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[quote="Mik"][b]REJOINDRE LE POINT DE DEPART DE LA MANIFESTATION[/b] J’ai quitté le quartier de la Ganzau pour me diriger vers le centre-ville, le samedi 4 avril 2009 aux alentours de 9 heures du matin, en parfait indépendant non politisé et sans être affilié à aucun mouvement (je ne faisais pas partie du camp mais habite dans ses environs). Voulant tout d’abord rejoindre le tram à son terminus au Neuhof, je me suis rendu compte que tous les transports en commun de la ville avaient cessé de fonctionner pour ce jour. De très nombreux petits groupes avançaient à pied le long des rails du tram, j’ai finalement décidé de faire comme eux. En rejoignant finalement la mairie de la C.U.S. (Communauté Urbaine de Strasbourg) et souhaitant poursuivre par la rue de la première armée, je me rends compte que tous les ponts permettant d’accéder au centre ville sont bloqués par la police. Il faut prouver que l’on habite ou travaille dans cette zone. Pourtant nous ne sommes ni en zone rouge ni en zone orange. Un CRS me demande si j’ai sur moi une carte de l’UMP, sans quoi il ne me laissera pas passer (sur le ton de la plaisanterie). Redevenant sérieux, il me dit que la zone sera inaccessible jusqu’à la nuit. Je longe alors les anciens quais, le long de la nouvelle bibliothèque, de l’UGC Ciné Cité, et poursuis par la route du Rhin jusqu’à son croisement avec l’avenue Aristide Briand, autre chemin pour rejoindre le point de rendez-vous prévu au Port du Rhin. Les autres manifestants présents, un peu désorientés, font de même. Finalement, beaucoup de monde converge vers le croisement, pour constater que l’accès est bloqué au niveau du carrefour entre la route du Rhin, la route du Havre et la rue de Nantes, par un important dispositif policier, malgré les engagements préfectoraux assurant du libre passage. Des jeunes s'avancent vers les CRS et les interpellent, sans violence, mais ces derniers les accueillent avec des grenades lacrymogènes. Des affrontements s’en sont suivis pendant plus de deux heures. Puis la police a levée son barrage, laissant passer plusieurs milliers de manifestants ainsi que la totalité des éléments violents présents. Des personnes de ma famille, arrivées plus tard, n’ont par contre pas pu passer, la police ayant reconstitué le blocus, empêchant de nombreux autres manifestants de passer. Il n’y avait cette fois pas de personnes cherchant l’affrontement parmi eux. Nous sommes arrivés vers midi sur un très vaste terrain vague aménagé pour un meeting. Celui-ci débute avec l’intervention d’un parlementaire européen. Au dessus de lui, un hélicoptère fait du sur-place à basse altitude, soulevant un gros nuage de poussière. Je passe au moins une heure à faire la queue pour obtenir un sandwich et de l’eau. Derrière un mur en béton, on voit plusieurs colonnes de fumée noire s’élever dans le ciel. Je rejoins le pont de chemin de fer pour avoir une vue d’ensemble de la situation. Les « *Black Blocks », se détachant distinctement du reste des manifestants, affrontent la police au milieu du quartier en flammes. Contre toute logique, les hélicoptères interviennent en répandant du gaz lacrymogène sur… les manifestants pacifiques présents sur le terrain vague, essayant de construire une chaîne humaine afin de se démarquer des casseurs. Les policiers repoussent les curieux se trouvant derrière les grillages, avec des grenades assourdissantes. Il est intéressant de noter que la police est présente près de la rue Migneret, et que des renforts viennent d’arriver pour s’arrêter à hauteur de la voie de chemin de fer. Ces derniers ont donc réussi à traverser plusieurs kilomètres de foule compacte, mais pas les derniers 100 mètres les séparant du quartier en feu (la police a affirmée ne pas être en mesure de traverser la foule, ce qui est une excuse absurde pour n’importe quel observateur présent ce jour là). Manquant ainsi une très belle occasion d’encercler les casseurs, ils se mettent dans une situation tactique intenable et se feront éclater depuis le pont de chemin de fer, d’une façon magistrale (il n’y a pas d’autre mot). A partir du moment où nous avions passé le barrage de police au carrefour Route du Rhin / Rue de Nantes vers 12h30 (que les agents ont ouvert volontairement après plus de deux heures d'affrontements), je n'ai plus vu de forces de police au Port du Rhin jusqu'aux alentours de 14h, dans les parages du carrefour route du Rhin / rue Migueret - donc en retrait de l'hôtel Ibis-, chargeant et se repliant le long de la route du Rhin. A l'exception d'une colonne de forces de l'ordre (françaises j'imagine ? uniforme bleu) quittant Kehl pour le jardin des Deux-Rives via la grande passerelle grise parallèle au pont de l'Europe lorsque la douane à commencé à brûler (13h à 13h15). Lorsque la police a commencé à vouloir sécuriser les abords de l'hôtel Ibis en feu, elle s'est positionnée de façon à prendre les Black Blocks en tenaille. Mais au lieu d'aller au bout de leur logique et de les encercler, elle a mené quelques charges / replis et a tiré au milieu d'eux pour les disperser vers la foule. Je ne pourrais affirmer que la police aurait pu les interpeller FACILEMENT (car les jeunes casseurs couraient vite quand ils le voulaient), mais elle ne me semble même pas avoir essayé. Les photographes autour de moi avaient l'air de faire le même constat, avec des réflexions envers les policiers du type "Mais qu'est ce qu'ils font ? Ils sont cons ?" [b]LA MANIFESTATION JUSQU'A LA SOURICIERE[/b] Le cortège se met en branle, emprunte la route du Petit Rhin, jusqu’à la rue du Grand Pont. De nouveaux affrontements entre les Black Blocs et la police ont lieu à cet endroit. Les CRS font usage de ce que j’ai tout d’abord pris pour des canons à eau, mais il devait plutôt s’agir de gaz lacrymogène ou autre produit chimique, répandant une eau mousseuse dans les rigoles. Un pacifiste s’interroge avec ses amis : [i]« Est-ce que quelqu’un est chimiste ? » [/i] Ce dispositif repousse finalement tout le monde, en une foule très compacte, vers la « Souricière » rue Coulaux. A noter, des altercations entre manifestants pacifistes et casseurs, au niveau de la poste et de l’arrêt de bus attenant. Les Black Blocs déplacent deux wagons de marchandise, pour les mettre en travers de la route. Je retrouve par hasard des amis à l’avant du cortège. Contrairement à ce que j’ai entendu dire, il n’y avait aucun casseur à ce moment, et pas d’affrontements. Un homme prend le micro sur le camion de la CGT et tente de calmer les gens, qui commencent à paniquer. Il évoque des négociations avec la police, puis organise les manifestants pacifiques en chaînes humaines. Les Black Blocks déferlent alors d’un coup, escaladent le talus et la voie de chemin de fer, et attaquent la police en contrebas. Cette dernière les repousse à coup de grenades à gaz, puis prend pied sur le talus. C’est à ce moment que la situation dérape, du fait de la police. Je vais faire attention d’être très précis sur ce qui va suivre. Les Black Blocks se sont repliés, majoritairement SUR LA DROITE des policiers, assouvissant leur besoin névrotique de construire une barricade de peu d'utilité. Au même moment, on assiste à une scène surréaliste où les policiers ouvrent le feu sur le groupe compact des pacifistes situé SUR LEUR GAUCHE avec toutes les armes dont ils disposent. Ils tirent des grenades lacrymogènes, non pas au dessus, mais directement dans la foule, qui comprend des personnes âgées et même des enfants (au mépris de leurs règles d’engagements). Idem avec grenades assourdissantes et flash-balls. Des gens sont touchés de plein fouet à côté de moi, je manque de trébucher sur eux. Quelqu’un hurle de faire attention, car la police lance des trucs sur nous ! Tout le monde panique au milieu des gaz, et ce mouvement de foule finit par enfoncer les grillages (en bois et en métal) de deux entreprises. Au moment de ces faits, il n’était pas possible de confondre les casseurs avec les pacifistes, lesquels formaient un bloc immobile entouré de chaînes humaines, dans le but justement de se distinguer des Black Blocks. Les faits ont de plus été abondamment filmés, et les vidéos se retrouvent sur le net (notamment les CRS caillassant les manifestants). Mon sentiment est que la police, lasse de se faire attaquer par les casseurs, a passé sa frustration sur la foule pacifique pour se venger, dans une sorte de démonstration de virilité imbécile (car je n’ose imaginer qu’ils aient reçu l’ordre d’agir de la sorte...) Ces pacifistes se sont ensuite crus obligés d’évacuer les lieux les mains en l’air, devant des CRS hilares, et parfois sous leurs invectives… La manifestation étant, de fait, terminée, les gens commençaient à rentrer chez eux, prenant la direction de la route du Havre. Les CRS, jugeant que ceux qui fermaient la marche n’avançaient pas assez vite, leurs lançaient des grenades lacrymogènes et soniques dans les jambes pour qu’ils accélèrent leur marche (sans la moindre provocation justifiant ces tirs). Le débat s’est par la suite instauré en ces termes : y avait il ou non assez de policiers à Strasbourg ? Selon moi, la question serait plutôt : se trouvaient-ils au bon endroit ? et surtout, ont-ils eu un comportement adapté à la situation, ou ont-ils contribués à amplifier le désordre ? [b]L'OPERATION DE CONTROLE AUX ABORDS DU VILLAGE ANTI OTAN[/b] Le lendemain (dimanche 5 avril 2009), le camp anti-OTAN de la Ganzau a été bouclé par les forces de l’ordre, et est survolé en permanence par un à deux hélicoptères. Les voitures, les sacs sont fouillés. Les jeunes sont filmés, ainsi que leurs affaires et cartes d’identités. Une vaste opération de contrôle, très impressionnante. A ceci près que… La police n’arrive que vers 10h30 à 11h. Sur le camp, on dit que les Black Blocks ne sont jamais revenus au camp après les manifestations d’hier. Cela dit, si l’un d’eux avait par exemple voulu revenir dire adieu à sa copine, il aurait eu toute sa soirée de samedi, la nuit, et le dimanche matin avec elle, avant de s’esquiver tranquillement. En tant que résident, j’ai pu traverser les barrages à plusieurs reprises. Et discuter avec un habitant des environ qui faisait de même, bien que m’ayant avoué être en possession d’un couteau… Ces barrages ont été disposés dans tout le quartier du Stockfeld, mais rien du côté de la forêt ni d’Illkirch. Des résidents, lassés des provocations des hélicoptères, et du récit du comportement de la police qu’en faisaient les jeunes anti-otan assez inquiets, ainsi que de toute cette ambiance devenue réellement malsaine, en ont aidé certains à quitter les lieux en évitant les contrôles. A noter que d'autres, armés de leurs plans de Strasbourg, ont pu faire de même sans aide. Les échos que j’ai eus à propos de ces contrôles sont assez édifiants, mais n’en ayant pas été directement témoin, je ne les évoquerai toutefois pas ici. J'invite par contre ceux ayant vécu quelque chose de manifestement abusif à se manifester. S’agissant de se constituer une base de donnée d’identité de manifestants anti otan, la méthode employée aurait été excellente. Par contre, pour mettre la main sur des casseurs, elle apparaît quand même très approximative…[/quote]
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Message
Christophe
Publié le: Lun 20 Avr 2009, 2:04
Sujet du message:
Strasbourg : l’incroyable impunité des casseurs
Samedi soir, après la manifestation monstre anti-OTAN qui a eu lieu à Strasbourg, la victoire est totale pour Sarkozy et ses alliés de circonstance, les casseurs, présents en masse. La manifestation prévue n’avait aucune chance de pouvoir se dérouler.
