Le 29 mai est bientôt là. Le débat sur le Traité Constitutionnel s'est enfin enraciné dans la société française. Les citoyens en découvrent de plus en plus la teneur. C'est bon pour la participation au vote et la meilleure détermination des électeurs. Le référendum permet de ne pas cantonner ce débat au seul Parlement comme dans d'autres pays.
La position du Mouvement de la Paix est sans ambiguïté. De par ses propres déterminations, après le débat entre des points de vue divers mené dans les comités, notre organisation a décidé majoritairement d'être critique sur les articles qui engageraient l'Union européenne (UE) dans l'accroissement de ses forces armées, de ses dépenses et capacités militaires, de sa recherche de nouvelles technologies guerrières. Nous critiquons l'absence d'engagement dans ce texte pour le désarmement, et le silence total quant à l'avenir de l'arsenal nucléaire existant dans l'UE et dont une bonne partie est sous contrôle des Etats-Unis.
A cela s'ajoute l'inféodation, clairement écrite, de la politique de défense commune à celle de l'OTAN dominée par la même superpuissance.
Veut-on devenir le pilier européen de l'OTAN ? Non !
Ceux qui souhaiteraient voir l'UE devenir un contrepoids, y compris militaire, face aux USA et à leurs interventions agressives hors du droit international, peuvent-ils trouver satisfaction dans le texte ? Non plus.
La Culture de la Paix, depuis la promotion de la paix et du droit international jusqu'à l'Education à la paix, comporte aussi d'autres dimensions essentielles à nos yeux : respect et égalité des droits, développement des libertés, de la démocratie et de la justice sociale, instauration d'un développement économique soutenable, durable et orienté vers le social et le plein emploi.
Ce sont des éléments à prendre en compte dans la conviction que chacun doit se faire pour son vote citoyen, éléments sur lesquels le Traité Constitutionnel est insuffisant, d'orientation ultra libérale, et parfois même en retrait sur des textes déjà existants comme la Constitution française et les Déclarations européennes ou Universelles sur les Droits.
Raoul Alonso |