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Prepcom 2008: les compte-rendus des rendez-vous de la délégation avec les ambassades |
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Lundi 28 avril 2008 |
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| Rendez-vous avec l'Ambassade de Corée du Sud |
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M. OH Joon représentant l’Ambassadeur de Corée du Sud nous fait part du souhait de son pays de voir, à terme la disparition totale de tout armement nucléaire, mais il ne lui semble pas possible de le réaliser immédiatement. Ce sera un processus long et difficile.
Il nous explique ensuite que six pays jouent un rôle très important dans la dénucléarisation de la Corée du Nord :Etats-Unis, Japon, Chine, Russie, Inde, Malaisie.
Il n’a pas été prouvé de manière certaine que la Corée du Nord avait l’arme nucléaire mais comme ce pays tente de s’exclure du TNP, il est très difficile de procéder à des vérifications.
Il a conclu par l’importance du rôle de l’AIEA qui a acquis des moyens supplémentaires avec la signature du protocole additionnel.
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Il considère important de promouvoir de façon conjuguée les 3 piliers du TNP : (désarmement nucléaire, non prolifération nucléaire, utilisation pacifique de l’énergie nucléaire).
Il reste des défis considérables au TNP qui requièrent l’engagement renforcé de toutes les parties au traité, dont le risque de prolifération (problématiques DPRK et Iran), l’insuffisance des progrès en matière de désarmement nucléaire, et la menace d’une possible combinaison entre nucléaire et terrorisme.
Pour traiter ces défis, nous devons faire face aux problèmes et faiblesses du régime du TNP et les résoudre et les surmonter avec détermination.
Comment renforcer le TNP ?
- doter l’AIEA de véritables outils de contrôle : généraliser l’accord de protection globale et le Protocole Additionnel, qui devrait être obligatoire pour accéder au nucléaire,
- Il faut que les Etats de l’Annexe 2 (Pakistan, Inde et Israël) ratifient le CTBT en urgence,
- Il faut accélérer le démarrage des négociations du TIPMF
- Il faut que tous les Etats adhèrent au TNP sans délai,
- En cas de retrait d’un Etat du TNP il faut un mécanisme de réponse collective effective
- Il faut alerter les populations du monde entier sur les dangers de la prolifération nucléaire et les bénéfices du désarmement nucléaire, afin d’inciter de plus nombreux Etats à choisir et rester sur le chemin du désarmement et contre la prolifération.
Compte-rendu réalisé par Florence (Paris)
et Michel (Istres) |
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| Rendez-vous avec l'Ambassade du Mexique |
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Michèle Tripon et Pierre Villard des Alpes de Hautes Provence avec Mme Mabel-Gomes vice-ambassadrice du Mexique |
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Mardi 29 avril 2008 |
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| Rencontre avec l'Ambassade des Pays-Bas |
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| Monsieur Landmann nous accueille chaleureusement et parle un français parfait. Il nous a sembl,é lors de l’entretien, que l’ambassadeur avait apporté des nuances sur les positions de son gouvernement. |
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Comment se présentent, à son avis, le Prepcom 2008?
Le contexte est plutôt favorable d’après l’ambassadeur, comme en témoigne plusieurs déclarations :
- l’article co-écrit par les « 4 Chevaliers » (Kissinger, Nuun, Perry, Schultz) dans le « Wall Street Journal » en Janvier 2007, intitulé « A world free of Nuclear weapons » Ces quatre chevaliers ont été à des postes clefs dans l’histoire de la politique de défense américaine
- le discours de Gordon Brown en Inde
- le discours de Cherbourg de Nicolas Sarkozy.
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Il souligne aussi les avancées à la Conférence permanente du Désarmement de l'ONU depuis 2 ans. En effet, normalement, six présidents dirigent cette conférence pendant deux mois. Sous la présidence polonaise, une plateforme de 6 président a été constituée. Un accord était proche en Octobre 2007, mais le Pakistan s'y est opposé notamment en raison de l’accord nucléaire entre les USA et l’Inde. La Chine était prête à signer mais n'a pas voulu « embarrasser » le Pakistan. l’un des principaux obstacles au désarmement nucléaire va d’après l’ambassadeur être le Pakistan et peut être la Russie. L’Inde et la Chine sont intègres à l’économie mondiale.