Il faut reconnaître ses défaites et c’en était une samedi pour le Mouvement pacifiste, inaudible tant la journée s’est déroulée dans un désordre indescriptible. Pas une seule fois le cortège n’a pu se former. Pas une seule fois le programme prévu par les organisateurs n’a pu se dérouler. Pas une seule fois au cours de la journée le cortège n’a eu l’occasion de se constituer, chaque débandade devant une charge policière en suivant une autre... Une heure avant le départ du cortège, celui-ci était déjà coupé en deux et les casseurs affrontaient déjà (durement) les policiers. Un peu plus tard, le concert s’interrompait à cause d’un envoi de gaz lacrymogènes particulièrement vigoureux à proximité ; mais les casseurs, présents partout, attaquèrent pendant l’échappée des camions de CRS progressant en sens inverse, provoquant une nouvelle riposte policière et une débandade dans la débandade... À 13 heure, heure de départ théorique, le cortège n’existait pas, une partie des gens cherchant les leurs, l’autre partie observant la mise à sac et parfois à feu du mobilier urbain et de bâtiments (hôtel, pharmacie, poste de douane, câbles du tramway, etc.). Parfois, une banderole suivie d’une poignée de militants marchait en suivant l’itinéraire prévu, dans le bon sens, mais c’était somme toute rare et très insolite. Devant un décor de guerre, je vois un couple de militants assis : la femme pleure. L’après-midi ne fut qu’une succession d’échappées devant les charges policières, le cortège déplaçant avec lui les casseurs qui n’arrêtaient une action que pour en démarrer une autre et qui n’ont pas laissé une minute de répit aux policiers et aux manifestants de toute la journée. Des casseurs visiblement préparés, organisés et déterminés, quasiment professionnels.
À 16 heure, dégoûté, je quitte le cortège en me demandant ce que je fais là, « quitter » étant un bien grand mot car la souricière était hermétiquement close. Je désapprouve la violence ; je n’ai pas le pouvoir d’y mettre fin mais j’ai par contre celui de ne pas m’en infliger le spectacle. De mon petit refuge qui se révélera plus tard bien fragile, je vois l’hôtel Ibis brûler jusqu’au toit et le cortège passer dans un sens ou dans l’autre, parfois dans la précipitation, tandis que le canon à gaz lacrymogène tonne.
L’action des casseurs servant les intérêts du pouvoir, il était compréhensible que la police n’essaye pas de l’arrêter, ou si peu, mais les forces « de l’ordre » n’en ont dès lors plus que le nom... La police s’appliqua par contre à réprimer indistinctement les manifestants : selon des témoignages directs et indirects recueillis sur place, canon à eau, flash-ball et tazer furent utilisés contre des manifestants non-violents, parfois les mains en l’air (sic). Il est vrai que les casseurs étant vêtus de noir et ayant leur visage dissimulé, il n’était pas facile de les reconnaître...
Je m’attendais à des casseurs avant, après ou à côté du défilé mais certainement pas dedans. Le concept est formidable car d’une part cela justifie de brimer les manifestants dans leur ensemble, et d’autre part parce que les militants n’ont aucune parade. Lorsque la personne à côté de vous tombe d’un coup de tazer, vous courez ! Toute discipline vole en éclat. Les militants n’ont pas la vocation ni les moyens de se substituer à la police dans sa mission de maintien de l’ordre, surtout face à des casseurs aussi nombreux. L’absence de tentative pour arrêter les casseurs suggère qu’il y avait un ordre de laisser dégénérer, et non une mauvaise organisation policière. D’ailleurs, les forces « de l’ordre » étaient invisibles, sauf les barrages de CRS bien sûr. Si Sarkozy estime qu’un manifestant est un sous-citoyen qui ne mérite pas d’être protégé (ni la banlieue défavorisée de Strasbourg), une nouvelle ère de brutalité s’ouvre pour les opposants politiques et le Mouvement pacifiste doit s’y adapter, par exemple en privilégiant d’autres formes d’action comme les forums et les conférences. Sa participation à une journée comme celle de samedi a peu de chances d’éclairer le public sur les enjeux liés à l’OTAN et de gagner son soutien. Il y avait peu de place à Strasbourg pour la rencontre, le débat et l’échange, les manifestants n’étant que du bétail promené ici et là à coups de gaz lacrymogène.
Le nombre des interpellations samedi, 25 selon le chiffre qui circulait samedi soir, est dérisoire et conforme à la quasi absence d’initiative policière observée sur le terrain. La déclaration de Nicolas Sarkozy selon laquelle il souhaite que « les casseurs soient punis avec la plus extrême sévérité » est rien moins que l’exact opposé de ses actes.
Yves Ducourneau, le dimanche 5 avril 2009
PS : C’est devenu un jeu : sur toutes mes photos il y a des cagoules noires, y compris lorsque je ne cherchais pas en particulier à les photographier. Vous aussi, jouez à les compter dans l’image ci-dessus !
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=54164
Christophe
Publié le: Dim 19 Avr 2009, 15:04
Sujet du message:
Merci Julien pour ta video !
http://www.youtube.com/watch?v=XxG9-rnpfRc
As-tu vu, avant l'incendie de l'hotel, les jets de lacrymos et de grenades éclairantes qui auraient été faits d'hélicoptère sur l'hotel ?
julienstras
Publié le: Dim 19 Avr 2009, 13:35
Sujet du message:
julienstras
je confirme que la police était présente avant l'incendie de l'hotel Ibis rue coulaux: on le voit clairement à partir de la 4e minute de la vidéo.A ce moment, il n'y a qu'une barricade enflammée sur la rue, constituée de mobilier pris au rez de chausée de l'hotel.
mais la police dépase largement cette rue et pousse jusqu à l'avenue du pont de l'europe min:5'10".
la question est :comment les black blocs ont ils pu revenir incendier l'hotel, alors qu'à priori cette position était tenue par les crs?
Il est totalement évident que la police a joué au chat et la souris afin d'attiser les black blocs, et ce au détriment de la sécurité des pacifistes, allant juqu'à les gazer et les caillasser dans la meme foulée.
voici le lien de la vidéo où l'on voit les crs lancer du caillou sur les pacifistes:
http://www.youtube.com/watch?v=1UIEYkTWf80
j.sicard
Publié le: Mar 14 Avr 2009, 15:40
Sujet du message: temoignage strasbourg
Je faisais partie du déplacement du Mouvement de la Paix 13 à Strasbourg. Partis en car vendredi 3/4 à minuit, nous ne sommes arrivés à pied d'oeuvre que
le samedi, guère avant 13h: nous avons été contraints de monter jusqu'à Nancy (autoroute directe fermée) pour redescendre sur Strasbourg et contourner
la ville par des routes secondaires car le rendez-vous pour la manif anti-Otan était dans le Sud.
Nous nous sommes retrouvés sur une assez vaste esplanade de rassemblement (auparavant nous avions pu apercevoir les quartiers du centre-ville bouclés
entièrement déserts: véhicules et piétons).
Partout (fin du trajet et ville) les forces de l'ordre, parfois allemandes, étaient très présentes.
Pendant que certains d'entre nous, en attendant la manif à 15h, s'installaient sous des arbres, moi, curieux, je suis allé me promener tranquillement: un incendie
à 500m m'intriguait. Parvenu sur place, à l'entrée du pont de Kehl, j'ai vu ce que j'ai pris pour une station service désaffectée dévastée par le feu. Le pont
où l'on pouvait voir les restes d'un affrontement (barricades fumantes, éléments de grenades lacrymogènes...) était interdit à partir de sa moitié par un épais
cordon de policiers allemands soutenus par des canons à eau, de petits chars avec des projecteurs allumés...A leurs pieds une 12aine de jeunes manifestaient allongés
face contre terre et autour de nombreux photographes.
Je suis revenu sur mes pas: un petit centre commercial avec une pharmacie brûlait; je ne l'avais pas vu à l'aller. Puis ça été le tour d'un hôtel Ibis. j'ai pris
sans peine de nombreuses photos. A l'approche de 15h, 2 à 300 "autonomes" (garçons et quelques filles) s'étaient regroupés sous les arbres, face aux CRS qui protégeaient maintenant l'Ibis. J'ai voulu les photographier (les blacks blocks), ils m'ont menacé. Je suis revenu vers l'esplanade, où la manif s'était mise en route.
J'ai rejoint la tête de cortège, tenue par le Mouvement de la Paix: un cortège coloré, bon enfant, joyeux? pas sûr. Le pont Vauban, je crois, qui ramène vers
le centre, était cette fois bouclé: grille métallique de 3m de haut et derrière véhicules, canons à eau et des 10aines et des 10aines de CRS suréquipés. Alors
que le barrage était infranchissable, sauf individuellement, et qu'une petite escouade aurait suffit à empêcher toute velléité de passage. Un seul civil a
sauté par dessus le bout de la rembarde du pont et...s'est rapidement fondu au milieu de ses collègues.
Après à peine quelques centaines de mètres, la manif a été stoppée par un cordon de CRS. J'étais devant, j'ai pris des photos; et puis face à cette volonté
évidente de nous empêcher de seulement défiler alors que nous étions pacifiques, je me suis présenté "plus que désarmé" face aux forces de l'ordre, et après quelques hésitations, la manif s'est remise lentement en marche. Pour être encore stoppée 300m plus loin; nous n'avions même pas droit au parcours qui avait
été négocié. Nous étions à l'entrée d'un passage sous voie ferrée, plus loin l'hôtel Ibis sur lequel les pompiers intervenaient (je ne les ai pas vus sur la pharmacie).
Après une demi-heure d'attente et de palabres, on nous avait promis de pouvoir repartir. Mais ça s'éternisait. A l'arrière les manifestants se faisaient gazer; à l'avant les autononomes qui nous avaient rejoints, voulaient passer et il s'en est suivi des bousculades entre nous. Quand nous avons pu repartir, ils ont investi
la voie ferrée en surplomb et ont lancé une grêle de pierres sur les CRS (avec le ballast, ce n'est pas les munitions qui manquaient). Ces derniers ont reculé brièvement et puis, pour montrer qu'ils étaient maîtres du terrain, ils ont inondé la manifestation, prisonnière, de lacrymogènes. Après un petit quart d'heure, la camionnette du Mouvement de la Paix, sur le plateau de laquelle avaient pris place les plus anciens, s'est dégagée à tout allure. Des manifestants s'égaillaient
dans tous les sens le long d'un canal du port autonome ou sur le chemin (sans issue?) qui longeait la voie ferrée.
Mais il fallait que force reste à la loi. Alors la camionnette, isolée, a été gazée délibérément puis encerclée par les CRS. Nous étions une 20aine autour, mains
en l'air. Les CRS pourchassaient les fuyards.
Des journalistes casqués ont pris des photos de notre désarroi, France Infos a recueilli la colère de C. Lecoq, dénonçant le déni de démocratie que constituait
l'impossibilité de manifester pacifiquement, alors que des petits casseurs avaient été lontemps libres d'agir. Ce qui permettait de discréditer notre mouvement.
Le reste des manifestants a battu en retraite vers la rue du Havre où nous devions retrouver nos cars, mais 5h plus tard. Il a même fallu négocier cette
évacuation.
PS: hélas, 3 fois hélas, mais c'est toujours comme ça: les photos les plus parlantes que j'ai prises à la fin (caillassage des CRS, gazage de la manif, reddition
autour de la camionnette, intervention de Catherine) sont ratées, la carte mémoire était pleine!
JP Ranoux
Publié le: Lun 13 Avr 2009, 19:43
Sujet du message:
Nous étions présents, ma femme Christine et moi le 4 avril à Strasbourg.
Nous avons vécu les même avatars que décrivent les témoins de cet évènement. Blocage en RFA, surprise de découvrir la grande pauvreté du quartier que les autorités ont livré de façon délibérée à la violence annoncée.
Ensuite, puisque nous sommes arrivés après la première charge des Blacks Blocs, nous avons pu constater de suite que la manifestation, totalement désorganisée, était dirigée par les autorités droit dans un cul de sac. Nous n'avons pas pu comprendre comment, alors que nous n'avons pu accéder à la manif qu'en franchissant un cordon de CRS (qui nous ont laissés passer) , les casseurs que nous avions laissés derrière nous, au bord du Rhin, ont pu remonter pour se retrouver au milieu des manifestants pacifistes, et pacifiques. Il est a signaler que la plupart ne brillaient ni par leur courage ni par leurs convictions, le but étant d'agresser la police et se cacher ensuite au milieu des manifestants. Il est a signaler également que nous aurions pu les empêcher de nuire si nous avions simplement été plus nombreux à participer au service d'ordre improvisé. Ceci dit non pas pour stigmatiser ceux qui ont craint pour leur intégrité physique, mais pour remarquer que ce que quelques manifestants armés simplement de leur conscience étaient capables de faire, un corps armé et entrainé l'aurait réalisé sans peine. Mais nous n'en avons vu aucune tentative.
