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  Prepcom 2008 : le journal de bord de la délégation
Suivez au jour le jour les impressions des délégué(e)s sous la plume de Michèle (Manosque) et France (Bourges)
       
       
   
Dimanche 27 avril

Arrivée vers 16h du groupe PACA. Premières impressions sur Genève : son « geyser », un jet d’eau qui atteint la hauteur de plusieurs étages, soupape de sécurité des eaux de la ville. Il est devenu un peu symbolique de la ville. Il fait très beau, tout Genève se promène sur les bords du lac Léman en roller, à pieds… que de vélos solidement attachés le long des larges rues ! La foule est colorée, nous croisons toutes les nuances humaines de couleur, les habits européens côtoient les boubous africains, les saris des indiennes. Tiens même un sikh avec son turban sur les oreilles !

Nous ne pouvons nous empêcher d’évoquer les questions du voile à l’école, du turban et de certaines croix ostentatoires et d’avoir une réflexion sur la laïcité !
Nous nous sommes installés à l’auberge de jeunesse de la rue Rothschild, philanthrope, mort en 1900 dit la plaque ! Très rationnelle : une couleur par étage, une carte-clé chacun avec un casier à valise dans le couloir.
C’est propre et calme. L’installation est rapide et nous ressortons nous mêler au peuple genevois.




Des émotions : une plaque rappelant la fondation de la SDN, un hommage à son initiateur W. Wilson. Puis un buste de De Mello, ce haut représentant de l’ONU qui a péri dans un attentat en Irak en 2003. Tiens, c’est un don de la République de Russie. Côté lac, des navettes emmènent sans interruption des passagers, sur les bords des canards très divers s’ébattent et des cygnes se font admirer.

Entre rue et lac, des installations plutôt sommaires proposent glaces, boissons et contrastent avec les austères et impressionnants bâtiments de l’autre côté de la rue. Les gens se détendent, s’assoient dans l’herbe au milieu des tulipes qui se dressent fièrement. L’ambiance est bon enfant.
Nous finissons par avoir soif mais nous n’avons pas de francs suisses ! Bon, nous nous asseyons. Bien sûr que je prends les Euros dit le « garçon » ! Calcul. 1€ = 1,60 CHF comme le dollar dit Michel.


Au retour, nous constaterons que les distributeurs et les changes ne manquent pas dans les rues adjacentes.
Côté stationnement, pas facile, il faut un badge, le coût est élevé. Heureusement, Alain, notre super chauffeur, va finir par trouver une place sur le parking de l’auberge de jeunesse. Ouf ! C’était un souci quand même.

Le peloton de la délégation arrive vers 19h30. des visages connus, pleins de souvenirs : l’ONU de New York, Vienne, Prepcom et conférences sur le TNP, forums sociaux, l’Afrique… mais pas le temps de nous éterniser sur le passé.

 

Le joli sourire de Nathalie, son travail préparatoire impressionnant, le dynamisme de Pierre nous lancent tout de suite dans un présent très chargé.

Où va tu aller ? Où va-t-on voler ? Que le choix est difficile = les maires pour la Paix ? se rendre à l’invitation de l’ambassade de France… oui mais il faudrait aussi honorer la traditionnelle invitation de la WILPF ( Ligue Internationales des Femmes pour la Paix et la Liberté).

Toutefois, pour l’ouverture des travaux, nous pouvons nous retrouver à chaque instant salle XXV, la cellule de base des ONG, notre ancrage dans cet immense palais, notre palais … jusqu’à vendredi !

 
Lundi 28 avril

Petit dèj’ à 7 heures. Tout le monde est déjà sur le pont, appétit et langue vont tout de suite bon train.
7h30 départ. Le tram. C’est rapide et nous descendons à « Nations ». En passant, nous remarquons le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés), puis le bâtiment, impressionnant, du MICR le Musée International de la Croix-Rouge - Croissant -Rouge ( Bonjour Dunant !).

Sur la place, une très haute chaise monumentale, en bois lamellé – collé dont un pied a été arraché nous intrigue. Supputations. Nous mènerons notre enquête plus tard, il est 8h, il s’agit de se rendre à l’accréditation.






Quelle ponctualité ! l’employé à la sécurité des Nations-Unies nous félicite : « si tout le monde était comme cela », il faut dire que nous avions demandé d’accréditation et passeport en main, fin prêt dès notre arrivée au 10 rue de Prégny.

Nous voilà badgé en une demi-heure, Gérard nous octroie un tour de cou de sécurité « Cultivons la Paix » et nous recherchons la salle XXV. Petite surprise : pour aller au 2ème étage il faut descendre ! Bon, encore une chose à élucider.

Nous ne pouvons nous empêcher d’admirer une superbe tapisserie de Finlande, un triptyque de peinture très coloré réalisé par un peintre français (R. DiCredito) en 4h pour le 50ème anniversaire de « notre «  grande maison. Magnifique !

 

Un œil dans la salle des ONG : des ordinateurs, les analyses d’autres ONG sur le désarmement nucléaire, la douceur des langues qui s’entremêlent, des échanges, des retrouvailles. Nous sommes bien. Nous profitons de notre avance pour échanger nos réflexions, nos impressions : France, de Bourges, et Michèle, de Manosque.

