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Le Forum de la Paix S'organiser pour agir
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Christophe

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Publié le: Lun 30 Mai 2011, 15:34 Sujet du message: Nucléaire civil en temps de guerre/Sécurité en cas d'attaque |
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Le nucléaire civil impliquerait des risques très accrus en temps de guerre
LEMONDE.FR 29.04.11
La catastrophe de Fukushima, au Japon, repose le problème de la sûreté des centrales nucléaires : la surprise qu'a occasionnée la concomitance de deux événements jusqu'ici pensés séparément (tremblement de terre et inondation) montre que la réalité a une nouvelle fois dépassé l'imagination des ingénieurs et experts chargés de la prévention des risques.
Des débats publics à l'échelle nationale et même internationale ne seraient-ils pas alors bienvenus pour à la fois aider à déterminer plus exhaustivement les risques du nucléaire civil et à assumer plus collectivement qu'à l'heure actuelle la responsabilité de prendre tel ou tel risque, au lieu de la laisser aux seules mains des politiques ? Encore faudrait-il que les opinions publiques soient d'emblée suffisamment informées pour que déploie une véritable réflexion collective. Or, si les médias font régulièrement écho aux risques de séismes ou d'inondation, en revanche les risques liés à des pannes, à des erreurs humaines ou à des attentats demeurent encore aujourd'hui peu abordés. Et surtout persiste un complet silence sur un risque dont la dangerosité paraît des plus élevées : la guerre.
En effet, si une guerre éclate sur le territoire d'un pays équipé de centrales nucléaires, elle rend beaucoup plus probable la survenue d'avaries dans ces installations tout en en aggravant les conséquences pour les populations.
LA GUERRE COMME FACTEUR AGGRAVANT
La gravité d'une avarie dans une centrale nucléaire ne se mesure pas au seul examen des produits qu'elle laisse échapper, mais aussi au regard des capacités dont disposent les équipes de la centrale et, plus globalement, le pays tout entier pour en limiter les répercussions sanitaires, économiques, sociales et politiques.
Or, l'organisation d'un pays se voit perturbée lorsque le théâtre de la guerre s'invite sur son territoire. Les pertes en ressources humaines, matérielles, financières, territoriales…, qu'elle occasionne restreignent les capacités auxquelles, en temps de paix, le pays était accoutumé pour faire face à des événements l'affectant. Ainsi, la survenue d'une avarie dans une centrale nucléaire sera rendue d'autant plus menaçante que les moyens pour la réparer et ceux déployés pour protéger les populations seront amoindris par la situation de guerre. Le bilan sanitaire consécutif aux contaminations radioactives en sortira immanquablement alourdi.
LA GUERRE COMME CAUSE D'AVARIES DANS LES CENTRALES NUCLÉAIRES
Par ailleurs, une guerre accroît la probabilité que se produisent des avaries dans les centrales nucléaires du pays.
En effet, selon la logique de guerre, une puissance ennemie n'aura pas pour seules cibles les sites et forces militaires du pays adverse, mais s'évertuera à détériorer son appareil de production pour diminuer son potentiel de résistance, voire le paralyser économiquement et ainsi le faire capituler. Un des moyens pour y parvenir consisterait notamment à mettre hors service ses centrales nucléaires qui alimentent en électricité les industries, les moyens de télécommunication (téléphone, ordinateurs, médias…) et la plupart des équipements indispensables à la vie du pays et des populations.
La puissance ennemie ferait alors coup double : les avaries, qu'elle aura provoquées dans les centrales nucléaires à l'aide de sabotages, d'attentats et de bombardements par avions ou missiles, engendreront très vraisemblablement une profonde inquiétude parmi les populations. Spontanément ou suite à un ordre d'évacuation, des milliers, voire des millions de personnes seraient alors incitées à émigrer vers des régions supposées épargnées par la radioactivité. Ces mouvements massifs de population ne manqueraient pas d'accentuer la désorganisation du pays, donc de l'affaiblir encore davantage. D'autant plus que, pendant des dizaines d'années, son territoire sera amputé des zones contaminées.
Par conséquent, un pays, qui aura érigé un grand parc de centrales nucléaires pour assurer l'essentiel de sa production électrique, prend un risque très élevé de subir en cas de guerre d'importantes pollutions radioactives, ce qui pourrait jouer en sa défaveur dans l'issue de cette guerre. Par exemple, la France, dont une part considérable de son électricité est produite par le nucléaire civil (près de 80 % de l'électricité), offrirait dans l'hypothèse d'une guerre un point de vulnérabilité à l'ennemi ayant peu ou pas de centrales nucléaires sur son territoire – grâce, entre autres, à une diversification plus affirmée de ses modes de production électrique (centrales thermiques et énergies hydraulique, éolienne, solaire, géothermique…). Ce pays pourrait bombarder les centrales nucléaires françaises sans craindre autant les effets d'une réplique similaire sur son propre territoire.
Finalement la question qui se pose est celle du niveau de risque qu'advienne une guerre sur le territoire français (ou d'autres pays également fortement dotés de centrales nucléaires). Depuis 1945, la France connaît la paix – si l'on fait toutefois abstraction des guerres d'Indochine et d'Algérie… Pareille période de paix est plutôt exceptionnelle au regard de sa longue histoire (et de celle de bien d'autres pays) parsemée de conflits guerriers : plusieurs guerres par siècle ! La possibilité d'une guerre dans un futur proche n'est donc pas à écarter, notamment dans la perspective où la raréfaction accélérée des ressources nécessaires aux sociétés industrielles (pétrole, gaz, minerais…) viendrait à raidir les relations internationales.