La Hollande et le nucléaire:
- La Hollande a poursuivi des activités d’enrichissement dans le cadre du projet Urenco en partenariat avec Allemagne et Angleterre. La matière enrichie était destinée au nucléaire civil allemand, ce qui explique que cette activité ait été développée à la frontière entre les deux pays. Les Pays-Bas soutiennent indirectement le programme nucléaire israélien comme en témoigne le discours du ministre hollandais à l'OTAN. En effet, ce dernier a passe sous silence la non adhésion d’Israël au TNP et a vivement critique l’Iran. Les Pays-Bas soutiennent l’OTAN car ils voient dans cette alliance une force d’intervention pour rétablir la paix, comme en ex-Yougoslavie et pour aider les pays de l’est qui perçoivent ‘ influence de Mr Poutine. De plus, la Hollande doute des capacité’ de l’Europe à maintenir la paix, même si une «percée immense » se dessine avec la création d’un poste d’ambassadeur aux affaires politiques européennes permanent et d’un conseil militaire.
La France et les Etats-Unis :
L’ambassadeur évoque avec nous deux acteurs importants du désarmement nucléaire : la France et les Etats Unis.
La France n'aime pas parler de désarmement et de zones de sécurité mais depuis deux ans elle change, comme en témoigne le discours de Cherbourg. Au niveau international, Nicolas Sarkozy a convaincu car il n'est pas anti-américain. Cependant, ces nombreuses « gaffes » tendent à le discréditer.
La position des Etats-Unis vis à vis du désarmement nucléaire est en train de changer.
L’article des « 4 chevaliers » va en ce sens ainsi qu’un article de Obama et Clinton dans la revue Foreign affairs. Les USA veulent désarmer car l’arme nucléaire coûte cher et elle est discréditée auprès du grand public. Les militaires ne l'apprécient pas.
Le projet de convention d’élimination des armes nucléaires proposé par le Costa Rica et la Malaisie est jugé intéressant par l’ambassadeur.
Compte-rendu réalisé par Mathilde.
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Rencontre avec l'Ambassade du Japon |
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Membres de l’Ambassade participant à la rencontre : Yasunari Marino, Mishiru Nashida
Membres de la délégation des ONG françaises : Gérard – Nathalie – France - Michèle T - Claude – Michèle M |

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Pouvons-nous attendre des progrès de ce comité préparatoire à la conférence de révision du TNP en 2010?
Le Japon a signé le TNP et souhaite son renforcement, ainsi qu’un progrès vers le désarmement. Aux yeux de notre interlocuteur, ce progrès ne peut se faire qu’étape par étape. Il lui semble illusoire de vouloir arriver rapidement à l’abolition totale des armes nucléaires dans tous les pays, comme le voudrait le projet de convention proposé par la Malaisie et le Costa Rica. Le traité est révisé tous les cinq ans et on construit la confiance par le développement des relations multilatérales.
Notre interlocuteur insiste sur le rôle crucial qu’ont à jouer les puissances nucléaires, dont la France, en direction du désarmement nucléaire. D’après lui, les ONG françaises ne donnent pas l’image d’une mobilisation suffisante. |
Les membres du Mouvement de la Paix dénoncent l’existence en France d’un « mur des médias » difficile à franchir, et rappellent l’envoi d’une délégation de 135 personnes au Japon en 2005 et de délégations annuelles pour célébrer l’anniversaire des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. Plusieurs des représentants du Mouvement de la Paix participant à l’entretien se sont d’ailleurs rendus au Japon à l’une ou l’autre de ces occasions.
De par son histoire, le Japon est sensible au désarmement nucléaire. Il faut, d’après notre interlocuteur, être infatigable dans les efforts dans ce domaine. C’est un travail de longue haleine, qui doit être concrétisé par des traités. Le respect de ces traités, y compris le Protocole Additionnel, est nécessaire pour ne pas laisser le champ libre au terrorisme. Le Japon soutient par ailleurs le développement des zones dénucléarisées.