Dans un coin de la cafétéria, le Mont Blanc joue à cache-cache avec le lac Leman et les nuages. A côté de nous, des coréens, des chinois, rient de bon cœur. Nous ne résistons pas à quelques photos pour immortaliser le parc, le géant de l’Europe et la lumière du lac. A l’ouest, des nuages arrivent, contrastant avec la journée déjà estivale d’hier. Bonne nouvelle pour Nathalie, son coup de soleil va s’estomper… !
En écrivant, nous continuons à apprécier la lumière changeante à travers les grandes baies vitrées. Une pensée pour Lamartine…

Près de nous, tiens, nous diagnostiquons des américains qui se donnent cordialement rendez-vous autour d’une de ces nombreuses tables rondes en verre du Serpent Bar avec un chinois ? pas sur quand même d’avoir bien compris mais nous n’osons pas demander confirmation. Nous nous sentons bien “well being”  of course !

La librairie ? ils sont en réaménagement, c’est sommaire. Nous avons juste eu le temps d’apprécier l’affiche avec la colombe qui retire le a de wAr pour le mettre dans peAce… Oh ! 9h50. Vite, à la Conférence générale, Gérard cherche…Nous nous perdons mais en profitons pour filmer une belle affiche « Nous, Peuple des Nations Unies… » en paysage permanent. Ces petites émotions qui emplissent le cœur d’un souffle d’espoir! Il est 10h15, nous finissons par trouver la salle des Conférences en remarquant au passage, assise sur le sol, une très jeune personne qui travaille avec acharnement sur son ordinateur branché à une prise qui doit plutôt être utilisée par les agents de service. Bon, à la Paix comme à la Paix…


Finalement, nous ne sommes pas en retard, les illustres mandataires des peuples des Nations Unies, nos « Excellences » arrivent lentement. La grande salle est bien remplie, nous ne sommes pas loin des 183 pays, nos yeux errent sur les étiquettes, s’arrêtent sur la France, - une photo- l’étiquette du Costa Rica est aussi grande que celle des Etats-Unis. Notre œil se fait critique, parfois interrogatif le « hol y see » qu’est-ce que c’est ? ah oui… par exemple : tiens, pas de représentants de la Birmanie, Tadjikistan, Seychelles, Samoa, Pérou, Mozambique, Oman, Malawi… il faut vraiment chercher, ça ne se voit guère.
Les ONG sont présentes en masse.
M. Duarte, vieille connaissance des lecteurs de « Planète Paix », introduit la séance, donne la parole au Président de cette deuxième session, l’Ambassadeur d’Ukraine.
Il aura le droit à des félicitations et des remerciements à chaque nouvelle intervention. Ambiance courtoise et très structurée, voire un peu guindée, très BCBG.

   

Les points de vue se développent, les facettes se révèlent. Nous sommes sensibles à certaines expressions par leur fréquence, le ronronnement : les 3 piliers du TNP, le multilatéralisme, le rôle de l’AEIA, mais aussi « PAN », « créer un environnement de confiance, de dialogue, une attitude impartiale, non discriminatoire », « rassurer les états non nucléaires », « ceux dotés de l’arme doivent accéléerer le démantèlement, l’unilatéralisme », « engagement sans équivoque des états nucléaires », « posture nucléaire déstabilisante », « élimination totale seule garantie ». CELA FAIT TILT.
Comme c’est bien dit, comme dans « Planète Paix » ! avec je ne sais quoi de regards différents.
Les têtes sont bien pleines, les estomacs vident, Anne nous « bombarde » de questions : qui c’est la DPRF, je ne trouve pas dans le glossaire ? et les « non alignés », ils n’ont pas de sigle. Qui n’a pas signé ? qui sont les cinq possesseurs qui ont signé ? qui sont les autres ? les « anciennes » peuvent répondre, mais nous nous posons des questions autour du « nouvel agenda ». on a aimé ce que dit la Nouvelle Zélande justement. Il faut en savoir plus…

Enfin, repas. A la cafétéria. Nous repartons « de la planète à notre quartier »: combien de signatures festivales au « Printemps de Bourges », sur « Afghanistan-OTAN » ? Les jeunes n’aiment pas ? mais Sarkozy est pour l’unilatéralisme ».
France s’est retrouvée par terre le jour de la manifestation du réseau « éducation sans frontières ». une mamie doit rester chez elle, c’est indigne ! a côté de nous des africains discutent des enfants-soldats. Nous avons envie de participer à la conversation, mais il y a encore tant à dire sur la vie des comités. C’est le moment aussi d’en parler.






Beaucoup retournent écouter la suite du Débat Général l’après-midi. Après quelques difficultés d’orientation : nous nous retrouvons au sous-sol, dans l’ascenceur marchandises ! Les profondeurs de la grande maison ! D ’ailleurs, nous rencontrons Arielle, en difficulté elle aussi et qui cherche le « restaurant ».

Plus de complexe, ca y est, nous finissons par asseoir nos repères : le grand escalator nous guide vers la salle XXV des ONG où, près de la cafet, nous sommes sûrs de toujours rencontrer un ami qui travaille sur l’ordinateur, Nathalie ou Pierre dont les yeux toujours à l’affût happent au passage des « personnalités » ou plusieurs d’entre nous pour une rencontre.