Par conséquent, s'il a lieu, un débat public sur la sûreté nucléaire et sur la pertinence de relancer un programme nucléaire civil en France pour les cinquante prochaines années, ne pourra se focaliser sur les seuls risques naturels, d'erreurs humaines ou d'attentats (par un groupe isolé), mais également prendre en compte les risques qu'entraînent et ou amplifient une situation de guerre.
Pierre Jacquiot, sociologue |
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Christophe

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Publié le: Lun 30 Mai 2011, 15:36 Sujet du message: |
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Nucléaire: le risque de crash aérien ne sera pas testé
Le Figaro 04/05/2011
Les pays européens n'ont pas encore trouvé de terrain d'entente à propos des critères à appliquer aux «stress tests» européens. Seuls les risques naturels seraient pris en compte.
L'hypothèse fait frémir: un avion de ligne s'écrasant sur une centrale nucléaire, faisant voler en éclats l'enceinte protégeant le réacteur nucléaire. Mais ce scénario catastrophe ne sera pas envisagé lors des tests de résistance qui seront infligés aux centrales nucléaires européennes, d'après le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung qui cite un proche du commissaire européen à l'Énergie, Günther Oettinger. Seuls les cas de catastrophes naturelles (inondations, tremblements de terre, canicules, etc.) seront pris en comptes, selon le journal qui souligne «le triomphe du lobby de l'atome».
La Commission européenne met actuellement en place une campagne de contrôle des installations nucléaires européennes après la catastrophe survenue à la centrale japonaise de Fukushima. «Les tests de sécurité des centrales nucléaires européennes seront lancés en juin», a annoncé la présidence hongroise de l'UE, citant le commissaire européen responsable de l'énergie, Günther Oettinger.
Pas d'erreurs humaines testées
Les tests seront «objectifs et sévères», a ajouté le commissaire, et le système des critères exacts sera défini la semaine prochaine à Bruxelles. Dans le cadre de ces «stress tests», les ministres européens de l'Énergie, réunis mardi à Gödöllö, en Hongrie, auraient exclu les scénarios extrêmes autres que les catastrophes naturelles, comme la chute d'un avion ou des erreurs de manipulation humaines.
Il s'agirait d'un véritable revirement. Dans un premier temps, les chefs d'État et de gouvernement européens avaient proclamé en mars dernier que toutes les hypothèses seraient testées sur les 146 réacteurs européens. Mais certains pays dépendant fortement du nucléaire, comme la France et le Royaume-Uni, défendraient aujourd'hui un allègement des tests. Tout en laissant la possibilité aux pays qui le souhaitent d'être plus exigeants.
Les pays européens semblent donc se rapprocher des propositions de l'Association européenne des régulateurs du nucléaire (Wenra). Cette dernière a publié un document le 21 avril qui sert de base de travail aux dirigeants européens, selon le Financial Times. Il stipule que seuls les catastrophes naturelles (tremblement de terre, inondations, «autres évènements naturels extrêmes») doivent être prises en compte.
Des tests menés par les exploitants
La Wenra propose également que les tests soient menés non pas par un organisme indépendant, mais par les exploitants eux-mêmes. Ces derniers «sont les premiers responsables de la sécurité» de leur site, argumente-t-elle. «Il est donc de leur ressort de mener les évaluations, et de celui des autorités indépendantes de les réviser.»
Comme l'Union européenne veut publier les résultats des tests de résistance avant fin 2011, «les exploitants devraient, étant donné les contraintes de temps, se fonder uniquement sur les études existantes et le jugement de leurs ingénieurs», précise la Wenra. La méthode et l'étendue des stress tests devrait être adoptée à Bruxelles le 12 mai et les résultats connus en décembre.
Des tests «faibles»
Le ministre de l'environnement autrichien Nikolaus Berlakovich a pour sa part dénoncé la «faiblesse» des tests tels qu'ils sont préparés. Il déplore la non prise en compte des conséquences d'actes humains tels que le terrorisme, les attaques informatiques ou le crash d'un avion. Il regrette également que les tests «ne soient pas obligatoires» et l'absence d'experts indépendants : «Cela n'a aucun sens si les centrales nucléaires se testent elles-mêmes». |
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Christophe

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Publié le: Lun 30 Mai 2011, 15:38 Sujet du message: |
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SABOTAGE
CENTRALES NUCLÉAIRES : UN JEU D'ENFANT
Le service Action de la DGSE a démontré que des professionnels pouvaient facilement pénétrer dans des centrales nucléaires de type EDF et sur la base de sous-marins ultra secrète de l’Ile Longue près de Brest. Les services secrets ont averti EDF du jour choisi pour un dynamitage fictif du coeur des établissements de Nogent-sur-Seine (Aube) et de Pierrelatte (Drôme). Pour faire face à ces alertes, le gardiennage privé a été doublé, un escadron de gendarmerie mobile et des réservistes de la défense territoriale ont été postés aux abords des deux usines et les gendarmes locaux ont été sensibilisés. Dans chaque cas, quatre binômes ont tenté de s'infiltrer. A Nogent-sur-Seine, les clandestins ont fait carton plein : chaque groupe a déposé sa charge fictive. A Pierrelatte, trois des quatre binômes ont réussi leur mission, le quatrième ayant rebroussé chemin de peur d'être détecté. Enfin, deux plongeurs de combat se sont introduits dans la base souterraine de l'Ile Longue où relâchent les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. Ils ont posé des charges fictives sur la coque d'un submersible. Au lieu d'arriver par la mer comme tout le monde le croyait, les deux hommes se sont cachés sous un camion de livraison. Ils ont mis quatre heures pour franchir les 50 mètres entre leur cachette et un sous-marin à quai avant de repartir comme ils étaient venus. La DGSE avait également annoncé à la marine quand cette tentative de sabotage serait exécutée.