Un des premiers enjeux de la sécurité du Japon se situe en lien avec la politique d’armement en Corée. L’histoire des relations entre Japon et Corée en fait une question complexe, qu’il faut séparer, aux yeux de notre interlocuteur, des autres problématiques du TNP. Empêcher la Corée de développer son armement est un des axes importants des négociations portant sur la sécurité. En 1991, a été signé, sur une initiative présidentielle, un accord avec la Corée du Nord et la Corée du Sud garantissant l’absence d’armes nucléaires sur leurs territoires. Depuis a eu lieu l’épisode DPRK, suite auquel ont été effectuées des vérifications par les Etats-Unis sur le territoire Nord-Coréen.
.Que pensez-vous de la Convention d’élimination des armes nucléaires proposée par le Costa Rica et la Malaisie ?
Quatre pays font des efforts pour réduire les armes nucléaires - Russie, France, Royaume Uni et USA - mais la Chine, l’Inde, le Pakistan et Israël ne progressent pas. L’objectif final est bien sûr d’arriver à une abolition totale des armes nucléaires. Aux yeux de notre interlocuteur, le traité CTBT (TICE : Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires), non encore ratifié par la Chine, constitue un signe très positif des progrès réalisés récemment.
Que pense le Japon de la proposition russe de ne pas permettre aux pays possesseurs d’armes nucléaires d’en installer dans d’autres pays ?
Cette proposition concerne avant tout les pays de l’OTAN. L’article 9 de la constitution japonaise interdit en effet tout armement nucléaire. La politique menée par le Japon repose sur trois principes : le Japon ne possède pas d’armes nucléaires, il n’en produit pas et n’autorise pas la présence d’armes nucléaires d’autres pays sur son territoire. Notre interlocuteur affirme que ces principes sont respectés au Japon. Il ne pense pas que l’article 9 soit actuellement en danger.
Le ressenti des membres de la délégation est positif à l’issu de l’entretien avec les représentants japonais. L’entrevue s’est déroulée de façon ouverte et constructive, même si elle n’apporte que peu d’informations nouvelles. |
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| Rencontre avec l'Ambassade de Turquie |
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Le représentant de l’ambassade turque M. Vehbi Esgel Etensel est surpris de voir les français assister si nombreux au Prepcom 2008 de Genève. Il n’avait pas conscience que la question nucléaire fait l’objet d’un débat en France. En Allemagne, l’existence d’un débat au sein de la société civile sur les questions nucléaires est beaucoup plus visible de l’étranger. En France, cependant, il est vrai que la barrière des medias est difficile à franchir pour le Mouvement de la Paix, et il n’y a pas eu de grande manifestation depuis celles des années 80 contre les missiles Pershing et SS20.
En Turquie, la question de l’armement nucléaire est également très peu débattue. Quelques localités sont membres de Maires pour la Paix. La Turquie ne possède pas d’armes nucléaires, mais notre interlocuteur n’a pas démenti la présence d’armes nucléaires de l’OTAN sur son territoire. La Turquie ne semble pas prédisposée à suivre l’exemple de l’Espagne, de la Grèce, de l’Ukraine, qui n’ont plus d’armes atomiques étrangères dans leur pays.
Sur une question du Mouvement de la Paix concernant le nucléaire civil, le diplomate précise que la Turquie n’a pas de centrale, mais possède un centre de recherche. Les risques sismiques élevés en Turquie, en particulier à Istanbul et sur tout le plateau anatolien posent, aux yeux de la population turque, problème pour l’implantation de centrales nucléaires. Nous remarquons que ce problème ne bloque pas la présence d’armes nucléaires. La Turquie a de grands besoins énergétiques, et, de par la faiblesse de ses ressources propres, mises à part quelques centrales hydrauliques et thermiques, doit importer 90% de son énergie sous forme de gaz et de pétrole. Le Mouvement de la Paix évoque les possibilités en autres sources d’énergie, en particulier renouvelables.
De par la situation géographique de la Turquie, qui la place au cœur de nombreux enjeux stratégiques, le diplomate nous explique que la population est rapidement en proie à de vives inquiétudes, et que le pays doit faire preuve de vigilance. A de nombreuses reprises, la population turque s’est sentie menacée, notamment lors de conflits en Irak, en Palestine, au Liban. Notre interlocuteur évoque les scuds envoyés dans le passé par les Irakiens sur Israël. Pendant la guerre froide, les turcs craignaient que les Etats-Unis dirigent leurs armes sur la Turquie pour endiguer une éventuelle avance des russes vers l’Europe.