 
   

Justement, se profile une possibilité de rencontrer des représentants de l’ambassade du Mexique, pays du « Nouvel Agenda ». – « tu peux nous trouver Jean-Claude… ils sont à la conférence, rendez-vous à la sortie à 16h ». J’y cours!,
C'est le représentant de la France qui parle. Une irritation me prend pour les mots saisis au vol. Nausée.
Que dire de la colère d’Anne qui sort de la plénière dans tous ses états ! Elle est en période de « rodage », toute neuve encore...

Déambulation, nous finissons par aboutir dans un salon très animé, bar réservé aux diplomates et à leurs invités, nous sommes cinq à chercher les représentants du Mexique, pour enfin rencontrer Madame Mabel Gomez, ambassadrice, en poste à Genève. Elle nous accorde 20mn d’entretien, nous parlerons ensemble durant 50mn ! Et elle parle français, invitation à venir nous voir en France, demande de nouvelles de M. De Alba, « la famille » ou presque…

 
   

Retour à la cafétéria aux tables rondes, à côté de l’incontournable salle XXV. Briefing du soir. Nous sommes plus de 20 à occuper l’espace venus de près, de loin. Paroles à ceux qui viennent de près (Savoie) car ils repartent chez eux avec leurs différences d’impressions et d’approches par rapport aux « incrustés ». Intéressant leur constat : tous choqués par la langue de bois de la France, de son arrogance, heureusement, l’émotion de la grande salle riche de la présence de tous ces pays apporte du réconfort. Et puis, la richesse et la complexité des exposés sont amplement soulignés. Attention soutenue vraiment conseillée sinon le « out » arrive rapidement.

 
   

Nathalie profite de l’accalmie et du nombre importants de participants pour enrichir son trombinoscope. Le nom de Michel Rocard, présent cette après-midi lors d’une rencontre organisée par les ONG, revient souvent apportant des nuances à la vie politique, soulignant l’importance de la société civile.
Tiens, facteur d’espoir, qui revient souvent. Nous nous sentons mieux, confortés encore par les compte-rendus du Mexique et de la Corée du Sud.
Et puis la soirée s’organise : les uns avec « Mayors for Peace », les autres avec M. Duarte et les « pôvres » qui se rendent à l’Ambassade de France écouter, en anglais, la parole que notre pays veut faire entendre aux diverses ONG présentes cette semaine à Genève.
Après une bonne nuit, nos oreilles amusées vont en recueillir les échos avec gourmandise.

 
       
   

Mardi 29 avril

 
   

 
   

Nous recueillons des échos de la soirée de lundi après une nuit paisible. Déjà, au lever, Florence nous communique son enthousiasme après sa « soirée » avec Sergio di Duarte, Haut Représentant pour le Désarmement de l’ONU. Elle nous parle aussi avec une gourmandise renouvelée des « petits fours » de la soirée. Bon ! l’amour du TNP ne dispense pas quand même de notre amour des bonnes choses. Nous comprenons…
Anne rappelle avec force les paroles puissantes de M. Duarte «  le TNP est le traité le plus universel dans l’histoire de l’humanité ». Nous le savions mais nous en éprouvons une vive satisfaction, cependant.



 
   




Le groupe « Mayors for Peace - Maires pour la Paix », après une course effrénée sous la pluie arrive au Palais Eynard pour le discours de notre cher Tadatoshi Akiba. A temps aussi pour faire une photo. Joli buffet qui nous permet de rencontrer Pol et de lui glisser « - Qui sont les maires présents ? – Stuttgart, Florence, un maire de Croatie, Genève, Lausanne… ».
Dans le joli salon dont les murs et les plafonds sont décorés de trompe l’œil superbes, nous dégustons un petit repas succulent avec notamment des ananas frais en grains ! Une première.
Mais notre regard surveillait M Akiba. Bientôt Pierre ne résistait plus à l’échange et nous à la photo. Puis, autour d’une table haute, un des hôtes s’approche, s’invite pour notre plus grand intérêt : un administratif de la ville de Paix de Lausanne. Conversation passionnante autour des mairies, de la Constitution suisse, des référendums. Ce monsieur distingué repartira, avec nous, sous la pluie … en bus !