Le Vrai Papier Journal n°15, Nov. 2001 |
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Christophe

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Publié le: Mar 04 Oct 2011, 18:49 Sujet du message: |
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Quelques articles :
Les installations nucléaires exposées aux risques de chute d'avion
Mise à jour le 26 septembre 2001 : Schéma d'une zone d'impact potentiel - fichier joint ci-dessous, page 14)
Note d'information WISE-Paris du 19 septembre 2001 actualisée le 22 septembre 2001, format PDF (14 pages - 352 Ko)
WISE-Paris, 19 septembre 2001
[Mise en ligne le 19/09/2001]
Les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le Pentagone ont abattu aussi les procédures classiques d'évaluation du risque. Dans le cas des installations nucléaires, il apparaît clairement que l'approche internationale, résumée en France par deux Règles Fondamentales de Sûreté (RFS) applicables aux réacteurs et aux autres installations, est caduque : celle-ci se base sur un raisonnement probabiliste où un risque très grave mais très peu probable est admis comme " acceptable ".
Cette vision a conduit à ne retenir, pour le dimensionnement des installations nucléaires, que le risque de chute accidentelle d'aéronefs de petite taille, plusieurs centaines de fois moins significatifs à l'impact et moins chargés en kérosène que les avions de ligne " utilisés " par les terroristes aux États-Unis.
En dépit du ton rassurant adopté par les autorités de sûreté françaises (démenties par des experts de la sûreté en France comme par les spécialistes de l'Agence internationale de l'énergie atomique), le risque est bien celui d'un accident majeur : outre le fait que les réacteurs ne sont pas conçus pour résister à un choc de cet ordre, les experts du bâtiment s'accordent à dire qu'aucune construction d'acier et de béton ne peut être garantie contre l'impact d'un avion lourd chargé en carburant. Dans le cas de l'enceinte d'un réacteur nucléaire, ceci pourrait conduire à un scénario de relâchement de radioactivité comparable à celui de Tchernobyl.
Mais le danger le plus grand vient sans conteste des installations de retraitement de La Hague, qui concentrent un inventaire de matières radioactives qui dépasse largement celui de toutes les centrales nucléaires françaises réunies. WISE-Paris a calculé qu'un scénario d'accident grave dans une seule des piscines de refroidissement du combustible irradié à La Hague pourrait conduire à un relâchement de radioactivité dont l'impact équivaudrait à plusieurs dizaines de fois celui de l'accident de Tchernobyl.
La chute volontaire d'un avion commercial sur La Hague, hypothèse toujours jugée " improbable " par COGEMA mais devenue aujourd'hui " plausible ", pourrait déboucher sur un tel scénario. Pas plus que les réacteurs et peut-être moins encore, les installations de La Hague ne sont dimensionnées pour résister à ce risque. L'écrasement d'un grand avion sur La Hague pourrait en outre détruire d'autres parties de l'usine telles que les stockages de déchets du retraitement de haute activité et de plus de 80 tonnes de plutonium au prix de conséquences dépassant l'imagination.
Note d'information WISE-Paris du 19 septembre 2001 actualisée le 22 septembre 2001, format PDF (14 pages - 352 Ko)
Source ici : Les installations nucléaires exposées aux risques de chute d'avion
Le plutonium de la Hague pourrait exploser spontanément
Mieux qu'à Toulouse ! On savait déjà, suite à l'actualité post-attentat, qu'un avion s'écrasant sur le centre de retraitement de la Hague (Manche) produirait une pollution égale à 60 ou 70 fois Tchernobyl...
Mais depuis vendredi dernier, on a appris bien pire (dans l'indifférence générale des médias parisiens).
Vendredi 12 octobre 2001, sur demande du préfet, un ingénieur en retraite a témoigné devant la commission de surveillance de stockage des déchets radioactifs de la Manche.
Confirmant qu'il n'est pas antinucléaire, l'ingénieur Christian Kernaonet a voulu libérer sa conscience, et a confirmé ce dont on se doutait : De 1969 à 1977, les fûts radioactifs ont été classés n'importe comment, certains baignant dans la nappe phréatique, tandis que les bordereaux d'inventaire étaient incomplets.
Mais vient la révélation la plus effrayante : Alors que le site contenait pas moins de 100 Kg de plutonium disséminés, les fûts concernés ont été ''reconcentrés''.
D'où le risque de ''criticité''. De quoi s'agit-il ? D'une explosion spontanée.
On sait que la chaleur d'une centrale nucléaire provient de l'accumulation de matières radioactives, concentration qu'on régule en douceur, en écartant ou en rapprochant à temps voulu les barres d'uranium enrichi, afin d'éviter que le réacteur ne s'emballe et n'explose.
On sait également que le plutonium est un poison artificiel à côté duquel des fléaux comme l'amiante, les prions et le bacille du charbon ne sont que des maux infiniment moindres.
En matière de plutonium, la dose mortelle pour l'être humain se situe au millionième de gramme.