Jean-Pierre et Christine Ranoux : Chenôve 21
Christophe
Publié le: Jeu 09 Avr 2009, 12:44
Sujet du message:
voici un autre témoignage de ma part, suite à la vidéo du site
bellaciao indiquée précédemment.
---------
J'habite le quartier du Neuhof. J'ai vu le dimanche 5 avril 09 des
personnes qui, après avoir été contrôlées minutieusement en sortant du
campement autogéré, se sont retrouvées à errer durant des heures dans
le quartier, refoulées de barrages en barrages où elles étaient à
chaque fois contrôlées. "On ne passe pas". Demi tour. Au suivant : "On
ne passe pas". Il y avait à chaque carrefour stratégique un barrage et
nombre de voitures banalisées circulaient dans les rues adjacentes.
Elles ne pouvaient ni rejoindre la gare, leurs bus, ou les routes pour
repartir chez elles.
Je suppose que les jeunes de ce moment précis ont eu la chance de
pouvoir avancer qq peu, puisqu'il y avait la presse...
Tous les opposants à l'Otan se sont trouvés en difficultés, à un
moment ou à un autre.
Le samedi 4, ayant réussi à sortir indemne de la souricière, j'ai vu
un groupe de japonais venus pour les conférences internationales du
contre-sommet les 3 et 5 avril au Lixenbuhl à Illkirch, assis sur le
bas-côté quelque part au mileu de la rue du Havre, ne pouvant plus
marcher (et pour atterrir où ?), empêchés par les barrages de police
de rejoindre leur hôtel.
Pour ceux qui ne connaissent pas Strasbourg, cette route, longue comme
un jour sans pain, dans la zone industrielle du port autonome est un
mans land qui dessert habituellement le trafic international,
interdite de circulation ce jour-là.
Comme organisateur, vous connaissez ces japonais. Je n'ai pas pu
entrer en contact avec eux sur cette rue du Havre (ne parlant pas
l'anglais), au sortir du piège qui avait été tendu aux manifestants.
Je dis bien piège, car c'est la très désagréable impression que nous
avons eu mon époux et moi, au départ de la manif, parking Dessaix. La
foule, gazée par hélicoptère, s'est repliée sur le côté et il n'y a
que 2 issues dans cette "cuvette". Celle derrière le podium voyait
arriver les personnes qui attendaient à l'extérieur, gazées elles
aussi, en même temps que nous. La manif est partie par la sortie sur
la route du Rhin, sortie très étroite pour laisser passer des milliers
de personnes. Les plus jeunes et lestes ont dévalé le talus. Puis il
faut passer sous le pont de chemin de fer. Goulot d'étranglement.
J'ai réalisé que nous vivions l'impensable.
A la hauteur du pont de chemin de fer, nous avons croisé un véhicule
blanc en sens inverse, que nous avons tout d'abord prit pour une
ambulance, ignorants ce qui se passait derrère nous. Il aurait été
difficile à tout secours de pouvoir passer rapidement à ce moment-là.
Impensable.
Sur la route du Havre qui se prolonge par la rue de la Rochelle, nous
avons croisé des personnes qui étaient venues de Normandie, de Savoie,
et d'ailleurs, et qui marchaient, marchaient, dont un père avec son
bébé dans le dos, ignorant totalement où elles étaient et le nombre de
kms qu'il leur faudrait faire pour rejoindre l'agglomération par la
première issue libre, celle du Neuhof ! rue du Bauergrund. Elles ne
pouvaient rejoindre leurs autocars garés pour certains rue d'Orbey, à
Neudorf, empêchés de passer par les deux seules voies possibles par
les compagnies de CRS.
Cette rue du Bauergrund est empruntée d'ordinaire par les
strasbourgeois du quartier sud pour aller à la déchetterie de l'usine
d'incinération du département !!!
J'aurais encore bcp à dire. Je vais essayer de faire le point dans ma
tête qui a été abrutie par le survol des hélicoptères des jours durant
et par la présence policière plus que massive, contrairement à ce qui
avait été affirmé par les autorités lors de la réunion publique
d'information.
Merci d'exister.
Mireille K.
Christophe
Publié le: Jeu 09 Avr 2009, 12:29
Sujet du message:
11 STEPHANOIS DANS UNE MANIF PACIFIQUE QUI TOURNE EN VRAI PARCOURS DU COMBATTANT
A 5h15, place A Thomas, départ en voitures de 11 stéphanois, pour Lyon où un car nous attend. Nous arrivons un peu avant 6h, et après un accueil sympa des copains lyonnais du Mouvement de la Paix, nous montons dans leur car et en route pour la manif du contre sommet de l’OTAN, à Strasbourg.
A environ 50 km de Strasbourg, commence le parcours du combattant des manifestants stéphanois et lyonnais. L’autoroute A35 est bloquée par un dispositif policier, donc traversée du Haut et Bas-Rhin par les villes et les villages. Aux abords de l’aéroport de Colmar des VBL (Véhicules Blindés Légers) de l’armée sont disposés en épi. A de nombreux carrefours, des voitures de police avec des effectifs parfois imposants stationnent.
A 11km de Strasbourg le car est à nouveau détourné, une boucle qui rallonge de 34km, nous croisons un long convoi de CRS dans leurs fourgons. L’entrée dans Strasbourg est canalisée par les blocages policiers, il est environ 12h nous roulons au rythme des feus tricolores, en bord de ville, le centre étant en état de siège. A 13h passée, nous arrivons au Parc de l’étoile où le car restera garé. Petit casse-croûte rapide et sympa sur la pelouse ou des policiers viennent nous demander, gentiment, si nous comptons rester longtemps et, direction le lieu de départ de la manif qui n’est pas tout près.
La banderole faite main du mouvement de la paix est déployée, elle est belle avec son message de paix surmonté de la colombe. La consigne des responsables c’est de rester groupés le plus possible pour faciliter le retour au car prévu à 17h30. Nous longeons un canal, au fur et à mesure de notre progression nous sommes frappés par le déploiement incroyable de forces policières, en matériels comme en hommes, c’est impressionnant ! Dans le ciel bleu une épaisse colonne de fumée noire nous fait dire que nous approchons du lieu de ralliement, nous supposons que ce sont peut-être des pneus qui brûlent, cela ne doit pas être très grave, on n’entend pas de sirène de pompiers. Pourtant nous croisons des personnes qui semblent faire demi tour, nous accostons un couple de jeunes, effectivement ils s’en retournent, la manif serait annulée, de plus le dispositif policier les inquiète. Nous continuons d’avancer, nous nous engageons sur un pont pour traverser le canal, un rang de CRS casqués et boucliers aux pieds ferment les ¾ de la route, nous passons.
Dans le ciel un ballet incessant d’hélicoptères. Nous croisons toujours des personnes en sens inverse, cette fois nous reconnaissons Marie Georges Buffet, Claude Debons (je crois) et d’autres personnalités du Front de Gauche qui nous informent que ce qui est entrain de se passer est loin d’être sympa et que si nous continuons d’avancer nous devons être prudents. Banderole aux poings nous avançons, une seconde colonne de fumée noircit le ciel, il semble que ce sont des immeubles qui brûlent, nous sommes choqués par la tournure que prennent les événements. Des barrières, un cordon de CRS et des voitures de police empêchent d’accéder au trajet prévu pour la manif et le lieu de jonction avec les manifestants d’outre-Rhin L’annulation de la manif est confirmée. De plus, l’incendie fait rage , des flammes s’élèvent haut. On entend seulement maintenant, l’arrivée d’un véhicule de pompiers. Nous faisons demi tour. A un croisement nous trouvons un camion du Mouvement de la Paix qui invite les pacifistes présents, à se regrouper pour défiler sur un trajet de contournement. Du coup, nous nous trouvons en tête de manif, rejoins bientôt par le gros des manifestants.
Le défilé s’ébranle et grossit. Une manifestation pacifique et bon enfant, majoritairement jeune, où se côtoient des gens de nationalités différentes. Chacun, organisé ou non organisé, exprime à sa façon sa volonté d’un monde de paix, son pourquoi il est là. Près de nous, un jeune homme porte un chapeau de paille fleuri certains ont des fleurs dans les cheveux ou à la main. Une jeune fille, toute frêle , vêtue de vert tient dans sa main un tournesol, elle est belle, quel symbole de paix à elle seule !
Des pancartes et des banderoles multiples portent des messages de paix ou d’opposition à l’OTAN qui reste une alliance militaire et non une force de paix, certaines sont écrites en langues étrangères. Des manifestants arborent sur leur veste des macarons PAIX ou NON A L’OTAN, certains même en ont complètement couvert leur polo. Des drapeaux flottent au vent et colorent la manif, ils se côtoient nombreux, des PACE aux couleurs de l’arc en ciel, des bleus du Mouvement de la Paix, des rouges de la CGT, du PCF, du Parti de Gauche, des roses des Femmes Solidaires plus tous ceux d’organisations ou associations étrangères. Un camion débâché diffuse de la musique, des jeunes gens danses sur la plate-forme, d’autres véhicules émettent des slogans, des messages politiques ou des informations sur le déroulement des événements.
En permanence les hélicoptères tournent au dessus de la manif. Eux, de là haut, peuvent faire une estimation du nombre de manifestants qui sont restés mobilisés malgré tout ce qui a été fait pour déstabiliser et fragmenter la manif initialement prévue. Pour nous il est difficile de faire une estimation mais nous sommes sûrement plusieurs milliers.
Brusquement, la marche stoppe, nous nous trouvons entre, d’un côté des habitations de l’autre une zone industrielle et devant nous, un tunnel sous une voie ferrée dont le sommet est investi par des CRS. Le camion du mouvement de la paix nous invite à faire un seating que nous faisons bien volontiers.
Durant le parcours plus ou moins chaotique, notre groupe s’est dispersé, nous ne sommes plus qu’une dizaine autour de notre banderole dont 4 stéphanois. Tranquillement assis ou couchés sur le sac à dos, les gens discutent ou écoutent les divers messages d’informations. Nous apprenons ainsi que des cordons de CRS ont pris les manifestants en étau, nous ne pouvons plus avancer ou reculer et que des responsables du Mouvement de la Paix vont aller négocier la sortie par le tunnel. L’attente commence.
Par le témoignage d’une habitante du quartier populaire Port-du-Rhin, là où s’est déclaré l’incendie, nous apprenons qu’il ravage un hôtel, une pharmacie, l’ancien local des douanes, qu’il a fallut évacuer le HLM tout proche et que la population locale est très en colère. Elle ne comprend pas pourquoi les pompiers ont mis aussi longtemps pour arriver sur les lieux. C’est ce que nous même avions constaté.
Le temps passe on commence à sentir la pression monter malgré les appels au calme émanant du camion, l’attente commence à être ressenti comme une provocation policière. Un jeune homme, la tête couverte d’un bandage ensanglanté explique qu’il s’était juste avancé vers le cordon de police, bras levés et qu’ils l’on frappé.
Enfin on nous annonce que le passage est négocié. Effectivement les policiers évacuent le sommet du tunnel. Brusquement, en un clin d’œil, une nuée de personnes, relativement jeunes émerge de la manif et escalade le terre-plein pour accéder à la voie ferrée. Ils tournent le dos aux manifestants et lancent des projectiles vraisemblablement en direction des forces de l’ordre.
Un cordon de manifestants se forme pour essayer d’empêcher d’autres jeunes casseurs qui se faufilent entre les manifestants, de se propulser au sommet du tunnel pour en découdre aussi, mais en vain. Des fusées éclairantes rouges fusent dans le ciel certainement pour signaler le point chaud et appeler des renforts policiers. La tension est de plus en palpable malgré les appels au calme renouvelés.