 
    Puis la journée de mardi débute. Il s’agit de rencontres avec les représentants des ambassades pendant la matinée. L’Egypte, la Corée du Sud, le Japon, l’Irlande, la Turquie. Comment reconnaître l’égyptien ? Anne s’élance vers un monsieur qui pourrait correspondre. C’est un Irakien. Questionnement sur le « type égyptien », y-a-t-il des personnes à la peau plus foncée, nous pensons aux nubiens. L’attente dure plusieurs minutes. Finalement, Nathalie nous annonce qu’ils ont décliné l’invitation : surcharge de travail. Nous sommes indulgents : nouvel agenda, promotion d’une zone dénucléarisée au Moyen-Orient, ils ont de quoi faire !!
Nous rédigeons à la cafétéria « aux tables rondes », le "Serpent Bar" . Notre regard se détend en contemplant un paon qui passe. Juste une photo. Une dame s’installe à notre table « puis-je prendre place ? «  dans un français châtié. Elle est en habit traditionnel, drapée. Indienne ? Les coups de fil se succèdent. Elle discute en arabe. Est-ce une marocaine? Une nord africaine ? Nous continuons à rédiger nos compte-rendus, puis nous osons lui demander son pays d’origine. Il s’agit de l’Ambassadrice de la République Islamique de Mauritanie. Echange de carte, Mme Mounina Mint Abdellah…
La discussion s’engage à bâtons rompus :
« - Que pensez-vous des états nucléaires qui modernisent leurs armes ?
   - Ils ont besoin d’affirmer leur domination. J’ai milité dans une association de femmes. J’apprécie votre tour de cou « Cultivons la Paix ». Je suis à Berne. Vous pouvez me rencontrer quand vous le souhaitez. »
Nouveaux coups de fil, elle se déplace et, de dos nous prenons une photo fascinés par sa silhouette élégante, en parallélisme avec le paon quelques minutes auparavant.




 
   
Tables rondes. Des amis sont avec les représentants de l’Irlande, d’autres avec le Japon : des jeunes très réservés, sourire en coin. Selon eux, la Corée du Sud n’a plus de têtes nucléaires US sur son territoire. Scepticisme. A vérifier.
L’après-midi, nous rejoignons la salle XVIII où les ONG vont intervenir au cours de la Séance Plénière de présentation officielle des ONG.
Nous croisons Anne et son amie genevoise qui tournent en voiture. Petite ballade en extérieure dans cet immense parc, les places de parking sont rares ! recherche de l’entrée pour regagner l’intérieur, nous nous retrouvons encore dans les livraisons.
Une bonne âme de Genève, venue écouter M. Ban Ki Moon nous remet sur la scène centrale. « A toute à l’heure » persuadée de nous voir durant l’intervention du secrétaire général de l’ONU.
Mais non, nous sommes tous aux interventions des ONG.
Trois heures durant, des interventions de juristes, médecins, ingénieurs… froid dans le dos avec l’évocation de l’hiver nucléaire en cas de guerre nucléaire régional…
Gorge serrée lors de l’intervention des hibakushas, applaudissement spontanés lors du discours du Maire d’Hiroshima, « l’armement nucléaire et la civilisation ne peuvent coexister ». bel hommage indirect et une façon de perpetuer le message du Maire de Nagasaki, assassiné.
Nous avons aimé la pointe d’esprit des avocats « l’ère nucléaire atteint sa septième décennie. Si c’était une personne, elle serait à la retraite ».
 
    Retour à la cafet des tables rondes avec les représentants de l’ambassade de France.
Ils sont cinq, dont une femme ! nous serons une trentaine, toutes organisations confondues (le Mouvement de la Paix, ACDN, Sortir du nucléaire, Pax Christi….).
Pierre commence. Comme il est « diplomate » ! les interventions se succèdent, quelques questions… le ton est courtois, feutré. Les réponses de l’ambassadeur sont brèves. Un échange où il signifieexplicitement : « je n’espère pas vous convaincre, et vous ne me convaincrez pas ! ».
Les amis qui l’avaient rencontré à Vienne soulignent sa différence d’attitude. Atmosphère radicalement opposée !
Le ton est pathétique, mais au final, il y a une allusion à une prétendue indulgence et partialité de notre part vis à vis de la Chine, qui va nous rester toute la nuit sur l’estomac. « venant de vous … » Quel travail de sape de notre crédibilité. Nous prendrons le ressenti de la représentante de Pax Christi.


 
    Le soir, nous testerons l’adresse d’un restaurant au bord du lac Leman recommandé à Pierre par Nicolas… de l’ambassade de France : vue imprenable sur le lac, le Mont-Blanc devenu rose au coucher du soleil, bonne table à prix raisonnable. Nous étions huit autour d’une fondue… Appréciations très différentes…
Beaucoup d’échanges entre nous : sur Robespierre, la Révolution française, le génocide du Rwanda, Eichmann. De l’espoir, mais aussi une interpellation sur notre potentiel de barbarie. Comment « Une saison de machettes », comment la gestion d’un camp de concentration peuvent-ils être vécus comme un travail ?
Bien sûr, nous connaissons l’éducation à la Paix, la déclaration de Barcelone chère à Annie et Joël Frison. Dur, dur…
Cette nuit, sommeil paisible interrompu violemment à 1h du matin : portes qui claquent, interjections, chahuts, rires. Nous n’avons pas envie de subir la dictature de gens irrespectueux des autres et de la règle de silence de nuit des auberges de jeunesse. Descente et plainte auprès du responsable de l’auberge. Quelle nuit !
 