Produit inévitable de l'industrie nucléaire civile, le plutonium ne sert guère qu'à produire des bombes, et sa durée de demi-vie est de 24 000 ans ! Si les moines carolingiens avait eu la mauvaise idée de découvrir la radioactivité, des gens d'armes du roi auraient du garder sous haute surveillance les sites pollués depuis Charlemagne, avant de succéder sans heurts aux bandes révoltées durant les guerres civiles et les jacqueries, puis aux agents républicains après 1789, aux troupes allemandes d'occupation, etc. Et il ne nous resterait quand même jamais que 23 000 ans de ''demi-vie'' pour surveiller encore et toujours ces même sites. (Ceci n'est d'ailleurs rien à côté de l'uranium 235 et 238, du potassium 40 et du thorium 232, produits radioactifs dont la demi-vie se calcule... en milliards d'années !).
Voilà ce qu'on appelle le respect des générations futures ! Et tout cela pour un mode de production d'énergie qui n'est même pas rentable, qui a surtout servi des intérêts financiers privés considérables, ne protège pas réellement de l'effet de serre, et consacre la vulnérabilité de la France (là où on croyait garantir son indépendance).
Et bien voilà la garantie que les manuels d'histoire-géo de l'an 5000 se souviendront à coup sûr de la courte période 1950/2000+, en exécrant pour l'éternité la lâcheté et l'inconscience des Français de cette époque, la nôtre.
Une explosion nucléaire spontanée à La Hague ? ''Le risque Zéro ne peut être garanti'', confirme l'ANDRA (agence nationale des déchets radioactifs). La DRIRE pense le contraire (mais c'est également ce qu'elle avait garanti à Toulouse !).
Comme dit ''Ouest-France'', sortant de sa réserve, c'est ''Edifiant et préoccupant''.
[Source ''Nucléaire : les inquiétudes d'un ingénieur'', par Jean-Pierre Buisson, samedi et dimanche 13/14 oct. 2001, ''Ouest-France'', page 6, toutes éditions de Brest au Mans, et de Cherbourg à Luçon.)
- Si vous avez des amis journalistes, faites leur passer ce message.
- Si vous avez des élus qui lisent eux-mêmes leur courrier, écrivez-leur.
- Si vous avez des amis écologistes et gauche plurielle, dites-leur qu'il est pour le moins tragique que l'actuel gouvernement poursuive le délirant programme nucléaire français (le 1er au monde par habitant, conçu à l'ère pompidolo-giscardienne, appliqué sans faiblesse et sans débat par les deux décennies mitterrandiennes qui suivirent, tandis que tous les autres pays industrialisés démocratiques abandonnaient la filière nucléaire).
Peut-être que le sort de la France (pour des millénaires) s'est joué lors de nos combats citoyens gravement perdus, sur le site du surgénérateur nucléaire de Creys-Malville, les étés 1976 et 1977, alors que, dans l'hostilité ou l'indifférence de la gauche (sauf le PSU), nous connaissions notre premier mort tué par la police française (10 ans avant Malik Oussekine, et 20 ans avant Gènes), alors qu'il y avait déjà les ''black bloc'' de l'époque, nos incapacités collectives à créer un rapport de force citoyen, réaliste et radical, et la presse aux ordres qui nous insultait (déjà)
Luc Douillard de l’association Neuf (Nantes Est Une Fête)
Nantes le 17 10 2001
Source ici : Le plutonium de la Hague pourrait exploser spontanément
et aussi :
Un avion sur la Hague créerait un Tchernobyl, selon une étude pour l'Europe
Le Monde, 15 Septembre 2001
La chute d'un avion sur l'usine de la Hague pourrait avoir des conséquences comparables à celles de l'accident de Tchernobyl. C'est ce que conclut une étude réalisée pour la direction générale de la recherche de l'Union européenne et dont Le Monde a pu prendre connaissance. Achevée fin août et présentement analysée par le programme STOA (Scientific and Technological Option Assesment) de la direction de la recherche, l'étude, qui devrait être publiée à l'automne, a été menée par le cabinet de consultants nucléaires WISE-Paris. Elle porte sur l'ensemble des "effets toxiques possibles" des usines de retraitement nucléaire de Sellafield et de la Hague (Manche). Un de ses chapitres s'intéresse aux accidents majeurs pouvant affecter ces installations.
Selon le document, le principal risque en cas d'un tel événement se situerait dans les piscines de refroidissement de l'usine de la Hague : c'est là que sont stockés les combustibles usés issus des réacteurs nucléaires. Ces combustibles sont extrêmement chauds et doivent être refroidis plusieurs années avant de pouvoir être retraités.
7 500 tonnes de combustibles usés sont actuellement présentes dans ces piscines, ce qui représente sans doute une des plus grandes concentrations de radioactivité du monde. Les combustibles usés contiennent de nombreux isotopes radioactifs, en particulier le césium 137 (Cs 137) ; il y en a environ un kilo par tonne de combustible, soit 7,58 tonnes à La Hague, "ce qui représente 287 fois la quantité relâchée lors de l'accident de Tchernobyl (26,4 kg)". Le Cs 137 est un produit particulièrement nocif, du fait de sa volatilité et de sa période de trente ans, qui lui permet de rester durablement dans l'environnement. Il a constitué le principal poison radioactif rejeté lors de l'explosion de Tchernobyl.
