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Accueil > Outils > Planète Paix > Archives > Sommaire n °505> Congrès du Mouvement de la Paix "S'ouvrir plus largement à de nouveaux citoyens"
 
 
 
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    Congrès du Mouvement de la Paix "S'ouvrir plus largement à de nouveaux citoyens"  
       
   

Le congrès du Mouvement de la Paix va se tenir en novembre prochain à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis. En 2002, Arielle Denis et Pierre Villard succédaient à Daniel Durand à la direction de l'association pacifiste créée en 1949. Trois ans après, ce congrès sera l'occasion pour l'ensemble des dirigeants et adhérents de se retrouver le temps d'un week-end et de faire un zoom sur de long mois d'intense activité. Pierre Villard dresse ici un bilan avec l'envie de prolonger la dynamique pour les années à venir.

Il y a trois ans, vous preniez la direction du Mouvement de la Paix avec Arielle Denis. Par quelles ambitions étiez-vous portés à cette époque ?

Nous avons pris la responsabilité d'un Mouvement de la Paix en pleine évolution. Entre le congrès de Vitry-sur-Seine en 1999 et celui de Marseille en 2002, la culture de paix a fait irruption sur la scène publique amenant le Mouvement de la Paix à davantage prendre en compte l'action pour la paix dans sa globalité sociétale et plus seulement comme une action anti-guerre. Notre ambition était donc de poursuivre le travail d'ouverture engagée par l'équipe précédente en permettant au Mouvement de la Paix d'avoir une place mieux reconnue dans la société. L'engagement durable des jeunes était un de ces objectifs.

Le Mouvement de la Paix a été l'initiateur depuis trois ans de nombreuses actions et campagnes. Quel bilan tirez-vous ?

Depuis trois ans, le Mouvement de la Paix a été en capacité de courir plusieurs colombes à la fois. Il lui a été confié d'importantes responsabilités de coordination nationale (guerre en Irak, désarmement nucléaire, …). Notre lisibilité s'est accrue notamment au niveau des médias. Les comités du Mouvement ont bénéficié de cette reconnaissance. Cette évolution a été rendue possible par l'accroissement des capacités humaines du siège national qui a accueilli de nombreux nouveaux collaborateurs. Planète Paix est une belle illustration de ces évolutions. Mais l'équilibre demeure fragile. Le mouvement pacifiste n'est pas encore assez influent. Le Mouvement de la Paix doit encore s'ouvrir plus largement à de nouveaux citoyens.

Ce congrès est l'occasion pour vos comités et adhérents de se réunir et d'échanger leurs expériences. Qu'attendez-vous de ce congrès pour la vie et dynamique interne ?

Le Mouvement de la Paix est très hétérogène. Si de nouveaux comités se créent, d'autres disparaissent. Tous n'ont pas la même dynamique. Le congrès peut permettre à tous de connaître les pratiques nouvelles mises en œuvre de manière ambitieuse par endroit à partir de citoyens sans expériences d'engagement. Par exemple, le rapport moral sera présenté à partir des images télévisées des comités pour montrer notre implantation nationale et notre place dans la société. Cela donne confiance et permet de mesurer notre influence. L'objectif étant de 500 délégués au congrès, cela passe par de gros efforts d'ouverture. Il faudra également inviter des gens de départements où nous n'existons pas encore.

Quels seront les grands défis auxquels devra faire face le Mouvement de la Paix dans les mois et années à venir ?

Le plus gros défi à relever est de construire l'action pour la paix en dehors des périodes de conflits. Prévenir les conflits semble une idée toute banale mais aujourd'hui on prépare les guerres de demain. Un autre est de gagner l'idée que la culture de paix peut être motrice des changements du monde. Il faut ôter l'idée que la paix sera la conséquence des changements du monde. Elle doit en être le moyen. Pour cela, un défi est urgent : celui de la convergence des mouvements sociaux. Le mouvement pacifiste, le mouvement anti-guerre, le mouvement anti-armes nucléaires, le mouvement altermondialiste, le mouvement féministe, … tous ont à concrétiser leurs convergences en dehors de tout esprit de chapelle pour donner chair à ce nouveau monde qui ne doit pas rester que possible mais devra bien être un jour notre vécu commun. Pour cela, le Mouvement de la Paix doit relever le défi de son utilité. Les pacifistes ne sont ni bêlants, ni râleurs, ils ambitionnent de changer le monde en étant utile à ses indispensables changements.