   



 
    Mercredi 30 avril  
         
   

Au petit déjeuner, ce matin, les échanges sont nombreux :
que faire ? comment faire ? quelle parade ? Rôle de l’éducation, travail en amont… la culture de la Paix au quotidien!
La journée commence par un tour de table général à 9h, le fameux briefing, impressions, analyses de la journée d’hier. Une remarque ouvre tout un débat : « pourquoi le Mouvement de la Paix n’est-il pas intervenu lors de la présentation des ONG ? » Pierre fait un bref rappel historique. Dans les années 90, pas de représentation des ONG, puis une participation modeste, maintenant, une demi-journée est réservée mêmes si certains pays sont réticents. Cette évolution fait émerger de nouvelles réalités : deux grandes ONG internationales, la « WILPF » (Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté) et plus récemment « Mayors for Peace » (Maires pour la Paix) font autorité auprès de l’ONU pour l’organisation des rencontres. Jusqu’à présent, le Mouvement de la Paix, à l’origine animateur du réseau « Abolition 2000 », voit l’influence de celui-ci se déliter. Que faire ? la nécessité de l’implication d’une personne compétente en anglais et complètement disponible pour ce dossier du désarmement nucléaire surgit fortement.
Petite récréation, un saut dans la boutique de l’ONU pour se ravitailler en pin’s, affiches, cartes postales pour les amis du comité, pour alimenter les liens avec ceux restés « au pays ».



 
   

Puis un déjeuner rapide et l’intention de participer à la rencontre autour de la culture de paix à partir de la projection d’un film. Nous arrivons juste à temps : une grande salle, quelques personnes notamment Joël et Annie, une présentation lyrique par une dame très distinguée : "de la culture de la violence à la culture de la paix" par l’association des "Citoyens du monde".
Il s’agit d’un court métrage qui a reçu le 1er prix « documentaire » au festival du cinéma africain en 2007. l’histoire se déroule au Nigéria, années 90. l’Iman Mahammad Ashafa et le Pasteur James Waye sont deux leaders engagés dans la défense de leur communauté respective dans un contexte de violence et de mort. L’Iman a perdu sa famille, le pasteur une main. La courageuse réconciliation de ces deux extrémistes apporte un espoir pour l’humanité : c’est un témoignage émouvant de pardon et d’amitié.
Retour au « Serpent Bar ». Nous cherchons des réponses à nos questions. A côté, Dominique travaille avec Bernadette. Le « clan français » se regroupe sans se chercher.
« Comment avez-vous ressenti la remarque de l’ambassadeur par rapport à la Chine ? »
« Il fallait s’y attendre. C’est le formatage » Bien, nous restons un peu sur notre faim. Nous apprenons que l’ambassadeur quitterait ce poste prochainement


 
    Tiens, c’est Michel et Florence à l’ordinateur. Nous profitons de quelques minutes de rêverie chez Michel pour le questionner sur sa participation à la rencontre de « Mayors for Peace » dans le monumental Musée International de la Croix-Rouge.
« Extrêmement intéressant. Avec des témoignages ( un croate de Biograd, un palestinien, le maire de Brescia en Italie dont la ville vit de l’industire de l’armement, le maire portugais d’Ovar qui insistait sur l’éducation à la paix).

 
   


Ensuite, le représentant de la Croix-Rouge à analyser les facteurs de la vulnérabilité d’une population et insisté sur l’importance d’analyser ces facteurs, d’apporter des solutions lorsque des villes « vivent » de l’armement ».
L’association de souvenirs est réveillée. Florence parle du syndrome post-traumatique de son frère, au retour d’Algérie, dans les unités combattantes en hélicoptère. Elle résume par la phrase de sa maman : « J’ai vu un fils partir, c’est un autre qui est revenu. » brisé, alcoolique, SDF à 68 ans, capable de se reveiller en sursaut 30 ans après en cherchant les fellaghas.

 
       
   

Vers 17h30, Nathalie parvient à nous rallier pour un dernier briefing avec la délégation complète en faisant un tour de table, la parole en priorité aux amis sur le départ. Jean-Pierre semble frappé par le fossé entre les puissances nucléaires et les autres « états parties ». Jean-Claude nuancera en considérant diverses « strates » chez les non nucléaires, exception faite de l’Iran qui est le seul à parler du « viol » du TNP. Noëlle se demande où se fait le vrai travail autour du TNP, qui sont ces jeunes applaudis lors de la présentation des ONG et se déclare satisfaite de l’ambiance positive et collective de notre groupe. A noter : elle aimerait recevoir des photos… les « P-O » repartent demain, 1er mai.
Joël, de Bourges, rappelle qu’en même temps que le Prepcom se déroule le comité préparatoire à la Conférence de Durban. Le texte très élaboré n’est même pas connu en France.
Annie dit son attachement aux rencontres avec la presse locale et se demande par quel biais nous pourrions être accompagné par un jeune journaliste lors du prochain Prepcom.
Pierre se déclare « fier » de la délégation du Mouvement, avec ce mélange équilibré de nouveaux à l’esprit critique et d’anciens ayant quelque expérience. Il se sent plus détendu, nous constituons un petit conseil qui lui permet davantage de disponibilité.
Tous ces échanges sont entendus par la « mascotte » présente dans nos délégations depuis celle de New York en 2004, elle est le témoin de toute cette évolution. Elle ne dit rien mais n’en pense pas moins !