Aussi vite qu’ils étaient montés, ils sont redescendus sous une pluie de bombes à gaz lacrymogène et se sont fondus dans la foule de manifestants, poursuivis par les « forces de l’ordre ». Un fort mouvement de foule nous a alors propulsé vers les barrières grillagés d’une entreprise, les jets de bombes à gaz lacrymogène continuaient de tomber, une est venue éclater à nos pieds. Pour certains d’entre nous, c’était le baptême du feu, nous faisions connaissance avec les brûlures dans la poitrine et les yeux. Malgré les voix rassurantes qui s’élevaient pour appeler à ne pas céder à la panique, de se protéger le nez ou d’éviter de respirer, la peur s’empare de soi. De plus, la bousculade qui continue nous a collé contre la barrière de l’entreprise, le repli dans la fumée est limité. Nous avançons le long du grillage, pliés en deux par les effets du gaz, les yeux inondés de larmes. La peur est toujours là, pas une peur qui fait dire « qu’est-ce que je fais dans cette galère » mais une peur qui, après le souffle court et les larmes, fait relever la tête et crier « que s’il le faut demain, je serais encore là ! ».Au milieu de la débandade, nous perdons de vue les autres, nous nous retrouvons 3 stéphanois.
Rapidement, mais on ne sait comment, des manifestants réussissent à démonter un pan de la barrière grillagée de la cour de l’entreprise. On se précipite vers ce trou d’air mais le répit est de courte durée. Des jeunes s’emparent des palettes de bois empilées dans la cour et forment des barricades. L’angoisse qu’elles soient incendiées nous a fait nous éloigner rapidement et quitter la cour par une autre ouverture de fortune. Nous avons repris la route tout en zigzaguant pour éviter les jets de bombes qui continuaient à tomber et à nous enfumer. Quand nous avons atteint le cordon de CRS à l’opposé de la nasse, ils venaient d’entrouvrir le blocage et les manifestants commençaient à passer, mains levées. Même si la tension était toujours là, nous étions sortis du piège.
Au fur et à mesure que nous avancions, nous retrouvions avec plaisir d’autres copains. Ensemble nous nous sommes dirigés vers un pont pour passer sur l’autre rive en direction du car, nous commencions à respirer. Mais les forces de l’ordre en bloquaient le passage avec leurs véhicules à plateau grillagé qui formaient un mur. Nous avons patienté un moment pensant que la manif se disloquant les barrages se lèveraient. En même temps nous récupérions à nouveau des camarades qui arrivaient eux aussi. Puis nous avons vu sur le pont plus bas, que des manifestants commençaient à circuler donc nous nous sommes avancés et à notre tour, avons passé le pont . Plus loin, nous avons croisé un groupe de jeunes allemands tranquillement assis, en train de manger une soupe qui fleurait bon les poireaux. On se serait cru à la soupe populaire.
Nous n’étions toujours pas sortis de l’auberge car un nouveau barrage policier nous attendait plus bas, nous avons décidé de faire une halte, récupérant toujours un peu plus de copains. Des camarades on essayé de savoir auprès des forces de police si le blocus allait être levé et dans le cas contraire comment sortir pour rejoindre notre car. Mais les policiers n’étaient pas du coin et n’avaient pas non plus, l’ordre de plier bagages. Ca et là nous avons essayer de savoir si un passage était envisageable plus loin, il s’est avéré qu’à 6km environs on pourrait probablement sortir. Ce qui voulait dire 6km jusqu’au passage et autant à remonter en parallèle pour être dans l’axe de stationnement du car.
Le téléphone portable a permis de rester en contact avec certains camarades sans pouvoir toutefois se rejoindre par méconnaissance des lieux. Par contre quelques uns avaient réussi à regagner le car en passant par une voie ferrée mais ils n’ont pas su nous expliquer comment. Nous étions une majorité encore, bloquée, nous nous trouvions à la hauteur d’un ensemble de petits jardins ouvriers. Un cordon de CRS casqués, boucliers aux pieds, empêchaient l’éventuelle escalade de clôtures pour sortir du blocus dans lequel d’une manière ou d’une autre ils nous contenaient. Paradoxalement, un jardinier bêchait tranquillement son carré de jardin.
Nous avons repris la marche tout en sachant que nous nous éloignions du lieu du car. Nous n’avions pas d’autre choix que de continuer par là où les forces de l’ordre nous canalisaient. Nous avons longé les jardins ouvriers et une petite voie ferrée pendant quelques minutes, les CRS n’étaient plus en vue. Nous avons remarqué des manifestants qui enjambaient les plates-formes de wagons stationnés sur la petite voie et s’engageaient ensuite dans un passage entre des jardins. Sans savoir si nous allions déboucher, sans embûche, sur une vraie sortie, nous avons, pour certains, rampé sous les wagons, pour d’autres passés par dessus la plate-forme en nous aidant mutuellement, puis nous avons suivi le passage jusqu’au portail ouvert de l’entrée des jardins.
Nous sommes remontés de rues en rues avec l’aide d’une camarade lyonnaise qui avait habité Strasbourg, nous
avons débouché sur le bd Jean Jaurès, on se rapprochait. les kilomètres commençaient à peser sur les jambes et les pieds. Quelques rues encore et nous avons retrouvé le car au Parc de l’Etoile. Le parcours du combattant s’arrêtait là.
Avec du retard, mais tous, sans plaie ni bosse, nous nous sommes installés dans le car. Quelques minutes encore pour faire l’appel et nous avons repris le chemin du retour, chacun racontant ce qu’il avait vécu, comment il l’avait vécu. Pour les stéphanois l’arrivée dans nos pénates s’est concrétisée vers 2h du matin.
Pour beaucoup d’entre nous cette journée anti-OTAN du 4 avril restera dans la mémoire. La journée a été rude, notre droit à manifester a été violé, pressions, répression, intimidations, provocations ont jalonné le parcours de la manifestation et contribuées aux violences. Mais le plus grave, c’est que la France a maintenant quitté la place particulière qu’elle tenait au sein de l’Alliance atlantique pour retourner dans le bercail du commandement intégré de l’OTAN.
necro
Publié le: Mer 08 Avr 2009, 23:19
Sujet du message: Témoignage de Nancy
Parti de Nancy en bus à 10h20, le samedi 4 Avril, pour rejoindre la manifestation à Strasbourg qui devait partir à 13h, nous sommes arrivés au point le plus proche possible du départ de la manifestation à 14h10 après avoir fait 280km (au lieu des 156 km prévus). De nombreux détours orchestrés par les forces de police ont rendu très difficile notre arrivée au point fixé et c'est la principale raison du peu de monde à la manifestation : le dispositif policier rendait quasiment impossible l'arrivée et nous y sommes arrivés grâce à des téléphones portables et des personnes qui étaient déjà arrivées depuis vendredi.
Après la descente du bus, nous sommes informés par les policiers que nous pouvons passer mais qu'il nous sera impossible de repasser dans l'autre sens.
Après avoir passé ce contrôle, nous avons vu garées à gauche une vingtaine de véhicules de CRS et une dizaine de véhicules de pompiers
Les pompiers qui ne bougent pas
. Nous avons donc croisé 150 à 200 CRS, ainsi que des tanks à eau des forces de l'ordre, qui étaient immobilisés sans raison apparente et moitié de pompiers. Nous avons marché vers le point de départ de la manifestation et nous avons vu une très importante fumée noire que nous apercevions depuis le bus c'est à dire depuis plusieurs kilomètres (4 – 5 km) et de longues minutes (10 – 15 minutes). Nous nous sommes dirigés vers le départ de la manifestation : la rue était large et dégagée
route non emcomrée
. Nous sommes passés devant la station service dont les vitres étaient cassées mais personne n'était à l'intérieur, pas de CRS devant, alors qu'il y avait encore beaucoup de produits dedans. Personne ne pillait cette station ouverte à ce moment là, la station n'a jamais été la cible des flammes.
A 14h30, nous sommes arrivés à proximité de l'hôtel Ibis. A ce moment là, il n'y avait qu'une petite partie de l'hôtel en flamme : le côté de l'entrée du bas jusqu'au toit. Nous nous sommes dirigés vers le parking où la manifestation commençait à partir. Nous avons vu au bout de la rue, devant et à côté de l'hôtel des CRS, il n'y avait alors plus d'affrontements mais des bombes lacrymogènes étaient lancées. Aucune barricade ne bloquait l'accès à l'hôtel.
C'est vers 14h45 que nous avons entendu et vu la première voiture de pompier, c'est à dire environ 45 minutes après que nous ayons vu les premières fumées. A 15h15, toute le cortège était au pont de Kehl, près du port autonome.
Nous rappelons qu'entre le point d'entrée avec les CRS et les pompiers et l'hôtel Ibis, il y avait environ 1km que nous avons fait lentement, sur une route bloquée à la circulation avec peu de monde et donc en 2 minutes, les pompiers et les CRS avaient pu aller vers l'hôtel Ibis.
Nous ne comprenons pas la non intervention de environ 150 à 200 CRS et une centaine de pompiers qui n'avaient aucune fonction à l'endroit où ils se trouvaient alors qu'à 1km, un hôtel brulait et qu'à 500m, une station service avait ses vitres cassées.
Par la suite, je suis me approché du lieu de l'incendie entre 18h10 et 18h45. Lors de mon arrivée sur les lieux, l'hôtel brulait toujours et il n'y avait aucun pompier, juste les tuyaux des pompiers abandonnés versant leur eau sur la route
hotel en flammes
. Je me suis ensuite dirigé vers le pont de l'Europe (frontière franco – allemande) et j'ai pu observer à ma droite la présence de 2 compagnies de CRS qui attendaient alors qu'une compagnie quittait le parc en direction du centre ville. Sur le pont de l'Europe j'ai pu observer un dispositif policier très important de l'ordre d'une ou deux dizaine de compagnie de policiers allemands, avec des équipements permettant de projeter de l'eau à peine 50 mètres de la douane brulée. A ce moment j'ai vu les pompier arriver sur les lieux de l'hôtel ibis en feu. Il est environ 18h30. Je repasserais devant l'hôtel à 18h45, pour voir 3 camions de pompier de lutte contre l'incendie avec une dizaine de pompier en train de mettre leurs vêtements ignifugés, mais toujours pas,au bout d'un quart d'heure de présence sur les lieux, en train d'essayer d'éteindre l'incendie.
Les pompiers au bout d'un quart d'heure
Jackie, Violaine et Vincent
Christophe
Publié le: Mer 08 Avr 2009, 16:25
Sujet du message:
mardi 7 avril 2009
Michèle Alliot-Marie a menti...
DES HOMMES EN NOIR AVAIENT REUSSI A FAIRE AVORTER LA GRANDE MANIFESTATION ANTI OTAN A STRASBOURG,
MICHELE ALLIOT-MARIE A MENTI…
Article de Rouge Midi
Que s’est il passé à Strasbourg ? En dehors du sommet vu et revu (en direct sur deux chaînes à la fois !), d’une manifestation perturbée par des personnes cagoulées, d’un hôtel en feu, il n’y a rien eu d’autres ? Les violences (annoncées !) étaient inévitables ou souhaitées en haut lieu ? Rouge Midi était sur place au cœur de la ville, du contre sommet et de la manifestation. Reportage photos en suivant.
Au cœur de Strasbourg
Beaucoup moins médiatisé que le sommet de l’OTAN (et pour cause !), se tenait à Strasbourg du 1er au 5 avril le contre-sommet initié par le collectif OTAN-Afghanistan.