L'étude prend l'hypothèse qu'un accident majeur - tel qu'une chute d'avion - toucherait une seule des piscines, chargée à la moitié de ses capacités, contenant donc 1 745 tonnes de combustible. La perte de l'eau de refroidissement pourrait entraîner, du fait de l'échauffement des matériaux et de la rupture des gaines entourant des combustibles, "un relâchement allant à 100 % du césium 137 contenu, soit 66,7 fois le relâchement total de Cs 137 lors de l'accident de Tchernobyl". En supposant que la dispersion des matériaux suivrait des schémas analogues à ceux de l'accident de 1986, les chercheurs estiment que la "dose collective" produite par le césium atteindrait "50 fois la dose collective de Tchernobyl", ce qui pourrait provoquer, sur le long terme, "jusqu'à 1,5 million de cancers mortels".
Les quelques spécialistes interrogés samedi matin refusaient de commenter l'étude avant de l'avoir lue, mais s'accordaient à considérer que les effets de l'accident envisagé seraient extrêmement graves. Pas plus que les réacteurs nucléaires, l'usine de la Hague n'est en effet conçue pour résister à la chute d'un avion de ligne. Le terrorisme nucléaire inquiète la communauté des ingénieurs nucléaires. Dans la Frankfurter Rundschau du 13 septembre, Lothar Hahn, directeur de la commission allemande de sûreté des réacteurs (RKS), a déclaré qu'une attaque par avion d'une centrale nucléaire était "le pire des scénarios".
Hervé Kempf |
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Christophe

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Publié le: Mar 04 Oct 2011, 19:26 Sujet du message: |
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La Hague : secrets et mensonges d'une usine nucléaire française
Les Inrocks du 4 octobre 2011
A l’usine nucléaire de La Hague, un simple toit de tôle abrite dix mille tonnes de combustibles radioactifs. Une attaque terroriste pourrait provoquer un accident équivalant à six Tchernobyl. Où l’on apprend aussi que l’usine a caché pendant trente ans au gouvernement les causes du plus grave incident de son histoire.
C'est officiel depuis le 15 septembre, le ministre de l'Industrie Eric Besson l'assure avec aplomb : "Le niveau de sûreté des centrales nucléaires du pays est élevé." Après Fukushima, l'Europe a imposé à chaque pays européen de soumettre ses installations nucléaires à des "stress tests". Areva a remis, il y a quinze jours, ses évaluations de sûreté dites "post-Fukushima" pour l'usine nucléaire de La Hague. Trois cents pages pour imaginer les "événements redoutés" ou les "agressions externes" d'origine accidentelle ou naturelle. Grand absent : le scénario terroriste.
Ce risque d'attentat, la Commission européenne voulait pourtant, en mars dernier, qu'il soit inclus dans les tests imposés aux installations nucléaires européennes. La France et l'Angleterre s'y sont opposées. La raison ? Un stress test de nos centrales sur la menace terroriste aurait mis au jour une grave vulnérabilité dont l'Etat français ne veut pas entendre parler : à côté des réacteurs nucléaires, les piscines d'eau réfrigérée dans lesquelles on entrepose le combustible nucléaire usé avant son retraitement ne bénéficient d'aucune protection solide contre les chutes d'avions ou une attaque terroriste.
Une enquête des Inrocks avait déjà pointé cette faille dans la sécurité de chaque centrale française. Preuve de ce talon d'Achille, dans les futurs réacteurs EPR, que Nicolas Sarkozy est en train de vendre en Asie, en Europe ou en Afrique, les piscines seront désormais intégrées sous une coque de béton antiaérienne.
Pour comprendre, il faut se rendre en pays normand et obtenir l'autorisation de visiter l'usine nucléaire de La Hague, dans le Cotentin. De l'extérieur, elle ressemble à un complexe pétrochimique, avec de hautes cheminées et des bâtiments couleur métal, ocre ou bleu ciel. A l'intérieur, c'est plutôt le vaisseau du capitaine Picard dans Star Trek. Une multitude d'horloges en plastique orange, de gros téléphones gris, des haut-parleurs grésillant des ordres et, partout, des dessins de consignes de sécurité semblables à de vieilles publicités éducatives.
La Hague n'est pas une centrale nucléaire. C'est une usine qui récupère le combustible usé des centrales pour en séparer les éléments radioactifs, tels le plutonium et l'uranium. Au fil du temps, se sont accumulées en son sein différentes casseroles radioactives : soixante tonnes d'oxyde de plutonium - l'élément le plus dangereux de la planète - enfouies dans le sol, divers produits de fission et surtout l'équivalent de cent huit coeurs de réacteurs nucléaires faisant trempette dans ses quatre piscines.
Du haut d'un perchoir en verre, vêtu d'une combinaison blanche intégrale et d'un masque à gaz porté à la ceinture au cas où, on domine l'immense piscine D, sorte de double bassin olympique d'un bleu fluo avec ses neuf mètres de fond, abritant, dans de multiples paniers, l'équivalent de deux mille tonnes de combustibles irradiés en train de refroidir. Cette piscine est la même que celle qui a été partiellement détruite à Fukushima, celle sur laquelle on a vu s'affairer des hélicoptères et des lances de pompiers pour empêcher qu'elle ne se vide. En vain. La piscine accolée au réacteur numéro 4 s'est mise à bouillir, son eau s'est évaporée, de l'hydrogène s'est formé, le toit a explosé et des éléments radioactifs ont commencé à se répandre. A La Hague, les combustibles entreposés sont moins "chauds" qu'à Fukushima car ils ont entre six et neuf ans, mais la plupart des éléments radioactifs qu'ils contiennent mettant des dizaines et pour certains des milliers d'années à disparaître, ils sont tout aussi dangereux en cas d'accident.