 

 

Mettre la paix en culture

A l'occasion de la préparation de son congrès, le Mouvement de la Paix invite les comités et les adhérents du Mouvement à amplifier l'impulsion pour promouvoir une culture de la paix dans la société française. Trois questions sur le sens et les modalités de cette dynamique.

PP : Sur quoi souhaitez vous insister dans la préparation politique du congrès du Mouvement de la Paix en novembre 2005 ?

Arielle Denis : Ce congrès du Mouvement de la Paix se situe à mi-chemin de la décennie 2001-2010 décrétée par l'ONU en faveur d'une culture de la paix et de la non-violence au profit des enfants du monde. Ce sera l'occasion de faire le bilan et de définir de nouvelles pistes d'action. Ce processus pour construire une véritable culture de la paix a été défini par l'Assemblée générale des Nations Unies. Il s'agit de travailler dans huit domaines d'action: l'éducation, le développement économique et social durable, le respect de tous les droits humains, l'égalité entre les hommes et les femmes, la participation démocratique, la tolérance et la solidarité, la libre circulation des connaissances, et bien sûr la paix et la sécurité internationale. Cette vision globale de la construction de la paix correspond bien à ce que le Mouvement de la Paix a porté dans son histoire. En l'an 2000, année du Manifeste pour une culture de la paix, les comités avaient commencé à s'approprier cette dynamique, en 2002 le congrès de Marseille avait pour slogan "Pour un monde de justice et de paix, cultivons la paix du quartier à la planète" ; 2005 devrait marquer une nouvelle étape : la volonté de faire vivre la dynamique commune, globale, de ces huit domaines d'action, de donner cohérence au mouvement de la société française pour une culture de la paix.

PP : Concrètement, comment la promotion d'une culture de la paix se traduit-elle sur le terrain ?

A.D. : Je crois que les comités et les militants sont reconnus pour leur attachement à la paix, au désarmement, à la réduction des dépenses militaires, à la résolution pacifique des conflits ou à l'approfondissement du droit international. C'est notre cœur d'activité, le point 8 de la résolution de l'ONU, et nous devons continuer à animer ces mobilisations. Mais si ces campagnes sont indispensables, cela ne suffit pas à mettre la paix en culture dans nos quartiers comme sur la planète. Il nous faut faire vivre la cohérence des luttes autour de ces huit points, pour qu'un mouvement global prenne corps.

PP : Vous appelez les comités à préparer le congrès en travaillant sur les huit domaines d'actions, comment cela marche-t-il ?

A.D. : Il s'agit de mieux évaluer et faire évaluer le lien de la paix avec chacun des huit domaines d'actions. Les comités vont choisir de travailler les points qui les intéressent – et bien sûr le point 8 sur la paix. Par exemple, l'éducation pour le point 1 : de nombreuses organisations issues de l'éducation populaire ou de l'éducation nationale travaillent ou souhaitent travailler sur les questions de prévention des violences et d'éducation à la paix. Organisons une rencontre pour confronter les expériences, avec peut-être au bout l'objectif de développer durablement des actions dans la ville.

Nos réflexions communes avec les féministes sur l'égalité homme-femme (point 3) nous ont amenés à mieux comprendre combien les violences dont sont victimes les femmes préparent les violences des sociétés et fondent le terreau des guerres. C'est donc naturellement que le comité des Bouches-du-Rhône s'est investi dans l'accueil de la Marche Mondiale des Femmes, en mai dernier. Cet échange entre pacifistes et féministes a produit de nouvelles réflexions et de nouvelles solidarités. Il en est de même pour chacun des huit domaines d'actions, l'expérience des comités est déjà très importante et il s'agit de la développer. Un résumé de ces mises en commun sera consigné dans le document du congrès, ainsi que tous les textes de contribution individuels ou collectifs qui participent à cette démarche. Cette somme d'outils mise à disposition permettra de mieux faire comprendre ce que signifie "cultiver la paix du quartier à la planète".

 

Entretiens réalisés par Bruno Lefort

 

 
       
   

 

 
       
       
 
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