Outre la manifestation du 4 avril, du 1er (et même avant) au 5 avril inclus se sont succédés débats, rencontres, conférence internationale…
Une ville en état de siège
On a beau être prévenus, lorsqu’on arrive à Strasbourg, on est frappés de l’atmosphère que fait régner sur la ville l’ensemble des dispositions prises à l’occasion de ce 60ème sommet. A 3 jours du sommet, dès la gare, la présence policière, fait passer le plan vigie pirate en cours ailleurs, pour une plaisanterie à côté de ce qui est mis en œuvre ici qui a démarré le 20 mars et est allé crescendo. Qu’on en juge :
Côté français 10 000 policiers et militaires (peut être bien plus ?) dans toutes sortes de véhicules (et même à cheval !) souvent harnachés comme pour une guerre de tranchée et qui contrôlent à tour de bras
au moins autant sans doute côté allemand,
des batteries lance missiles sur les collines qui entourent la ville,
écoles et administrations fermées (l’université, elle, est fermée depuis le début de la semaine),
des hélicoptères qui volent (ou stationnent ce qui est encore mieux pour les oreilles) en permanence à basse altitude au dessus de la ville
des avions de chasse,
des plongeurs qui ont inspecté fleuves et canaux interdits à la circulation
le centre ville (y compris la cathédrale haut lieu touristique strasbourgeois) interdit les 3 et 4 avril aux piétons et par moments même aux habitants !
une population qui soit est partie, soit se terre ce qui donne à Strasbourg un air de ville morte
des commerces qui ont fermé et couvert leur vitrine de contreplaqué…et on oublie !
La population, elle, n’en revient pas. Partout les mêmes propos d’incompréhension et de désapprobation.
Propos croisés :
Une restauratrice au centre ville « Ils en sont restés à la guerre froide, c’est vraiment exagéré ! D’ordinaire je fais deux services [la salle a 45 places et nous ne sommes que 8 NDR] Strasbourg est une ville morte depuis une semaine. Obama il vient avec 850 personnes, ils ont pris tout l’hôtel Hilton et comme si ça ne suffisait pas ils ont fait changer tout le mobilier car le style ne convenait pas au président. C’est Roche Bobois qui a prêté les meubles pour les deux jours ! Sa femme et madame Sarkozy ont prévu d’aller voir la cathédrale et son horloge astronomique qui carillonne à 12h 30. Personne ne sait régler le carillon et elles voulaient faire changer l’heure parce qu’elles passeront vers 11h !!! Vous vous rendez compte ce sommet ça coûte 50 millions d’euros !!Il y a vraiment un fossé qui grandit entre les riches et les pauvres. Et puis qu’est ce que ça veut dire de travailler plus ? On va passer toute sa vie au travail ? On est revenus au temps des rois ! »
Un intérimaire dans un café :« J’ai voté Sarkozy, je croyais qu’il allait apporter du changement mais là…Travailler plus pour gagner plus ils nous prennent pour des idiots »
Un enseignant : « Zone rouge, zone orange, on ne peut plus circuler ! Mes élèves sont contents parce qu’il n’y a pas d’école , ce sont les seuls qui soient satisfaits dans cette ville. 35 km de barrières, des barbelés, des contrôles…Hier je rentrais chez moi un policier m’a demandé pourquoi faire ! » Et on pourrait allonger la liste : un pharmacien qui ne sait pas s’il pourra venir travailler en fin de semaine, un autre restaurateur qui parle d’état de guerre, un marchand d’articles de sport « c’est oppressant »…bref une ville en état de siège et une population qui, à la quasi unanimité, n’approuve pas. Les avocats strasbourgeois ont d’ailleurs porté plainte pour atteinte à la liberté de circulation. Le talon de fer de l’OTAN est à l’œuvre.
Le contre-sommet
Pendant que les tenants de l’alliance militaire de l’empire s’affairent, les opposants et en particulier le collectif OTAN-Afghanistan et le collectif anti OTAN de Strasbourg, s’activent. Depuis janvier en prévision de cette date, les initiatives se sont multipliées à travers l’hexagone. A Strasbourg même, c’est avec un jour d’avance sur le programme que dès le 31 mars une conférence sur les armes au plutonium se tient. Le mercredi 1er avril le village autogéré, lieu d’accueil des pacifistes venus en particulier des pays membres de l’OTAN, ouvre ses portes et se remplit jour après jour.
Difficile de donner une liste de toutes les rencontres et débats. Nous n’en retiendront qu’une parce que la plus emblématique et la plus grande : la conférence internationale qui s’est tenue les 3 et 5 avril et sur laquelle les médias ont presque tous fait silence.
En accueillant les participants à la conférence Reiner Braun (Allemagne) explique à une salle déjà pleine que nombre de participants prévus sont encore bloqués par la police et dénonce les fauteurs d’incidents qui ont agi dès l’ouverture du contre-sommet le mercredi 1er avril dans des conditions plus que douteuses :« Nous avons des vidéos qui prouvent que les incidents ont été voulus, planifiés à l’avance et se sont déroulés avec la complicité des forces de police ! ». Puis la conférence démarre. La séance plénière est suivie d’une 20aine d’ateliers qui vont se succéder toutes les deux heures dans les différents lieux mis à disposition du centre sportif d’Illkirch, au sud de Strasbourg.
Il est évidemment impossible de tout rapporter ici. Nous reviendrons d’ailleurs ultérieurement sur certains témoignages. Extraits de quelques interventions choisies :
Sophie ZAFARI – FSU – France « …Argument de l’existence de l’OTAN : la lutte contre le terrorisme et le « choc des civilisations » a remplacé la lutte contre le bloc soviétique de la l’époque de la guerre froide.
La guerre, élément structurel du capitalisme : Elle garantit la sécurité des investissements capitalistes ; les budgets militaires ont augmenté de 45% en 10 ans, et le budget militaire actuel est très supérieur à celui du temps de la guerre froide.
La guerre a toujours été une issue aux grandes crises économiques La question de l’accès aux ressources est de plus en aigu : La crise financière génère des complications autres qu’économiques et sociales : elles sont d’ordre géopolitique à cause de l’accès aux ressources, les états dominants voulant imposer leurs droits et maintenir le pillage des ressources, provoquant des conflits graves entre pays (émeutes de la faim...) C’est la raison pour laquelle le sommet de l’OTAN a lieu en même temps que le G20.
Logique de libéralisation des marchés : exploitation des travailleurs et de la nature, privatisation de tous les secteurs. Retour de la France dans l’OTAN, occasion pour grands groupes de gagner des parts de marché dans l’économie de guerre. La crise et ses bouleversements géopolitiques génèrent une fuite en avant militariste. Lutte sociale et combat pour la paix sont intimement liés. »
Phyllis BENNIS (USA) qui fait une intervention très intéressante sur le positionnement et la nouvelle stratégie des pacifistes américains depuis l’élection d’Obama « On avait rencontré Obama alors qu’il était candidat. A nos demandes il avait répondu : Il faut que vous descendiez dans la rue pour m’obliger à le faire.
Maintenant qu’il est élu c’est ce que nous voulons faire : descendre toujours plus nombreux dans la rue, changer l’opinion publique, ce qui créera les circonstances politiques qui l’obligeront à faire un bon choix en politique étrangère….
B O a dit « Nous ne pourrons pas régler le problème Afghan seulement avec les militaires, mais avec la diplomatie et le développement ».
C’est la même chose pour la Palestine où il faut mettre fin à l’apartheid.
Mais nous constatons que engagement militaire n’a pas diminué, et qu’il est impossible de mener de front diplomatie et engagement militaire. La guerre en IRAK a été engagée sur un mensonge, il y a de + en + de violences et l’occupation américaine y a mis fin à des siècles de coexistence pacifique entre populations. Aujourd’hui les quartiers sont isolés les uns des autres et les groupes de populations ont été utilisés les uns contre les autres. Ce n’est pas de la diplomatie. En Afghanistan s’il n’y a de pas de retrait des troupes, il y aura développement du mouvement taliban. ».
Jan Tamas République Tchèque : « les socio démocrates nous ont trompés et sont entrés dans l’OTAN sans référendum comme ils s’y étaient engagés…Une marche mondiale pour la paix et la non violence partira de Wellington en Nouvelle-Zélande, le 2 octobre 2009, journée dite "Journée Internationale de la Non-violence" par les Nations Unies et date anniversaire de la naissance de Gandhi. Elle se terminera à Punta de Vacas en Argentine, près du plus haut sommet argentin de la Cordillère des Andes, le 2 janvier 2010. Durant ces 90 jours, elle parcourra plus de 90 pays et 100 villes, à travers les cinq continents. »
Parmi les ateliers de l’après midi, deux ont eu plus particulièrement de succès celui sur la Palestine et celui sur OTAN, UE et traité de Lisbonne. Dans ce dernier le représentant du CAEUC d’Irlande se taille un joli succès ; Il explique comment les relations entre OTAN et UE sont de plus en plus étroites. Comment les actions contre la piraterie maritime ne sont en fait que des opérations visant à sécuriser l’acheminement des matières premières. Il rend hommage à Chypre qui résiste à l’OTAN et fait le constat qu’avec l’Irlande, Chypre est le seul pays sous occupation coloniale. Il termine en disant sous les applaudissements que les irlandais, dont 4 millions d’entre doivent s’attendre à une baisse de 10% de leurs revenus, n’accepterons pas le traité de Lisbonne sur lequel ils doivent revoter.
Une autre intervenante fait observer que si la Georgie avait intégré l’OTAN nous serions tous en guerre contre la Russie.
Enfin dans le débat avec la salle un participant fait observer que le choix n’est pas entre OTAN ou défense européenne commune (ce qui reviendrait à accepter une force internationale d’intervention), mais à s’en tenir strictement au concept de défense nationale.
Une autre conclura en rappelant que l’autorité et la légitimité doivent être rendues à l’ONU. La journée se termine. Il faut rentrer à pied en suivant les rails du tramway à travers les rues désertes…
La journée du 4 avril
Dès 1heure du matin le quartier du Pont de l’Europe, ce fameux pont qui traverse la frontière entre la France et l’Allemagne, est réveillé par la mise en place, de part et d’autre de la rue, de barrières destinées à protéger le cortège des chefs d’état. Suit, à partir de 3h un convoi qui roule, près d’une heure durant, composé de camions, de cars de toutes formes et dimensions, d’engins de guerre…
Au matin la paisible route du Rhin est métamorphosée : barrières gardées par un policier tous les 10 mètres, route coupée où circulent seulement de temps à autres des voitures aux vitres noires encadrées de véhicules de police, voie ferrée (qui la surplombe) barrée et gardée par des policiers en armes, hélicoptères encore plus nombreux que les jours précédents, tireurs d’élite sur les toits, bref nous sommes en sécurité. Les clients de l’hôtel Formule 1 prennent leur café sur la terrasse, à deux pas des barrières, abasourdis.
Vers 11h les présidents qui sont allés se saluer sur le pont dans un scénario digne de Voici reviennent en limousine pour se rendre à la salle du sommet. Le dispositif s’allège, l’heure de la manifestation approche.
En contrebas de la route et de l’autre côté de celle-ci, juste en face des deux hôtels (IBIS et Formule1) se trouve une grande esplanade de terre, le jardin des deux rives, lieu du rendez vous de départ de la manifestation. C’est là que doivent se succéder les prises de paroles d’avant manif. Nous sommes environ 30 000 et nous apprenons que 10 000 manifestants allemands qui devaient venir nous rejoindre sont encore bloqués de l’autre côté de la frontière, en fait ils ne pourront pas le faire. Rapidement le climat se tend pour deux raisons.
200 personnages tout habillés de noir, cagoulés, souvent porteurs de masques à gaz et de lunettes de chantier font irruption avec des sacs à dos qui ont tout l’air de transporter autre chose que des sandwichs
2 hélicoptères stationnent au dessus du rassemblement à si basse altitude que d’une part on a du mal à entendre les discours et d’autres les pales des hélices soulèvent la poussière de l’esplanade rendant l’atmosphère irrespirable. Drôle de manière d’aider au calme…
A ce moment là 3 groupes d’une vingtaine « d’hommes en noir » (la plupart sont des allemands très jeunes à ce qu’on a pu en juger) quittent très tranquillement le rassemblement et remontent sur la route pour aller s’en prendre à un poste de douane et aux deux hôtels. La police, qui contrairement à ce qu’a déclaré Michelle Alliot Marie, a tout loisir d’intervenir ne le fait pas. Le poste de douane brûle, puis c’est le tour de l’hôtel IBIS, ils tentent de s’en prendre au Formule 1 mais ils ne peuvent rentrer bien qu’ayant brisé les vitres de l’entrée. Le patron appelle la police. La réponse est incroyable : « On ne peut pas intervenir sauf s’il y a des blessés ! » Où sont donc passés tous les policiers du matin ? Sur les 10 000 hommes annoncés à Strasbourg nous n’en verrons tout au long de la manif qu’au maximum une centaine…
Quand enfin les policiers interviennent, ils se limitent à envoyer des grenades lacrymogènes sans effet sur les casseurs puisqu’ils sont protégés mais par contre très efficaces contre les manifestants qui eux ne le sont pas.