Autre différence avec les piscines nippones : dans l'eau des quatre piscines de La Hague bâties côte à côte, on compte dix mille tonnes de combustibles irradiés, soit la plus grande concentration de matière fissile au monde, le double de ce que contiennent les cinquante-huit centrales nucléaires de l'Hexagone.
Que se passerait-il si un avion se crashait sur l'une de ces piscines ? Si un terroriste posté à l'extérieur armait un lance-roquettes et tirait sur ces piscines? Leur toit est fait de la même tôle qui protège les légumes dans des hangars. Roland Jacquet, directeur adjoint de l'usine nucléaire, nous répond qu'un tir de missile ou une chute d'avion "est hautement improbable et même impossible. - Impossible, mais pourquoi ? - Parce que les bâtiments des piscines sont entourés de bâtiments de même taille, on ne les atteint pas comme ça." Nous reposons donc notre question au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), l'organisme d'Etat dépendant du Premier ministre responsable de la sécurité de La Hague.
"Nous ne souhaitons pas répondre à cette question, nous dit son porte-parole. - Pourquoi ? - Parce que nous ne voulons pas donner d'idées aux terroristes."
La question terroriste est donc bel et bien envisageable pour les piscines de La Hague. Il y a dix ans, des experts ont voulu s'attaquer à l'hypothèse d'un attentat. Le 11 septembre 2001 au matin, quatre avions détournés par Al-Qaeda s'écrasent dans les tours du World Trade Center, sur l'immeuble du Pentagone et dans une forêt de Pennsylvanie. Devant leur télé, Mycle Schneider et Yves Marignac, experts dans le nucléaire pour l'organisation Wise-Paris (service mondial d'information sur l'énergie et l'environnement), pensent instantanément... aux piscines de La Hague.
Missionnés par le bureau d'aide aux choix techniques et scientifiques (STOA) du Parlement européen, ils ont rédigé un rapport sur les rejets des usines nucléaires de La Hague et de Sellafield (Grande-Bretagne). Au lendemain de l'attentat du 11 Septembre, "peut-être par réflexe d'expertise citoyenne", dit aujourd'hui Yves Marignac, ils transgressent leur clause de confidentialité et rendent publique l'une des annexes de ce rapport. Une note qui tente justement d'évaluer les conséquences d'une chute d'avion de ligne sur l'une des quatre piscines de La Hague. Verdict : 66,7 fois Tchernobyl. La plus grande catastrophe nucléaire civile de tous les temps.
Tollé au gouvernement et dans le milieu nucléaire contre Wise-Paris. Anne Lauvergeon, qui dirige alors Areva, met en doute dans Paris Match le sérieux du rapport. "Wise, organisation antinucléaire notoire, a fait un calcul de coin de table." Les chercheurs de l'Institut de recherche et de sûreté du nucléaire (IRSN) - appui technique de l'Etat - sont mobilisés par le gouvernement pour démonter le rapport. Les experts établissent dans une note réservée à un cabinet ministériel que Wise s'est planté en dressant l'hypothèse qu'en cas de chute d'avion il serait libéré 100 % du césium 137, l'un des éléments radioactifs causant le plus de dégâts.
Selon eux, le relâchement ne dépasserait "probablement pas 10 %". Traduction, ce type d'accident n'excéderait que six à sept fois Tchernobyl... Si le gouvernement fait tout pour discréditer Wise-Paris, en coulisse la menace est prise au sérieux. Certains ministres en ont même des sueurs froides. A cette époque, le Vert Yves Cochet est ministre de l'Environnement. Il n'a toujours pas oublié l'épisode.
"Si un avion tombe sur les piscines de La Hague, avec les vents d'ouest qui ramènent toujours tout sur l'Ile-de-France, vous comme moi nous ne serons plus là pour en parler ! De plus, à l'époque, il faut se souvenir que dix jours après les attentats américains il y a eu l'explosion de l'usine AZF dont on ne savait pas, on ne sait toujours pas d'ailleurs, l'origine exacte. Même si nous ne sommes pas militaristes, on était un peu paranos", confesse aujourd'hui le député .
Quelques semaines après le 11 Septembre, un radar et des missiles Crotale antiaériens sont donc installés aux abords de l'usine nucléaire. Six mois plus tard, les coûteux missiles sont retirés. La direction de La Hague l'assure : "Il s'agissait d'une mesure d'urgence. Désormais, un dispositif pour le long terme a été mis en place." Lequel ? "Vous posez les bonnes questions, mais tout ce qui entoure La Hague est confidentiel, se contente de répondre le porte-parole du SGDSN. Si l'on vous répond, le niveau de sécurité pourrait en être affecté."
"Ce n'est pourtant pas compliqué, il faut construire une cathédrale de béton autour des piscines de La Hague. Ça fait plus de vingt ans que je le dis." L'homme qui propose cette solution a travaillé quinze ans dans ces piscines, il en a même dirigé la radioprotection. Ghislain Quetel n'a jamais compris comment un simple toit en tôle pouvait protéger l'équivalent de ce qu'il appelle "cent huit coeurs de réacteurs dormants". Ses alertes auprès de la direction ou des élus locaux ne lui ont valu que des reproches.
Mais depuis les images de Fukushima, une personnalité de poids s'est rajoutée dans le débat. Après avoir passé cinq jours le ventre noué devant son poste de télé, Jean-Paul Martin, ancien directeur adjoint de l'usine de La Hague et membre d'une association pronucléaire, le reconnaît : Fukushima l'a "personnellement ébranlé dans ses convictions". L'ingénieur, retraité du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), prend alors sa plume pour s'adresser au directeur de l'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) et à Nicolas Sarkozy.