Ce danger a disparu, mais le risque de prolifération existe toujours. Pendant la guerre froide, personne ne se risquait à quoi que ce soit. Aux yeux de notre interlocuteur, aujourd’hui le monde est devenu plus instable et moins prévisible.
Que fait la Turquie pour faire progresser les questions du désarmement et de la paix, demande la délégation du Mouvement de la Paix. Le diplomate répond que la Turquie a assuré mi février-début mars la présidence de la conférence sur le désarmement, où malheureusement aucun programme de travail n’a été accepté depuis dix ans. Il existe des divergences de vue très profondes entre les pays. La question primordiale est la suivante à ses yeux : qu’est ce qui peut être accepté par tous et comment trouver un plus petit dénominateur commun ? Soutenu par la Turquie, le TIPMF* permettrait à la conférence sur le désarmement de progresser. La question de la transparence est également cruciale dans ces discussions. D’après lui, la France, le Royaume Uni, les Etats-Unis et la Russie sont relativement transparents sur leurs programmes nucléaires, mais la Chine ne dévoile rien.
Le Mouvement de la Paix évoque les zones dénucléarisées, et en particulier le projet de zone au Moyen Orient. La Turquie y est favorable. Le pays a de bonnes relations avec Israël. Celles avec la Syrie sont stabilisées. A l’heure actuelle, les relations avec l’Iran et l’Irak sont gérées sur le mode bilatéral plutôt que dans les instances internationales où la Turquie fait preuve de prudence et de réserve sur ces sujets. En Mars 2003, le parlement turc n’a pas autorisé l’utilisation de son territoire aux appareils US lors de la dernière guerre en Irak. La Turquie souhaite que l’on trouve une solution pacifique à la fois en Irak et en Iran.
Le Mouvement de la Paix mentionne qu’au nord de la mer noire, dans tous les pays d’Europe Orientale, mise à part la Russie, il n’y a plus d’armes nucléaires. Cet ensemble pourrait constituer une zone dénucléarisée en Europe, dont la Turquie pourrait faire partie. La guerre froide étant terminée, la présence des armes de l’OTAN a perdu sa légitimité. Pas de réponse du diplomate turc sur cette question.
Compte-rendu réalisé par Joël Frison (Bourges) et Nathalie Rémond (Albertville)
* Traité d’interdiction de la production des matières fissiles pour les armes nucléaires ou d’autres dispositifs nucléaires explosifs (FMCT en anglais). |
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| Rencontre avec l'Ambassade d'Irlande |
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| Rencontre avec l'Ambassade de France |
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| Rencontre entre la délégation des pacifistes français (une trentaine de personnes de divers mouvements ) et M.Dobelle Ambassadeur de France à la conférence du désarmement de l’ONU accompagné de 4 membres de la mission française (civils et militaires) |
Pierre Villard, co-président du Mouvement de la Paix, présente les membres de la délégation et précise que, pour nous, l’objectif de cette rencontre est d’adresser aux dirigeants de la politique française un message fort pour le désarmement nucléaire. Il exprime notre satisfaction de constater que, contrairement à ce qui s’était passé à Vienne l’année dernière, les déclarations des délégations ne se focalisent pas de manière presqu’exclusive sur la question de la prolifération mais font plus de place à la question du désarmement, souvent la première place. Cependant, alors que le monde a changé, les évolutions de la doctrine de sécurité tardent à se manifester. Pour conclure il indique que Dominique Lalanne présentera les positions et observations de la délégation, exposé qui sera suivi d’interventions particulières de quelques amis de la délégation.
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Dominique Lalanne, co-président d’Abolition des armes nucléaires / Stop Essais, reprenant le constat d’une paralysie de la doctrine stratégique de la France par rapport à une situation mondiale qui a changé, procède au nom de la délégation à une analyse critique de quelques éléments du discours de l’ambassadeur en plénière :
- Désaccord de notre délégation avec l’affirmation qu’il n’y a pas de lien entre le processus de désarmement et le processus de prolifération nucléaire. Les mesures de désarmement adoptées par les Etats dotés, pour ne pas être négligeable ne correspondent pas à un processus visant l’élimination des armes nucléaires. L’exemple de la France dans les années 90 est éloquent : les mesures unilatérales de désarmement prises alors étaient plus utiles à la France qu’au désarmement : se débarrasser d’armements rendus obsolètes par le contexte de la fin de la guerre froide et dont l’entretien coûtait cher.