Le meeting est abrégé et, contrainte et forcée, la manif part dans le sens opposé à celui prévu. Le cortège part dans le calme jusqu’à un pont SNCF où la police nous bloque pendant de longues minutes pendant qu’à l’arrière elle charge des gens, toujours les mêmes, venus l’affronter à coups de jets de pierres. Là encore la réplique ce sont les lacrymogènes avec le même résultat que sur l’esplanade. Nous sommes pris au piège. Malgré un cordon spontané de service d’ordre, une cinquantaine de ces hommes en noir, dépasse la manif, grimpe jusqu’à la voie SNCF et jette des pierres sur les policiers sur la route en contrebas de l’autre côté de la voie, en ayant l’avantage de la hauteur. Nouveaux lacrymogènes ce coup-ci carrément sur les manifestants.
Il faut tout le sang froid du camion sono de tête (merci la CGT du Bas Rhin) pour que la manif puisse se dégager sur le côté et revenir à son point de départ sans dommage en se disant que police et « hommes en noirs » ont réussi à gâcher l’initiative.
Les dégâts nous n’y reviendront pas, la presse en parle largement. Revenus au Formule 1 nous voyons que le feu a repris à l’IBIS voisin…et qu’aucun pompier n’est là pour l’éteindre malgré les appels répétés de tout le quartier. Ce n’est qu’au bout de deux heures que les pompiers reviennent éteindre les dernières flammes du toit qui commençaient à manquer de combustible.
Dans la cité voisine les jeunes ont empêché les « hommes en noir » de s’en prendre au centre commercial en leur disant « ici c’est chez nous, allez vous en prendre aux chefs d’états pas à nous ». Comme quoi ces actions n’avaient rien à voir avec une quelconque révolte sociale. Mais on s’en serait doutés…
Dans le taxi bondé et ralenti par les nombreux barrages, où comme dans toute la ville la conversation tourne autour de l’attitude des autorités et des ordres donnés aux policiers, une passagère s’interroge (faussement) naïvement : « Mais les policiers sont en principe chargés d’assurer la sécurité des personnes ? » Réponse instantanée du chauffeur :« Mais c’est ce qu’ils ont fait, ils ont protégés Obama et Sarkozy »
Source
Christophe
Publié le: Mer 08 Avr 2009, 13:37
Sujet du message:
D'autres témoignages sur le site du Monde :
Manifestation anti-OTAN à Strasbourg : "Les CRS ont laissé faire les casseurs"
* Hypocrisie certaine, par Arnaud E.
Pour l'avoir vécu de l'intérieur, il me semble aberrant de croire que les forces de l'ordre aient fait leur maximum pour empêcher les dérapages les plus violents. En comparant l'heure de mes photos, j'ai constaté que les mises à sac et autres incendies ont démarré aux environs de 14 heures. Or les compagnies de CRS n'ont, elles, investi les lieux pour rediriger la foule et la cantonner dans l'espace prévu à cet effet qu'une bonne heure plus tard. Durant tout ce temps, des hélicoptères quadrillaient la zone et ont eu tout le loisir de signaler les événements en cours, sans compter les ex-"RG" évidemment présents. Qui plus est, la vitesse d'intervention des forces de l'ordre ne laisse aucun doute sur leur capacité à reprendre la zone selon leur bon vouloir : il ne leur aura en effet fallu qu'un peu moins de 10 minutes pour la sécuriser (ce qui n'est pas étonnant vu l'arsenal de guerre à leur disposition). La question reste ouverte quant au "pourquoi", mais le constat d'une faillite dans le maintien de l'ordre est à mon sens irréfutable. Concernant les casseurs, le constat est pour moi mitigé. D'une part, il est clair qu'ils ne représentent qu'une faible portion non représentative des manifestants (extrémistes anarchistes et autres jeunes casseurs échaudés étant, par exemple, moins nombreux que les "clowns" satiriques), et de l'autre coté, j'ai été surpris de constater le laxisme ambiant qui laisse la corde libre à ces branches marginales qui pourrissent l'image d'une contestation réfléchie.
* Manipulation policière, par Frédéric R.
Je suis allé à Strasbourg en parfait autonome : je ne suis affilié à aucun courant, parti etc. Pour moi, c'est assez simple : nous avons été bloqués alors que nous devions rejoindre le point de départ de la manifestation. Les lacrymogènes et bombes assourdissantes nous sont tombés dessus, alors même que les "casseurs" n'étaient pas encore sur place (en effet, les différents groupes marchaient séparément en direction du champ de foire). Ils sont arrivés après et ont saisi l'occasion d'affronter les forces de l'ordre. Pour nous autres, c'étaient consternation et questionnement. Pourquoi ne pouvons-nous pas passer et pourquoi nous faisons-nous gazer ? Nous avons compris plus tard : en laissant le quartier du Rhin sans aucune protection, il s'agissait de livrer le quartier aux Blacks Blocks [NDLR : groupes violents souvent présents dans les manifestations altermondialistes] et autres, afin d'en tirer les images que vous avez tous vues, afin de mettre un terme à la manifestation (en légitimant la répression). Comme vous le savez sûrement, les pompiers et les services d'ordres ont attendu très longtemps pour intervenir. Les incendies auraient pu être rapidement circonscrits s'il y avait eu une quelconque volonté.
Dans le jargon, nous appelons cela un "contre-feu" : il s'agit d'allumer un feu pour en canaliser ou en prévenir un autre bien plus important. Mission accomplie. Mais la liberté d'expression des milliers de pacifistes a été bafouée.
* Police vs Blacks Blocks, par David S.
Avant toute chose, les bâtiments incendiés auraient pu être évités : les CRS ont laissé faire les casseurs. Ils étaient présents, puisqu'ils nous ont chargés dans le jardin des Deux-Rives. Les casseurs, au lieu d'être en marge de la manifestation, s'y sont lâchement mêlés, prenant ainsi les manifestants en otage. Devant, nous ne pouvions plus avancer, et derrière, les CRS envoyaient des lachrymos, ce qui forcait les manifestants pacifistes à avancer, et à s'agglutiner. Si bien que nous nous sommes retrouvés pris en étau, sans moyen ni d'avancer ni de reculer. Les CRS continuaient d'envoyer des lachrymos sur une foule de plus en plus compacte, au mépris de la sécurité de tous, sans se demander ce que donnerait un mouvement de foule. Des manifestants pacifistes ont formé une chaîne humaine, au cas où les CRS attaquent. Ils se sont fait tirer des lachrymos directement dessus, et cela ne m'étonnerait pas qu'il y ait eu quelques blessés. Nous avons finalement pu sortir, les mains en l'air, comme si nous avions fait quelque chose de mal (la veille, des CRS nous avaient quand même dit que le droit à la manifestation n'était pas un droit !), les CRS ne se privant pas pour tirer à nouveau sur nous, bien que nous nous soyons "rendus". Bref, au final, des casseurs mêlés à la manifestation, des flics qui n'ont pas d'esprit civique et qui tirent sur tout le monde, sans se soucier de la sécurité. N. Sarkozy est arrivé à ses objectifs : il ne voulait pas de manifestation, il n'y en a pas eu.
* Qui terrorise ? par Christophe
L'organisation laissait à désirer. Le point de départ était épars, des manifestants partout (sur le terrain vague devant la scène mais aussi plus haut, devant le pont de l'Europe...) Le cortège n'est pas parti à l'heure. Les forces de l'ordre ont provoqué la colère des manifestants à plusieurs reprises. Un hélicoptère descendait très bas pour soulever la poussière au-dessus de groupes de manifestants manifestement pacifiques, alors que pendant ce temps de la fumée s'élevait au loin (au niveau du poste de douane).
* les CRS n'ont pas réagi assez tôt par Bruno L.
(...) Durant tout le cortège, que j'ai passé vers l'avant, les Black Blocks ne se sont mêlés au cortège que de courts instants, s'en servant comme d'un lieu de repli lors des charges de CRS. A un moment donné, nous avons cherché à les bloquer en formant une chaîne humaine, mais nous avons été frappés, puis débordés. Les CRS n'ont pas réagi assez tôt, avant le départ du cortège, lorsque les casseurs n'étaient pas encore mélangés au reste des troupes. Ensuite, il était trop tard. J'ai fini par sortir en négociant avec les CRS...
* Un terrrain de jeu pour casseurs par Thibault V.
13 heures. l'accès s'ouvre enfin et la cohorte des manifestants se dirige maintenant vers le jardin des deux rives et le quartier de l'Europe, où des animations ont été mises en place pour les accueillir. A la surprise générale, aucun dispositif policier n'était en place, sur un périmètre pouvant pourtant accueillir plusieurs dizaines de milliers de personnes. Un sentiment particulier a envahi la foule. On se trouvait sur un terrain de jeu pour casseurs, où tout leur était permis... Même la police allemande, placée à 30 mètres de la douane du pont de l'Europe, n'a pas bougé alors que les casseurs l'incendiaient.
15 heures. La manifestation officielle, totalement perturbée, se dirige vers le nouveau parcours. Les pompiers arrivent enfin sur les lieux des incendies, et des affrontements très violents opposent alors la police aux casseurs. Tout le monde est alors enfermé sur ces lieux et est alors gazé et flashballé (y compris personnes âgées, enfants et handicapés). Etait-ce voulu de la part des autorités ? De ce point de vue interne, le doute n'a que peu de place..
* Les vrais pacifistes entravés à la fois par la police et les casseurs, par Valentin B.
(...) La police dès le début a donc entravé la marche pacifique, mais aussi, plus loin, l'arrivée des services d'ordre qui auraient pu maîtriser ou isoler les casseurs plus efficacement que nous, simples militants. La police a attendu que la situation s'envenime lors de l'incendie, avant d'intervenir, alors que les hélicoptères ne cessaient de passer. Elle n'a de plus pas déployé ses forces pour arrêter les éléments violents, qui étaient presque toujours séparés du cortège, puisqu'ils restaient aux endroits où la police était présente, alors que le cortège tentait de continuer à avancer sans eux, sauf quand le cortège s'est retrouvé coincé avec les casseurs dans la rue du Port-du-Rhin. Je me permets donc de communiquer mon profond sentiment d'injustice et de peur.
* Inadmissible par Eric E.
J'habite juste à côté du quartier du Port-du-Rhin. Ces deux dernières semaines la présence policière était extrêmement présente, avec notamment un rétablissement des contrôles à l'ancienne douane qui créait des bouchons monstres pour aller vers Kehl en Allemagne. Des camions de gendarmerie étaient postés à tous les carrefours dans le quartier, voire même des camions de l'armée juste en bas de chez moi.
Samedi, à peine la rencontre sur le pont des Deux-Rives terminée, plus une seule camionette bleue de visible, tout le monde est parti. Plus personne pour protéger les habitants de la déferlante sauvage qui a tout ravagé. Côté allemand par contre, un gros effectif de la police bloquait les casseurs d'après les chaînes allemandes. Comment se fait-il que sur 10 000 policiers aucun n'était présent au bon moment ? Strasbourg doit-il compter sur la Polizei allemande pour la protéger ? Je trouve inadmissible que les forces de l'ordre se soient totalement désintéressées de la population à ce point ! Un scandale ! Et que l'on ne dise pas que la police ne pouvait être partout, car pour faire retirer les drapeaux "Pace" sur les balcons de la ville, les effectifs policiers étaient visiblement suffisants...