Selon Martin, la priorité est de déconcentrer les dix mille tonnes de combustibles entreposées dans les quatre piscines de La Hague. Le 20 mai dernier, le chef de cabinet du président de la République lui a diplomatiquement répondu être "sensible à sa démarche".
"Ce que je crains dans un avion, ce sont les moteurs lancés à 400 km/h car ce n'est pas le bardage métallique des piscines qui va l'arrêter, poursuit l'ingénieur, qui a participé au cours de sa carrière à la conception de sept réacteurs nucléaires différents. Là, ce serait vraiment un véritable accident. De mon avis, ce serait un petit Fukushima et alors, on ne pourra pas envoyer les gens pour intervenir parce que ça va cracher (de la radioactivité) fort !"
Sous le toit métallique de la piscine D, qui en ce vendredi 9 septembre a le mérite de nous protéger de l'épaisse brume du dehors, le directeur de la communication de l'usine tourne les talons. Avant de quitter la zone verte, couleur indiquant qu'on ne peut circuler sans nos chaussures blanches de cuisiniers et nos combinaisons, on passe un check-point. Pas de sortie définitive sans un contrôle de la radioactivité des anneaux métalliques du carnet de notes et de notre appareil photo. On passe nos mains et nos chaussures dans des machines marron beige du capitaine Picard, et c'est le retour à l'air libre.
Avant de venir ici, nous avions fait un petit tour sur le net. Sur un site antinucléaire, une phrase curieuse avait attiré notre attention. "Un accident majeur a épargné l'Europe, uniquement par hasard [à La Hague en 1980 était-il précisé]." Son auteur, un certain Paul-Louis, affirmait l'avoir appris d'ingénieurs d'Areva devenus loquaces au cours d'une soirée bretonne un peu trop arrosée au calva. Après enquête, nous avons pu reconstituer le récit de cet incident. Et découvrir qu'à l'époque tout a été mis en oeuvre - avec succès - pour en dissimuler la cause réelle.
15 avril 1980, 8 h 35. "Tout d'un coup, toutes les lumières s'éteignent, relate Marc*, ouvrier à l'usine à cette époque. L'usine se retrouve plongée dans le noir et on voit en direct, juste en face de nous, le poste électrique qui commence à brûler." Branle-bas de combat. Le poste de moyenne tension s'enflamme et avec lui les générateurs de secours. Plus d'électricité sur l'ensemble de l'usine. C'est "une petite panique" et l'évacuation générale. Deux ans auparavant, lors d'une réunion du Comité d'hygiène et de sécurité (CHS), le directeur de l'usine avait reconnu qu'une situation de ce type correspondait à l'accident dit "de référence". Comprendre : le pire.
Il faut absolument trouver des générateurs de secours. Première urgence : les produits de fission très radioactifs, conservés dans des cuves. Dans quatre heures, ils commenceront à bouillir. Sans électricité, on ne les mélange plus, on ne les refroidit plus et on n'évacue plus l'hydrogène qu'ils fabriquent. C'est le risque d'explosion, puis la dispersion d'éléments hautement radioactifs, comme à Kychtym en 1957, troisième plus importante catastrophe nucléaire de l'histoire dissimulée alors par l'URSS.
Coup de chance : appelé en catastrophe, l'arsenal des sous-marins nucléaires de Cherbourg a un générateur de secours qu'il fait acheminer en une heure chrono. Cela ne suffit pas. En urgence, une entreprise métallurgique de Caen est mise à contribution. Nous ne sommes pas en période de grand froid comme en connaît souvent la presqu'île du Cotentin. Les routes ne sont pas enneigées, les générateurs arrivent avant l'heure critique.
Deux ans plus tard, la Cogema rend un rapport interne. Le document signale quelques contaminations sans importance et précise modestement : "Il a été impossible de trouver une explication complètement cohérente des causes de l'incendie." Par hasard, nous avons pu consulter trois originaux différents de ce rapport et constater que dans chaque exemplaire, les deux mêmes pages, 19 et 20, sont manquantes. Des employés de l'usine, situés alors à différents échelons de la hiérarchie, ont accepté, sous couvert d'anonymat, de nous révéler ce qui n'a pas été écrit dans le rapport officiel de l'incident destiné à l'Etat et à ses inspecteurs de l'époque.
Le jour de l'incident, le transformateur principal était en réparation. Une fois la maintenance achevée, l'un des trois employés présents ne respecte pas la procédure de sécurité. Il rétablit le courant de l'extérieur (90 000 volts) alors que le disjoncteur n'est pas en place et que ne sont pas retirées les "pieuvres", ces gros câbles de cuivre qu'on relie à la terre quand des personnels travaillent dans l'installation. L'électricité est rétablie mais débite alors vers la terre, toujours plus, "jusqu'à créer un jet de flammes", mime un ingénieur avec ses mains, pour montrer un diamètre de la taille d'un CD. "C'est un miracle que le type ne soit pas mort sur le coup." Tout brûle, l'usine ne maîtrise plus rien, c'est EDF qui coupe le courant vingt kilomètres en amont.
"A l'époque, c'était un secret de polichinelle dans l'usine mais rien n'a été inscrit dans le rapport d'incident. On a volontairement dissimulé une grosse connerie", s'étrangle encore un ancien employé très au fait de l'incident.