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- Dans la même période des décisions beaucoup significatives étaient prises pour doter notre pays des moyens de moderniser son arsenal nucléaire sans procéder à des essais nucléaires grandeur nature (laser mégajoule, …). Ceci signifiait clairement que la réduction en quantité de notre arsenal nucléaire était accompagnée d’une augmentation en qualité avec la volonté de pérenniser la doctrine de dissuasion nucléaire.
- Le lien entre le risque de prolifération nucléaire et la promotion de l’énergie nucléaire a donné lieu à un message trop faible. Or l’enrichissement et le retraitement sont des technologies typiquement proliférantes.
- A la fin de son intervention lors d’une séance des Ong, Michel Rocard a exprimé sa conviction que le monde a changé mais que la doctrine de sécurité officielle reste essentiellement identique à ce qu’elle était à l’époque de la guerre froide. Le fait qu’une quarantaine de pays ont les moyens de se doter de l’arme nucléaire en un délai court ( ceux qui doivent ratifier le TICEN pour que celui-ci entre en vigueur) invite à aborder la question de la sécurité d’une manière renouvelée.
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Jean-Marie Montagne, Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire, interpelle l’ambassadeur sur le fait que le transfert de technologies nucléaires ne peut que nourrir la prolifération, que la seule issue est donc de sortir du nucléaire ce qui devrait conduire à une révision essentielle en supprimant le troisième pilier du TNP, c'est-à-dire son article IV. Il demande aussi pourquoi la France ne pourrait pas marcher du même pas que le Royaume Uni.
Daniel Durand de l’Institut de Recherche et de Documentation pour la Paix, s’interroge sur la signification d’une phrase de la déclaration de l’ambassadeur : « Si tout le monde n’est pas d’accord, on en reste là ». Doit-on comprendre que nos représentants renoncent d’avance à se battre avec opiniâtreté pour gagner la bataille du désarmement nucléaire ?
Annie Frison, du Cher interroge l'ambassadeur sur la place des femmes dans la délégation officielle de la France. Aucune réponse ne lui sera apportée malgrè la présence de LA numéro 2 de l'ambassade.
Jean-Yvon Landrac, Réseau Sortir du Nucléaire, demande que la France contribue à l’instauration d’une sécurité plus grande en supprimant la mise en alerte permanente d’une partie de nos moyens nucléaires.
Jean-Pierre, notre ami des Pyrénées orientales exprime son inquiétude devant la perspective d’un risque d’échec de la Conférence d’examen de 2010.
Réponse de l’ambassadeur :
Après les amabilités d’usage concernant le recueil de nos propos et leur transmission à ses autorités, il reprend d’abord l’essentiel de l’analyse exprimée par Sarkozy à Cherbourg. Il exprime ensuite son désaccord avec notre analyse présentant la bombe atomique comme « arme de la guerre froide » rendue obsolète par la fin de celle-ci. Certes le contexte de la guerre froide a poussé à la course aux armements nucléaires, mais c’est le contexte de la deuxième guerre mondiale qui est à l’origine de l’arme nucléaire.
Répondant à Dominique, il affirme qu’il faut élargir le propos. Les années 90 ont vu plusieurs mesures importantes dans le domaine du désarmement et c’est pendant cette période que de nouveaux Etats se sont engagés dans la voie de la prolifération. On ne peut donc pas affirmer que la promotion du désarmement nucléaire élimine le risque de la prolifération ; l’histoire en a fait la preuve ; il faut être réaliste. L’article 4 du TNP reconnait un droit revendiqué par tous les Etats , ne pas le reconnaitre serait discriminatoire à l’égard des Etats qui ne sont pas reconnus comme puissances nucléaires par le TNP. Mais cet article ne reconnait pas explicitement le droit à toutes les technologies du cycle nucléaire (enrichissement, retraitement). Un équilibre doit être trouvé dans l’interprétation et l’application de l’article 4 ; « droit inaliénable » n’est pas synonyme de « droit inconditionnel » : l’article IV est « sous réserve du respect des articles I, II et III. L’objectif de la conférence d’examen de 2010 est de parvenir à un consensus sur l’interprétation de l’article IV. |
Concernant les inquiétudes exprimées, il pense que ce Comité Préparatoire a bien démarré, sans les incidents et blocages de Vienne , les débats se déroulent dans une atmosphère sérieuse et studieuse avec des échanges de vue qui permettent d’identifier les bases d’un consensus sur cet article IV.