 
   

Florence, la « criminologue » donne un compte-rendu très développé de la conférence au musée de la Croix-Rouge. Des compléments se font avec celui de Michel, ouvrier d’état employé à la Défense, membre fondateur du nouveau comité d’Istres. Ils ont été tous deux très intéressés par les témoignages de personnes qui ont vécus la guerre ou qui sont confrontés à des situations qui en dérivent.
Ils mettent en valeur l’aspiration fortement exprimée de pérenniser et de développer l’association « Mayors for Peace ». mais c’est juste pour vous mettre l’eau à la bouche, nous les avons vu en pleine action de traitement de texte. Un superbe compte-rendu va figurer sur le site.
Enfin, Nathalie, d’Albertville, mariée à un écossais et qui nous livre de superbes traductions pour notre plus grand confort, dit son contentement par rapport à la Campagne « ICAN ». Cette dernière, démarrée en Australie, a vu le Mouvement prendre à cœur cette campagne, un petit document très pédagogique pourrait encore faciliter son rayonnement, il suffit « juste » de le traduire dans la langue de Molière !!
Enfin, Pierre apporte la petite touche d’humour pour terminer. Il a parlé à notre ambassadeur les yeux dans les yeux et lui a dit ce qui nous a tous un peu ulcéré sur ses propos par rapport à la Chine. Mais non voyons, son Excellence affirme avec véhémence n’avoir rien dit de tel, « loin de lui une allusion malveillante » Ouf ! fin de l’incident diplomatique !

 
   



Nous nous dirigeons enfin vers le Palais Ariana, Taj Mahal genevois, offert par un mari très amoureux, où nous sommes invités à la traditionnelle « Soirée de l’Ambassadeur ».
Vaste salle de réception rectangulaire, complétée par deux demi-cercles aux colonnes de marbre torsadées, sculptées de façon différentes et baroque.
Ce palais de la fin du XIXe est devenu le musée de la céramique pour abriter la belle collection de son donateur.
Superbe buffet, sur de petites tables rondes, régulièrement re-garnies par un serveur genevois qui nous a pris en amitié «  cela me fait plaisir de voir des gens qui mangent ! les autres, ils parlent !!! ». Les échanges entre « invités » vont bon train. Pierre retrouve l’ambassadrice du Mexique, photos de groupe avec notre hôte, Chairman de la session, qui se prête au jeu photo et nous révèle la recette complète de la vodka au piment ukrainienne. Merci Excellence !
 
    Nous retrouvons Nicolas de l’ambassade de France. Décidément, nous ne nous quittons plus : échanges en sortant de l’ONU, avec Michel sur la syndicalisation des salariés de la Défense… d’autres retrouvent M. Duarte qui prend un peu l’air dans le parc. Une idée géniale anime Pierre : il offre des colombes au personnel présents pour nous servir. Ces derniers découvrent alors qu’il s’agit d’une réception des ambassadeurs, et de penser que le Mouvement de la Paix représente l’Ambassade de la Paix.  
   

Beaux rires et photo de groupe avec « notre » serveur qui s’empresse de porter sa nouvelle colombe sur sa chemise.
Quelques uns se glissent dans les traverses adjacentes pour apprécier l’histoire de la céramique, eh oui nous nous remplissons aussi les yeux!, puis le travail du verre et des vitraux. Le niveau sonore élevé se dissout dans les hauts plafonds.
Un petit coup d’œil circulaire, Pierre discute avec une collaboratrice de l’ambassade de France. Nous le retrouverons tout à l’heure à l’auberge de jeunesse travaillant avec Nathalie de façon acharnée pour mettre le site à jour et vous permettre de nous suivre.

 
       
    Jeudi 1er mai : C’est la fête internationale, alors à l’ONU, c’est congé !  
       
   

Peu de monde au petit déjeuner vers 7h30 à l’exception des
« P-O », Noëlle, Jean-Claude et Jean-Pierre qui doivent rejoindre leurs pénates en faisant un arrêt à Vienne. Nous évoquons les futures rencontres : « viendras-tu à Dijon, au congrès en novembre ? » cela calme un peu la nostalgie du départ de penser aux futures retrouvailles…

 

Petit à petit chacun émerge et vers 9h30, nous prenons le tramway, terminus « Nations ». Encore !!! mais cette fois, repos pour nous aussi, nous nous rendons au Musée International de la Croix-Rouge – Croissant-Rouge, situé face aux bâtiments de l’ONU, qui abrite une exposition permanent et une exposition temporaire dont le Mouvement de la Paix est partenaire officiel
«  In – Security le dilemme nucléaire ».
Nous avons rendez-vous avec Ashley qui présente cette expo et a travaillé à sa conception et à son élaboration. Pierre évoque leur rencontre en 2005 à Genève justement. A cette occasion, ce jeune anglais fort sympathique, marié à une française, travaillant dans le secteur de la communication et de la presse, a fait part de son projet à Pierre et a demandé l’aide du Mouvement. Pas de finances, mais un soutien moral et logistique, bref un centre de ressources et une adresse à Paris.