Christophe
Publié le: Mer 08 Avr 2009, 13:21
Sujet du message:
Lettre adressée au maire de Strasbourg
Monsieur le Maire
Je me permets de vous répondre puisque vous vous êtes donné la peine d’écrire aux citoyens qui vous ont élu et que vous administrez.
Je tiens à vous remercier pour la tenue du sommet de l’OTAN dans notre belle ville oisive. Car en premier lieu celui ci nous aura fait bénéficier d’au moins deux jours de congé obligatoires. Autoroutes coupées, écoles fermées et services de garde tant vantés par nos dirigeants inexistants, tout nous incitait à continuer à ne pas travailler les 3 et 4 avril. Il était d’ailleurs totalement inutile de se baser sur les informations données par le service mis en place par la ville (le numéro vert) puisqu’au dernier moment les autorités ont décidé de modifier ce que bon leur semblait.
Habitant à quelques centaines de mètres du Conseil de l’Europe et du Palais des droits de l’homme, j’ai apprécié par ailleurs des mesures de sécurité peut-être un rien excessives, une attitude étonnamment autoritaire (mais selon quelle autorité) des services « d’ordre public » transformées pour l’occasion en milices de protection du pouvoir.
Je tiens également à saluer ceux qui auront fait enlever les drapeaux de la paix dont certains opposants à la politique de l’OTAN décoraient leurs balcons. Dans la ville du Palais des droits de l’homme, nous donnons des leçons au monde mais ne permettons pas d’afficher ses opinions sur son balcon. Ce n’est donc pas seulement l’espace public qui nous aura été confisqué pendant une semaine, c’est aussi nos espaces privés.
Mais le plus grave c’est de constater à quel point nos espaces de réflexion, d’opinion et d’expression auront aussi été malmenés. Tout d’abord la politique de la peur menée par les différentes polices me semble indigne d’un pays comme le nôtre. Menaces, intimidations, incivilités, provocations autour du « Village », ces dernières auront donc tout fait pour dissuader le citoyen de manifester son désaccord. Les opposants globalement pacifistes se seront vus soumis à des contrôles d’identité parfois musclés, souvent abusifs (un air « jeune alter-mondialiste » ou le port d’un message anti Otan sur soi suffit-il à justifier un contrôle ?), refuser leur liberté de circuler sans raison (dans des zones ni rouge ni orange)… pendant les jours précédant la manifestation pour se retrouver pris en otages entre casseurs et CRS le samedi et ce, pour un bon moment, puisqu’il était rigoureusement impossible de quitter la manifestation. Alors que le matin même, il y avait une concentration importante de forces de police à la frontière, celles ci avaient disparu l’après midi, laissant la voie libre aux extrémistes pour mettre le feu à cette zone qu’il n’était plus besoin de sécuriser puisque personne d’importance n’y habite. Ceux que le terrorisme policier n’auront pas découragé – parmi lesquels enfants et personnes âgées contraints ce jour là d’escalader murs et barrières qui les prenaient au piège – y réfléchiront à deux fois avant de revenir manifester.
Et je ne parle pas des manifestants bloqués du côté ville du Pont d’Anvers, des bus d’opposants bloqués, des allemands interdits de passage de l’autre côté de la frontière, des images de CRS jetant des pierres sur de simples manifestants (voir
http://www.dailymotion.com/feeld
). J’ai assisté en direct au laisser faire des autorités policières. Cette violence était programmée, souhaitée, favorisée par le gouvernement. Après ce que j'ai vécu hier, on ne me fera pas croire qu'avec les moyens à leur disposition les forces de l’ordre ne pouvaient contenir ces jeunes en noir très visibles de tous.
Vous qui représentez la démocratie au niveau local, je ne doute pas que vous vous alarmiez aussi de l’évidence de son mauvais état de santé cette semaine.
Enfin je vous remercie d’avoir accepté que Strasbourg, ville prétendument pionnière du point de vue écologique, soit choisie pour ce sommet. Il me semble juste de tout faire pour restreindre par exemple la circulation automobile pendant l’année afin que CRS, police à moto, en voiture, camions de gendarmerie, hélicoptères puissent tourner sans arrêt pendant une semaine et compenser nos économies de rejet de CO2
Car comme vous le disiez si bien sur France 3, « il ya des chefs d’Etat mais il y a aussi des citoyens ». Nous en avons eu là un bel exemple.
Gerald Muller
Christophe
Publié le: Mer 08 Avr 2009, 12:21
Sujet du message:
Bonjour à tous,
Voilà ce que moi, j'ai entendu comme témoignage.
"Un ami me raconte qu’il a vu, dans une rue non loin de l’hôtel qui a
brûlé, un homme habillé de noir et cagoulé, arracher sa cagoule, enlever
sa veste noire et enfiler un bandeau de POLICE sur son bras gauche. Il
n’en revenait pas et moi non plus lorsqu'il me l'a raconté. Le
lendemain, je le raconte à mon partenaire sénégalais, et il me renvoie
tout de suite le petit texte sur le counter-gang utilisé à la période
des Mau-Mau en Tanzanie. Et s’il y avait un policier cagoulé, il y en
avait à tous les coups plusieurs car un policier n'est jamais seul. Et
on appelle la France un état de droit? Avec des policiers qui se
comportent comme des violents, qui incitent à la violence, sinon
pourquoi ce déguisement? Mais cela s’est passé aussi à Brockdorf en
Allemagne ou à Rostock, je ne sais plus. Et cela cadre bien avec ce que
j’ai entendu d’une autre bouche, à savoir que l’hôtel qui a brûlé avait
été évacué deux jours auparavant. Il n’y avait donc personne à évacuer
comme indiqué par la presse, ou tout au plus quelques squatters."
Mon expérience personnelle est décrite sur
www.soniajfath.net
Solidairement
Sonia J. Fath
Christophe
Publié le: Mer 08 Avr 2009, 1:39
Sujet du message:
Colère, déception...
« Nous avons subi une pression énorme »
De Fatima Mankhar, de Strasbourg, qui veut témoigner de son indignation face à ce « siège » qu'a « subi » Strasbourg :
« Je comprends tout à fait que ce sommet est un événement important pour notre ville et que c'est un honneur de recevoir ces présidents. Cependant, est-il normal que nous ayons tous eu l'impression que notre ville était en état de siège ? Est-il normal que nous ayons été autant stressés ?
Je n'avais jamais vu autant de policiers de ma vie, autant de contrôles et de regards sombres, nous avions l'impression d'être tous suspectés d'appartenir à Al Quaida ! Pour la première fois de ma vie j'ai vu une arme, et rien que d'imaginer ce soldat faire un faux mouvement me donnait la nausée. Car il y avait des soldats. Des vrais dans des campements. Ils nous regardaient passer comme des vaches regardent des trains.
Nous avons été réveillés dans la nuit de vendredi à samedi par des bruits d'hélicoptères, j'ai cru que la guerre était déclarée ! Le blocus du centre-ville, du réseau bus et tram, et des autoroutes ont fait de Strasbourg une ville morte.
Les casseurs ont empêché bon nombre de personnes de sortir de chez elles et nous avons dû nous justifier auprès de policiers pour nous rendre à notre lieu de travail situé au centre-ville !
Et le plus ironique, c'est que malgré cette armée [...], il y a eu de la casse, des pillages et des agressions... [...] Nous avons subi une pression énorme, et ça c'est inadmissible de la part de nos dirigeants. Est-ce donc comme cela que ça va se passer lors de toutes les manifestations officielles ? Car si c'est le cas, nous ne voulons pas que Strasbourg soit la capitale européenne, nous ne voulons pas de sommet de quoi que ce soit ni rien d'officiel, juste vivre en paix.
Nous avons tous ressenti que notre cher président n'avait aucune envie de proximité avec nous. Maintenant qu'il est élu, on voit son vrai visage. Quel était son but au juste ? Impressionner Obama avec la police et les barrages ? Lui montrer que les Français sont "rodés" et obéissants ? Nous n'avons même pas pu les apercevoir, alors que l'un, nous l'avons élu, et l'autre, nous l'avons soutenu... Quelle ingratitude [...] »
Au sujet des « black blocks »
D'Axelle Sonet, 23 ans, de Strasbourg, qui était dans la manifestation des anti-OTAN. Elle raconte :
« [...] Bloqués de tous les côtés, nous n'avons pu quitter la manifestation même si nous le souhaitions et cela très tôt dans l'après-midi. La seule solution pour prendre le moins de risques était de continuer et de rester groupés en croisant les doigts.
Ce qui me paraît hallucinant, c'est le temps que nous avons passé à attendre [...] Cela donnait tout le temps aux black blocks d'agir, et dès que la situation semblait s'améliorer et qu'une sortie du cortège approchait, ils arrivaient, cassaient tout et provoquaient les forces de l'ordre et retour à zéro. Ils attaquaient et venaient se réfugier derrière nous. Ils sont vraiment lâches, cagoulés et s'enfuyant après avoir foutu la m..... Je regrette que la police ne les ait pas arrêtés, car ils ont tout gâché [...].
Je faisais partie d'un des petits groupes qui s'est retrouvé isolé derrière le camion "Mouvement de la paix", avec des personnes âgées et beaucoup de femmes... Il y a eu tellement de lacrymos que l'on ne voyait plus que du blanc, et on a vu que les CRS chargeaient vers nous. Évidement, les black blocks se sont enfuis et l'on s'est retrouvés seuls (ou presque) [...].
Il y a beaucoup de leçons à retenir de cet après-midi pour nous et pour les autorités. Nous devons refuser que des groupes violents viennent polluer notre message. [...] Nous nous demandons s'il n'y avait pas une réelle volonté de laisser la situation dégénérer pour montrer une image négative de cette manifestation : évidemment les photos que le monde verra seront les flammes de la douane et de l'hôtel ! [...] Pourquoi les laissent-ils faire, pourquoi de tels débordements [...] ? »
« Où étaient les forces de l'ordre ? »
De Jean Kehren, de Strasbourg :
« Où étaient les forces de l'ordre samedi au Port-du-Rhin ? Je crois que les habitants de ce quartier ont les mêmes droits que Sarkozy, Obama et Cie, à savoir être protégés contre les actes criminels perpétrés par quelques dizaines de salopards. Car mettre le feu à des biens constitue bien un acte criminel dans le code pénal français. Comment une dizaine de milliers de policiers, gendarmes et militaires n'ont-ils pas pu empêcher cela ? Je pense qu'il n'y a qu'en France que cela peut se produire. Dans n'importe quel pays au monde, les forces de l'ordre auraient réussi à contenir ces délinquants en utilisant la manière forte si nécessaire.
A la place de nos policiers et gendarmes, je ne serais pas très fier ce matin. Je leur suggère de faire un stage en Chine ou au Japon ou de changer de métier ! »
« C'est à vomir »
De M. L., de Strasbourg :
« Je suis strasbourgeoise, je réside dans le quartier de la Meinau et je travaille au coeur du quartier du Neuhof. Aujourd'hui je veux crier ma colère devant le comportement délibérément "abandonniste" des représentants de l'Etat qui ont, en conscience, sacrifié les quartiers du Neuhof et du Port-du-Rhin, en les jetant en pâture à un groupuscule de crétins irresponsables, à l'occasion du sommet de l'OTAN.
Le scénario était écrit depuis longtemps, et il aurait suffi d'un peu de jugeote pour anticiper les débordements qui viennent d'avoir lieu aux abords les plus défavorisés de notre belle ville. La population était unanime pour dire que c'était une aberration d'installer le village altermondialiste aux confins du Neuhof, tout comme était une provocation le parcours de la "manifestation autorisée", dans un secteur si excentré qu'on avait l'impression qu'on le donnait en pitance à des gens sans intérêt. Tout était réuni et prévu d'entrée pour échauffer les esprits et embraser les quartiers en question.
Le résultat est à la mesure de l'irresponsabilité de l'Etat dans cette affaire : le centre et l'hyper-centre encerclés de barbelés et de barrières anti-émeute, coupés du monde pendant trois jours, leurs occupants gentiment priés d'aller se faire voir ailleurs, ou de vivre volets fermés, au risque de prendre une balle perdue, si par mégarde on devait passer devant une fenêtre au mauvais moment.