Il répond à la demande de clarification sur la phrase de sa déclaration que, en ce qui concerne le désarmement, le principe de réciprocité est de toute première importance.
Sur le souhait de suppression de la mise en alerte permanente d’une partie de nos forces nucléaires, il répond que le niveau d’alerte de nos forces a déjà été réduit par deux fois, en 92 et en 96.
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Enfin il a jugé important de nous informer sur les travaux de la commission du désarmement de l’ONU pour nous dire que, depuis un an, il n’y a pas d’évolution significative. Des propositions de compromis permettaient la poursuite de discussion sur les assurances négatives de sécurité et l’ouverture de la négociation « Cut off ». Le sujet le plus mûr pour une négociation semble être ce traité « Cut off », mais trois pays (Iran, Pakistan et Chine) rejoints cette année par un quatrième, la Syrie, ne sont pas en mesure de s’y rallier.
Il conclut ses propos en affirmant qu’on ne pourra avancer vers le désarmement nucléaire qu’à deux conditions :
- si le traité TICEN entre en vigueur (ce qui exige encore la ratification de neuf Etats dont les USA)
- si le traité « Cut off » est adopté et ratifié.
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Pierre Villard demande la possibilité de rebondir sur ces réponses pour apporter les précisions suivantes :
- le dialogue n’a de sens que si on ne se place pas en adversaire mais en personnes qui ont des objectifs communs,
- effectivement le monde n’est pas moins dangereux que du temps de la guerre froide, et ce en grande partie à cause de la bombe atomique,
- pour nous, les bombardements sur Hiroshima et Nagasaki constituent le premier acte de la guerre froide,
- quand nous parlons des pays nucléaires, nous parlons de tous les pays dotés de l’arme nucléaire, y compris la Chine, le Pakistan, l’Inde et Israël,
- nous nous inquiétons du fait qu’on parle beaucoup moins que l’année dernière de le zone libre d’armes nucléaires au Moyen-Orient,
- enfin, nous adressant aux cinq puissances nucléaires selon le TNP, n’est-ce pas difficile de rester insensible aux critiques de tous ces Etats qui estiment que si eux faisaient des efforts pour mettre en œuvre de bonne fois leur engagement de viser l’élimination des armes nucléaires, ca aiderait au développement de l’ensemble du processus.
L’ambassadeur répond pour finir qu’une séance spéciale est prévue pour traiter de la création de cette zone sans armes nucléaires et que de nombreuses délégations ont réservé leur intervention sur cette question pour cette occasion. D’une manière générale, il affirme que la légitimité du TNP est reconnue par quasiment la totalité de la communauté internationale et qu’il doit être renforcé, ce qui suppose que les trois piliers soient traités d’une manière équilibrée.
Claude Ruelland (Calvados), d’après ses notes prises pendant la rencontre
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| Vendredi 2 mai 2008 |
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| Rencontre avec l'Ambassade d'Italie |
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| Rencontre avec l'Ambassade du Royaume-Uni |
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En présence de Madame Fiona Patterson du Ministère des Affaires Étrangères (Représentante permanente du Royaume Uni à la Conférence de désarmement,) et du Dr Glenn Kelly du Ministère de la Défense. |
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Bilan sur la précédente Prepcom :
Pour la délégation britannique la précédente Prepcom a été tout sauf un échec. Les ONG ont joue un rôle considérable en interpellant l Iran sur ses responsabilités La précédente Prepcom a permis de connaitre les positions de chaque pays sur la question du désarmement et de la non prolifération et d établir un agenda opérationnel cette année. Ainsi, la Prepcom de 2008 avance plus rapidement bien que cette première semaine soit peu dynamique : l ambassadeur iranien est seulement arrive aujourd’hui. Les délégués attendent de voir l attitude de l Iran vis-à-vis de l arme nucléaire.