    1h30 de visite guidée, argumentée après la vision d’un court métrage de 10 mn et de plusieurs dizaines de photos. Quelques uns déjeunent sur place, à la cafétéria du musée traditionnellement emplie de salariés et autres de l’ONU. Nous évoquons nos projets, Claude et Annie de Caen pensent découvrir le Leman en bateau, Pierre et Nathalie veulent rejoindre Michel resté à l’auberge pour terminer son article quotidien «  l’invité de la semaine » (la presse n’attend pas !), Florence ne rêve que de conquérir le Leman en y nageant…
Avant de quitter ce musée aux façades de verres, nous nous laissons imprégner par la troublante atmosphère dégagée par un groupe sculpté composé de dix personnages grandeur nature. Ils nous rappellent les « Bourgeois de Calais » mais ici, ils sont totalement emmaillotés et ont les mains liés dans leurs dos. Sinistre impression. Malaise.

 
   

 

Finalement, nous prenons le temps avec Annie et Joël de jeter un coup d’œil dans la vieille ville de Genève.
Bien des souvenirs déclenchent des émotions, maison natale de l’auteur du « Discours sur l’inégalité », Jean-Jacques Rousseau citoyen de Genève, la cathédrale St Pierre, « romano-gothique » à l’orgue gigantesque, qui a vu l ‘émigration des huguenots français, une plaque rappelle le souvenir d’Agrippa d’Aubigné, celui de Calvin. Le lien se fait naturellement avec la Culture de la Paix. Que d’efforts déployés pour la tolérance !
La montée des 183 marches de la tour de la cathédrale permet d’avoir une vue panoramique de la ville ainsi que des tuiles rousses des toits, très décoratives.
 
Nous remarquons que l’Hôtel de Ville a hissé, outre le drapeau de la ville et de la nation, celui de l’ONU. Quelle harmonie de couleurs ! A suggérer à nos mairies pour le 21 septembre ! la photo à l’appui.
Bises à Annie et Joël qui repartent pour Bourges, 5 heures de route. Derniers échanges sur la vie des comités avant de se quitter jusqu’au congrès de Dijon.
Nous cherchons à retrouver notre « naïade » en redescendant vers le lac Leman. Recherche vaine, mais d’autres rendez-vous ont lieu le long du lac, l’Hôtel « Beau Rivage » ancien siège de la Société des Nations, ancêtre de notre ONU, l’Île Rousseau, le banc de Lamartine, la plaque rappelant la présence de Chateaubriand et partout, de magnifiques parcs aux arbres étonnants, majestueux. Nous remarquons que l’ancien siège de la SDN abrite maintenant le Haut Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme.
   

Retour à l’auberge. Pierre, accablé d’un mal de tête, a un peu dormi. Il nous raconte sa promenade presque thérapeutique. Il a remarqué de beaux arbres sculptés, a prolongé son parcours jusqu’au siège de l’OMC.
Nous apprenons que Michel a continué son article et n’a pu participé comme il l’avait prévu à la manifestation du 1er mai. Il se permettra une petite escapade avec Alain et Gérard jusqu’à Thonon-les-Bains (la France leur manque !!!) en fin d’après-midi.
A 19h, nous voulons donner notre journal et nous surprenons Nathalie dans sa chambre en flagrant délit de travail devant son ordinateur ! le jour de la fête du travail !
Petit intermède aquatique : notre sirène raconte sa conquête : 1er temps, les chevilles ; 2ème temps, jusqu’aux cuisses ; 3ème temps, 30 secondes d’immersion totale, sensation d’aiguilles dans tout le corps… enfin, un monsieur, se baignant lui aussi, seul. La victoire : quelques brasses autour d’un ponton dans une eau à 8° !!

 
         
    Vendredi 2 mai  
       
   

Nous attrapons le tramway au vol, il est bondé : les genevois ne font pas le pont. Ce matin, nous retrouvons Annick et Claude, puis Anne. Nos normands, eux, ont réussi à participer à la manifestation et à la fête du 1er mai : 1500 manifestants, une vingtaine de stands. Immersion dans le mouvement social suisse avec prise de documentations.

 
    La presse people relate les incidents de Zürich et de Lausanne où les vitres d’un fast-food on été brisées par des « anarchistes ». Nous parcourons ce journal où « le défilé du 1er mai sur fond de crise alimentaire » et « Ca suffit, halte aux salaires de misère ».
Décidément, la Culture de la Paix a encore beaucoup à faire.
 
    Briefing du matin en arrivant à l’ONU et c’est notre rituel partage des rencontres : qui va rencontrer la délégation italienne ? quelles questions leur posons nous ? impressions sur la semaine qui se termine, perspectives pour celle qui arrive, le désarmement et l’Europe avec discussion autour du « cluster n°1 ».
Un autre groupe pour suivre les débats organisés par les ONG sur les accords entre l’Inde et les Etats-Unis, à propos de la coopération sur le « nucléaire civil » dans le respect du TNP. Or, l’Inde n’ayant pas signé le TNP, que pensent les autres états parties de ce non-respect d’un des piliers du TNP ?
Un autre groupe pour suivre les travaux de l’UNIDIR (Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement) ? Et puis, pour l’après-midi, tous à l’assemblée générale d’Abolition 2000 Europe.
 