Un centre-ville déserté pour un premier week-end de printemps, chaud et ensoleillé, qui aurait dû être synonyme de belles recettes pour nos commerçants et artisans. [...] Pour donner l'impression de liesse et de foule devant les caméras, une séance de poignées de mains organisée devant le palais Rohan entre Obama et des militants de l'UMP. C'est à ce prix que pas un pavé de la place de la Cathédrale n'aura bougé d'un millimètre.
Pendant ce temps, à la périphérie sacrifiée de la ville, c'était la guerre. [...] Le quartier du Port-du-Rhin fut, quant à lui, encore un peu plus isolé et abandonné de tous, politiques et forces de l'ordre [...]. Ici, pas de tram, une ligne de bus qui passe toutes les 20 minutes en semaine, toutes les 45 le dimanche. Des personnes âgées, des gens démunis, RMIstes, psychiquement fragiles, qui ont vécu reclus pendant deux jours l'enfer dans leurs HLM gris, et au final se retrouvent sans pharmacie, seul lien social encore présent dans ce quartier. C'est à vomir. »
La pharmacie qui a brûlé n'était pas comme les autres
Joël Coulomb, de Strasbourg, adresse copie d'un courrier envoyé au président Sarkozy :
« La pharmacie du pont de l'Europe qui a brûlé à Strasbourg n'était pas une pharmacie comme une autre. Elle était l'une des rares de l'Est de la France à produire des médicaments destinés aux personnes souffrant d'un cancer. Médicaments remboursés par la sécurité sociale, qui permettent de mieux supporter les chimiothérapies et les traitements d'hormonothérapie. Des patients venaient de très loin pour bénéficier de ces traitements. Depuis des mois, mon épouse prend ces traitements. Où ira-t-elle dans quelques jours pour renouveler son ordonnance ? Notre pharmacie de quartier ne peut pas nous fournir ces médicaments. Qu'allons-nous faire ? [...]
Etant donné le nombre impressionnant de policiers mobilisés, ces destructions n'auraient pas dû se produire. La police semble avoir peur des casseurs. Par contre, elle sait très bien asperger de gaz irritants les manifestants pacifistes. Honte à la police et à ses chefs.
Nous avons discuté hier soir avec des CRS qui s'apprêtaient à quitter Strasbourg. Ils étaient écoeurés. Nous sommes certains que cette violence a été volontairement provoquée par les autorités afin de ternir, aux yeux de la population, la manifestation des anti-OTAN.
Par ailleurs, nous sommes persuadés que ce quartier pauvre de Strasbourg a été volontairement sacrifié. La destruction de l'îlot où se trouvait cette pharmacie doit arranger les autorités. Le jour où le tramway traversera le pont de l'Europe, pour rejoindre Kehl, cet emplacement permettra de construire une station.
Aujourd'hui, nous pensons à MM. Isidore Rubinstein et Norbert Bolender, créateurs de cette pharmacie, qui ont été parmi les premiers à travailler sur des préparations homéopathiques à base de médicaments utilisés en chimiothérapie. En quelques minutes, ils ont vu réduire à néant des années de labeur.
Que va faire l'État pour réparer ? [...] Monsieur le président, trente minutes de tête-à-tête avec M. Obama, une photographie sur la passerelle des Deux-Rives et une conférence qui a duré deux heures ont généré beaucoup de contraintes et de nuisances pour notre ville et ses habitants.
La raison d'État n'a-t-elle pas perdu la raison ? A quoi sert un déploiement policier démesuré s'il n'est pas capable d'empêcher les débordements d'une poignée de casseurs ? Que penser de ce préfet de Région qui a donné sa démission juste avant le sommet ? Quelles sanctions allez-vous prendre contre les responsables de la police qui ont fait preuve d'autant d'incompétence ? »
Édition du Mar 7 avril 2009
Source : DNA
Christophe
Publié le: Mer 08 Avr 2009, 1:01
Sujet du message:
Bonsoir à tous,
Je ne peux m'empêcher de vous faire part de notre expérience à Jon et à moi,
des événements de Strasbourg d'aujourd'hui. Pour ceux qui ont vu ou qui
voient actuellement les images à la télé, je vous garantis que ce n'est rien
comparé à ce qui s'est réellement passé.
Le contexte est important, alors je me permet un petit retour en arrière...
Depuis deux semaines, Strasbourg est une véritable forteresse, un bunker .
Et je vous garantis que c'est n'est pas exagéré. Plusieurs hélico de combat
tournent sur la ville en permanence, avec les projecteurs braqués sur le sol
la nuit. Il y a actuellement 10 000 policiers français, les forces de la
KAFOR, sans compter les forces étrangères, les renseignements généreux, la
CIA... Plusieurs quartiers sont bloqués, pour y circuler il faut un badge,
et passer par des points de passage pour en sortir. Dans les zones rouges,
personne ne peut sortir de chez soi pendant 3 jours, les volets doivent être
fermés toute la journée. Tous les réseaux de transport sont au point mort :
autoroutes détournées, gare et aéroport arrêtés, tram et bus supprimés
(alors que certaines lignes devaient rester ouvertes tout le long du week
end...). Rajoutez à cela des arrestations arbitraires et des contrôles
d'identité incessant dès que vous avez des cheveux long ou un air louche et
vous aurez une idée de l'atmosphère.
Ca c'était pour le décor. Passons aux événements. Nous avons dû nous rendre
sur le site de la manifestation à pied (1h30 de marche), étant donné
qu'aucun moyen de transport ne fonctionnait. Une fois arrivés sur place nous
tombons sur plusieurs compagnies de CRS et nous parvenons à peine à nous
glisser entre deux charges. Ca sent la fumée et les gaz lacrymo, des
barricades brûlent. Une fois sur le site, on rejoint environ 20 000
manifestants qui sont regroupés autour d'une tribune, au milieu d'un grand
terrain vague. Il y a des pacifistes, des associations, des syndicats, le
PCF , le parti de Gauche (dont on fait partie!), les Verts, Marie George
Buffet, Jean Luc Mélenchon, Olivier Besancenot... mais aussi des familles
avec des enfants. Nous on s'occupe de la buvette. Assez vite, on se rend
compte que ça chauffe de l'autre côté du mur qui se trouve derrière nous.
Des bâtiments brûlent. Un hôtel Ibis, la douane et une station service sont
en feu. Les CRS n'interviennent pas, mais balancent des bombes lacrymogènes
depuis les hélicoptères . Cela nous tombe donc dessus, alors que nous étions
assez éloigné de la zone. Du coup on remballe nos stand à toute vitesse.
C'est à ce moment là que les choses dégénèrent vraiment. Les autorités
ordonnent de faire partir le cortège en catastrophe car les groupes
d'"hommes en noir" arrivent. Imaginez. Vous voyez débarquer vers vous 2000
personnes en noir, recouverts de masques et de cagoules, armés de bâtons, de
pavés et même de marteaux. On se dépêche de rejoindre le gros de la manif
qui s'est mis en marche, ayant peur d'être pris au milieu des "casseurs"
lorsque les CRS chargeront. Mais les CRS n'ont pas chargé. Et les mecs en
noir ne sont pas des "casseurs", de sont des guerriers, ce ne sont pas des
"délinquants", ce sont des criminels . Membres des blacks blocks allemands,
anarchistes, ou autre, ils sont extrêmement organisés (masques contre la
fumée, lunettes de protection, vêtements de rechange pour remplacer les
habits noirs à la fin de la manif) ... et nombreux, très nombreux. Ils
mettent en place de véritables stratégies de guérilla, parfaitement
coordonnées. Leur cible ce n'est pas les poubelles ou les abribus, ce sont
les personnes . Et j'entend par là toute personne qui pense différemment
d'eux, manifestants ("socio-traîtres") compris. Ils nous on rejoint et se
sont positionnés de chaque côté de la manif, se servant de nous comme de
bouclier humain . Au moment où on passait dans un goulot d'étranglement
(voie ferrée au dessus, murs et collines de chaque côté), les mecs en noirs
se sont mis à jeter des pavés sur les 2 camionnettes de CRS, qui étaient au
milieu de la foule. Ils ont jeté des pavés depuis le pont sur les gens qui
manifestaient, de façon consciente et organisée! J'ai vu un pavé me passer à
un mètre de la tête . Il y avait des enfants avec nous et on était tous
bloqués sous la caillasse. Avec Jon s'est enfui sans demander notre reste,
on a escaladé le mur et traversé la voie ferrée pour échapper au guet apens.
On a ensuite voulu rentrer chez nous. Problème, la manifestation a été
organisée sur une île (zone portuaire pour ceux qui connaissent) et tous les
ponts étaient fermés. Une vraie souricière . On a marché un moment avant de
trouver un pont à l'écart. Les CRS nous ont empêché de passer. Ils avaient
pour ordre de ne laisser passer aucun manifestant. 30 000 personnes coincés
sur une île entre casseurs et CRS... Une fois tout le monde passé, on boucle
! Sens unique ! On a fini par trouver une petite passerelle au bout de
quelques kilomètres pour s'échapper, écœurés.
Nous nous posons beaucoup de questions, en particulier sur le rôle des
autorités dans ce désastre.
Pourquoi avoir bloqué les manifestants côté allemand et les avoir empêché de
rejoindre la manifestation ?
P ourquoi nous avoir parqués sur une île en refusant tout autre proposition
d'itinéraire ? Ce terrain était une vraie souricière, il n'y a pas d'autre
mot !
Pourquoi avoir coupé toute possibilité de retraite avant de gazer ? On ne
pouvait ni avancer, ni reculer !
Et surtout ! Pourquoi avoir laissé faire les blacks blocks lorsqu'ils ont
brûlé les bâtiment, les avoir laissé infiltrer la manifestation. Bref :
pourquoi les avoir laissé faire ??! Aucun n'a été interpellé alors que
des citoyens ordinaires se sont fait arrêtés pour non présentation de carte
d'identité, jeudi, sur la place Kléber.
On laisse faire les extrémistes pour ensuite décrédibiliser le mouvement !
On les laisse passer pour ensuite charger en force toute la manifestation !
On utilise ces événements pour justifier les mesures policières et de
restriction des libertés à l'œuvre depuis plusieurs jours !
Ecoutez en ce moment les informations ! :
"anti-otan contre police". Non, on peut être anti-otan et ne pas chercher
l'affrontement ! C'est même la norme !
" on s'interrogeait sur la légitimité de l'étendue des forces policières,
maintenant on sait pourquoi" di t le préfet .
Ma conclusion : on a délibérément sacrifié les manifestants pacifistes pour
éloigner les blacks blocks du centre ville. Les autorités ont joué les
pompiers pyromanes. Toujours la même stratégie ! On monte les faits de
violence en épingle pour justifier les politiques sécuritaires.
Veuillez m'excuser si ces propos vous paraissent un peu agressifs, mais je
me devais de réagir.
Si vous voulez confirmation par les journalistes, paradoxalement, c'est les
DNA qu'il faut consulter :
http://www.dna.fr/une/2369506.html
Pourtant, ils
sont pas connus pour être des gauchistes !
Justine
Christophe
Publié le: Mar 07 Avr 2009, 22:46
Sujet du message:
Bonjour,
j'ai lu votre appel aux témoignages de manifestants pacifiques. En effet, j'étais à la manifestation en tant que pacifiste et j'étais blessé par une grenade lacrymogène ou un flashball au niveau du front. Les faist se sont passés le samedi 4 avril à 15:40 sur la route du port. Suite à ma blessure ( 3 plaies sur le front) l'aide refusé par le forces de l'ordre m'a profondement choqué, car j'ai du marcher une heure et demi afin de pouvoir retrouver une ambulance qui m'emène à l'hopital. Finalement j'ai pu retrouver les ambulances et j'ai reçu un traitement médical à l'hopital de Strasbourg/Illkirch avec 5 point de sutures.
Je témoignerai volontairement pour vous et je dénonce aussi avec la plus grande fermeté la repression. Ceci n'est qu'une reproduction courte des faits, mais je pourrai les résumer plus explicitement les faits sur demande.
Je vous remercie,
Thibault W.
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