoir été invité par le Mouvement de la Paix nous a motivés, nous a donnés de l'élan pour faire quelque chose. Les générations plus anciennes ont plutôt tendance à nous laisser à l'écart.

Driss  : Moi, je pense que les jeunes sont tous les jours actifs pour la paix. Pour moi, le mot "paix" est vaste ; on peut y mettre "liberté", "environnement" ou "s'instruire", quand ils se mobilisent pour sauver une forêt ou leur système éducatif… Les jeunes sont actifs, mais ils ont besoin d'outils pour comprendre les enjeux et c'est ce qu'il faut leur donner.

Julie  : J'adore cette notion d'outil, parce que c‘est vraiment ce qui manque. Il faut donner accès à l'information et à l'action, les jeunes ne demandent que ça. On a de l'énergie à revendre et pour la mettre au service de la paix, il faut nous montrer que c'est possible, surtout qu'on n'a pas trop confiance dans l'avenir.

François  : Moi, je trouve que les jeunes sont un peu attentistes, pas aussi "acteurs" que les générations précédentes. Pourtant, le 21 avril contre le Front National ou dans les manifs lycéennes, les jeunes ont montré qu'ils avaient des idées. Je regrette que ce ne soit que ponctuel, et c'est pour cela qu'il faut mettre en place des outils. En tant qu'association c'est notre rôle, informons sur les enjeux et ils se feront leur propre opinion.

PP : Comment voyez-vous l'action concrète pour la paix ?

Charbel  : L'idée du voyage était assez géniale, parce que cela a été un choc et démontré beaucoup de choses. Peut-être faudrait-il préparer un voyage en Afrique, pour montrer les problèmes et prendre conscience des raisons pour lesquelles il n'y a pas la paix : "l'énorme faille entre pays riches et pays pauvres".

Driss  : Avec les autres jeunes du 93, on a fait un documentaire qui passera dans les cinémas conventionnés et une expo photo qui tournera avec nous dans tous les collèges du 93. Et puis chez moi, j'invite des gens que je connais et on discute autour du voyage et des photos. Ce sont des actions concrètes et si tout le monde s'y met, on sensibilisera le maximum de gens.

Julie  : On a fait un diaporama et une expo papier. On fera un compte rendu dans une quinzaine de villes qui nous ont aidés à partir. Il faut aussi que je continue à discuter avec ceux qui ne partagent pas mes opinions et là, le travail est plus important que je ne le pensais.

François  : On a programmé diverses initiatives : faire une exposition, des conférences, planter un arbre pour la paix… Plus généralement, des relations fortes se sont tissées entre les jeunes de la délégation, maintenant il faut essayer d'intégrer tous les jeunes dans une dynamique, évaluer le travail et préparer l'avenir. Nous avons une réunion nationale pour nous organiser : quel projet on met en place, comment épauler les copains pour leurs actions locales et amener beaucoup de jeunes à participer au congrès ?

*survivants de la bombe atomique

Charbel El Achkar, 26 ans CCFD, Fontenay Sous Bois.
Driss Ait Youssef, 25 ans, travaille avec le comité de Saint-Ouen
Julie Kolly, 21 ans, Comité de Chambéry.
François Gagnaire, 23ans, responsable de la commission Jeunes au Mouvement de la Paix

 
       
   

 

 
       
       
 
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