   


Nous profitons de la conversation à bâtons rompus entre Pierre et Pol d’Huyvetter. Des échanges où les relations humaines sont très présentes -ce n’est pas de tout repos- et nous les écoutons à propos de « Mayors for Peace », toujours autour des tables rondes du « Serpent Bar ». n’est ce pas une bonne stratégie de motiver les petites communes à s’engager pour la Paix pour déclencher l’adhésion de plus grandes, souvent plus clivées politiquement ? comment impliquer des élus aux engagements politiques différents ?
Et de comparer la Belgique et la France. Comment déclencher l’intérêt : tiens, untel que je connais bien à adhéré, pourquoi pas notre municipalité ! Pierre dit aussi son souci de préserver l’autonomie de notre mouvement tout en soulignant l’intérêt de « Mayors for Peace » pour tous les citoyens.
 
    Sur le chemin du déjeuner, nous croisons le groupe de l’Italie qui a l’air d’être très satisfait de sa rencontre : « mêmes positions que le Mouvement de la Paix, mais que va-t-il se passer avec le retour de Berlusconi ? » !
Les travaux de l’UNIDIR commencent bien à l’heure, la tribune est complètement occupée, la salle beaucoup moins… pas mal d’ONG sont présentent et émargent : la WILPF, IPPNW, GIPRI, CESIM… nous ajoutons « Le Mouvement de la Paix ». pas de traduction, un peu difficile de suivre tous les échanges en anglais. Ouf , Anne arrive. Elle prend de nombreuses notes en anglais. A la tribune, le Dr William Potter, directeur du « James Martin Center for Non Proliferation Studies » parle. Le mot « steps » for desarmement revient fréquemment.
A la sortie, nous examinons avec un grand interet l’exposition « Kein bravo für Bikini » ( pas de bravo pour Bikini) réalisée par « Pazifik Netzwerk », une ONG allemande qui a travaillé sur 50 ans de tests atomiques dans le Pacifique.
 
   

Les chiffres et les cartes, photos à l’appui sont éloquents :

  • 90.000 personnes déplacées
  • jusqu’en 1970, 1000 essais
  • jusqu’en 1980, 1560 essais
  • jusqu’en 1990, 2050 essais
  • jusqu’en 2006, 2057 essais dans le monde

et l’arsenal, d’après www.atomwaffena.info

  • Chine                    : 200
  • France                  : 348
  • Royaume-Uni        : 200
  • Inde                       : 40-50
  • Israël                     : 75-200
  • Corée du Nord      : 0-10
  • Pakistan                : 24-48
  • Russie                   : 16.000
  • USA                       : 9.960

Israël possèderait autant de têtes nucléaires que la Chine !!
La Chine moins que la France…
Le Mouvement de la Paix en veut : O.

 
   

Nous analysons aussi deux peintures murales de très grandes dimensions datant de 1951 de Anne C. d’inspiration cubiste. L’une est une interprétation des quatre cavaliers de l’Apocalypse ; la mort domine tenant une immense faux et une chaîne, elle renverse la balance de la justice, l’ange de la liberté est précipité au sol. Très troublant, les tous petits personnages figurants une humanité implorante et désespérée.


 
L’autre toile est composée à partir d’une figure féminine monumentale qui marque de part et d’autre deux thèmes : d’un côté la guerre avec des fusils, des destructions, dans une dominante noire et bleue, de l’autre : la vie avec l ‘éducation, la maternité, la construction, l’agriculture. En haut, des mains envoient une colombe sur le monde.


En fin d’après midi, au seuil du « Serpent Bar », nous apercevons Gérard très surexcité, comme mû par des ressorts, un vrai zébulon de Paris. Et pour cause : il est suivi de deux asiatiques. Nous nous regardons, ce sont les représentants de la Chine ! En moins de cinq minutes, toute la délégation du mouvement se retrouve là. Par miracle, par le téléphone arabe ? non, la sortie de l’AG d’Abolition 2000 Europe.

    Ces excellences aux yeux bridés sont deux, calmes, détendus. Ils permettent les photos pour la maison de la paix et accueillent nos questions qui fusent non seulement de Pierre, of course, mais aussi de Florence, Mathilde, Anne, Michel…
La conversation est sérieuse, plutôt structurée. Le qui-vive du début se transforme au fil de la conversation en un échange animé et même en un véritable éclat de rire (pas jaune !) au moment des 10.000km de portée du M51.
En quelques 25 mn, un grand éventail de questions sont traitées et les réponses sont profondes. Le compte-rendu va être captivant ! la colombe de Picasso offerte par Nathalie suscite l’enthousiasme et génère quelques poignées de mains chaleureuses. Nathalie nous apprend que les représentants de la Chine ont fait la démarche auprès de l’Ambassade de France pour nous trouver afin de répondre à notre demande d’audience.
 
    La soirée se termine autour d’un repas dans le cadre de la préparation de l’AG d’Abolition 2000 Monde. Pierre et Nathalie passeront la journée de demain avec Abolition 2000 Monde.
Nathalie restera la semaine prochaine en compagnie de Nathalie, d’Albertville, de retour du Pas-de-Calais. Elles ne manqueront pas de construire des « steps » pour la Paix.
 
       
       
       
       
       
   

 
       
       
   

A consulter aussi :

- La composition de la délégation
- Le programme
- Le journal de bord
- Les compte-rendus des rendez-vous avec les ambassades

- Les activités des ONG
- Les positions des principaux pays lors du débat général

 
     
       
       


 
     
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