Selon lui, on ne voulait pas révéler "l'obsolescence du poste électrique alimenté par des lignes haute tension montées sur des pylônes en bois, c'est pour dire..." Mais pourquoi donc avoir couvert ainsi l'erreur d'un simple employé ? "Mais, mon bon monsieur, s'exclame un autre ancien de La Hague, le fait que l'erreur d'un seul homme puisse foutre en l'air toute l'électricité, y compris de secours, d'une installation nucléaire n'est même pas envisageable. C'est toute la hiérarchie qui saute instantanément ! L'erreur humaine n'est donc jamais apparue clairement dans aucun document." En douce, certains responsables de l'incendie ont tout de même été mis en retraite anticipée ou blâmés. Un ancien haut cadre de l'usine suggère même que l'éviction du directeur, un an plus tard, n'est pas tout à fait étrangère à cette histoire.
"C'est fou. Ça, c'est sûr que ce n'est pas dans les rapports de nos archives. C'est énorme." Dorothée Conte, inspectrice pour l'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), est étonnée par le mensonge de ce rapport officiel que nous lui révélons. Elle dirige l'un des deux services de l'ASN qui pilotent les inspections de La Hague. Théoriquement, la Cogema, l'exploitant de l'usine de La Hague, aurait dû informer l'ASN (ou plutôt son ancêtre de l'époque, le Service central de sûreté des installations nucléaires, SCSIN) de la gravité de l'erreur humaine qui a provoqué l'incendie. Car les retours d'expériences détaillés permettent à la sûreté nucléaire de tirer les enseignements qui évitent de répéter les incidents.
"En même temps, poursuit l'inspectrice, ce n'est pas si étonnant que cette dissimulation ait été possible. A l'époque, les inspecteurs n'étaient qu'une poignée, fondue dans un gros ministère pronucléaire. Ce qui dominait, alors, c'était le secret."
L'ASN nous assure que cet incident aurait été classé aujourd'hui "au minimum" au niveau 3 sur l'échelle internationale des événements nucléaires (l'Ines, qui compte sept niveaux et n'existait pas en 1980), soit "incident grave". Dernière marche avant l'accident nucléaire. Au bout du compte, l'exploitant de l'usine a tiré tout seul les leçons de l'incident. Tout a été repensé. Les lignes électriques de l'alimentation principale et de secours ont été mieux séparées ; de petits générateurs électriques de secours ont été ajoutés sur chaque installation. Et on a renforcé la formation du personnel du nouveau service de distribution électrique (appelé DI/PE).
En 2010, un choix industriel vient mettre à mal une partie de cet effort. La direction de La Hague annonce la privatisation de tout le secteur DI/PE, "l'externalisation, à la rigueur on peut dire la sous-traitance", corrige Roland Jacquet, le directeur adjoint de l'usine. Les employés de La Hague distribuant l'énergie vont devoir former les employés de la société Dalkia destinés à les remplacer. Cette soixantaine d'hommes de la distribution électrique, formés sur les cendres de l'incident de 1980, sont considérés par beaucoup d'employés comme le premier rempart contre les incidents, "le sang de l'usine", métaphorisent certains.
Quand le dimanche soir on a les mains dans le Pu (plutonium), raconte un ouvrier actuel de l'usine, un coup d'orage et toute l'usine est dans le black-out. Ça m'est déjà arrivé. Il n'y a pas que la lumière qui saute : il y a aussi la ventilation, les appareils qui contrôlent l'atmosphère et te disent si oui ou non tu peux respirer... Tout s'arrête. Toi, t'es dans le noir en scaphandre. Je peux te dire que là, ton sang quitte ton corps. Mais tu sais que, derrière, les mecs du DI/PE ils connaissent leur taf, et que dans les minutes qui viennent tu vas revoir apparaître les néons, les trucs vont se remettre en route, et ça n'a pas de prix, ça !"
Fait rare à La Hague, des ouvriers rédigent une pétition contre la privatisation. Elle recueille 1 500 signatures (sur 3 100 employés que compte le site, en plus de quelque 2 500 sous-traitants). Les syndicats FO et CGT ouvrent une procédure et font condamner le 5 juillet dernier la direction de La Hague devant le tribunal de grande instance de Paris. Prouvés par deux expertises différentes, "les risques psychosociaux" d'un tel changement sur une grande partie du personnel ont été jugés trop importants. La direction, qui fait appel, ne veut pas commenter une affaire en cours.
Comme le disait à la fin des années 90 Jean Syrota, pdg de la Cogema de 1988 à 1999, "le temps des pionniers est révolu ; le temps des gestionnaires est arrivé". Symboliquement, en novembre 2010, quand Jean-Louis Borloo quitte le ministère de l'Ecologie, les compétences nucléaires de son ministère sont transférées vers Bercy, qui assure désormais l'ensemble de la tutelle. Pour diminuer les charges, pour économiser encore, Areva privatise. Cela entraînera-t-il un moindre savoir-faire ? Le 2 août, des inspecteurs de l'ASN se sont offert une visite inopinée sur un chantier de l'usine de La Hague. Leur rapport d'inspection critique "la surveillance insuffisante de la part d'Areva (...) vis-à-vis du groupement momentané d'entreprises à qui le chantier a été confié".
Un chantier portant sur la réparation d'une colonne de dégazage. Ce qu'un actuel ouvrier de l'usine nous traduit, en son langage de vieux de la vieille : "Avant, en sûreté à l'usine, on faisait ceinture et bretelles. Maintenant, on ne fait plus que ceinture."
Geoffrey Le Guilcher (texte et photos)
*le prénom a été modifié |
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clark5901
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Publié le: Lun 04 Fév 2013, 7:22 Sujet du message: |
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