Comment va se passer cette Prepcom ?
Les négociations sont un processus longs. Pour qu’elles avancent, plusieurs critères sont essentielles d après Madame Paterson :
- Les pays ne possédant pas l arme nucléaire ont un rôle décisif à jouer en s exprimant dans les débats sur la non prolifération et le désarmement
- Les ONG peuvent mettre certaines délégations en face de leur responsabilités, tel l Iran ou bien encore le Pakistan (rencontre avec le gouvernement français pour que ce dernier rencontre le gouvernement d Islamabad)
- Un travail de fond entre les cinq détenteurs officiels de l arme nucléaire est nécessaire
Comment parvenir a un accord en 2010?:
Le RU considère qu’une plus grande coopération entre les Russie, Chine, USA, France et Angleterre pourrait être la base d un travail réussi.
France : le Royaume-Uni considère que la France montre des signes encourageants, notamment suite au discours de Cherbourg ou Nicolas Sarkozy s est engage à rendre transparent l arsenal français en permettant des visites de l AIEA.
Accord Inde- Etats-Unis :
Le Royaume Uni se positionne d une manière qu’elle qualifie de « pragmatique ». Elle soutient les Etats- Unis dans cette démarche car cet accord permettrait de connaitre plus exactement l arsenal indien.
Iran : le RU n est pas contre le programme nucléaire civil iranien, mais veut plus de transparence
Pour le Royaume Uni, les ONG ont un rôle à jouer dans les négociations internationales : elles peuvent s écarter des comportements et des contraintes diplomatiques pour interpeller les gouvernements sur leurs responsabilités. |
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| Rencontre avec l'Ambassade de Chine |
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Entretien avec la Mission diplomatique de la République Populaire de Chine M. YU PENG.
Nous sommes reçus au « Serpent Bar » par deux membres de la délégation de la République Populaire de Chine.
M. YU PENG va répondre à nos questions de manière très courtoise et relativement précise. |
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Sur son impression générale tout d’abord, le diplomate pense qu’il règne cette année une atmosphère générale très positive. Les discussions abordent les sujets en profondeur.
Il espère un consensus général d’ici à la fin de la conférence permettant l’élaboration d’un document final.
La Chine met beaucoup d’espoir dans le processus du TNP et pense qu’il faut promouvoir de manière égale les trois piliers (désarmement, non prolifération, nucléaire civil), sans en privilégier un par rapport aux autres, ce qui déséquilibrerait le processus.
A la question de savoir pourquoi la Chine est perçue par d’autres états nucléaires, dont la France, comme faisant peu d’efforts voire régressant dans le processus de désarmement, M. YU PENG proteste avec véhémence. Il ne comprend pas cette perception de son pays qui est, pour lui, totalement fausse.
Il nous explique que la Chine est le seul état nucléaire à avoir entrepris de détruire totalement certaines de ses armes et que la RPC n’a qu’un seul but, la disparition totale de tout armement nucléaire. Il nous informe que la RPC a proposé à tous les autres états nucléaires l’élaboration d’un traité par lequel chaque état doté de l’arme nucléaire s’engagerait formellement à ne pas attaquer en premier. Les quatre états concernés ont refusé car ils considèrent avoir le droit de porter la première attaque. |
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Interrogé sur les vérifications et la transparence concernant les installations nucléaires, il répond que la Chine est tout à fait d’accord de se plier à cela.
Concernant la ratification du CTBT, il est probable qu’elle intervienne dans un délai relativement proche. Des discussions sont actuellement en cours au sein du Congrès chinois. La Chine n’attend nullement la ratification du traité par les Etats-Unis d’Amérique pour ratifier elle-même.
Pour ce qui est de la Convention proposée par le Costa Rica et la Malaisie, La RPC pense qu’il s’agit d’une proposition très positive allant dans le sens de son souhait de voir émerger un monde libre d’armes nucléaires. La RPC soutient totalement cette proposition. |
Est ensuite évoqué le missile français M51, le nouveau sous-marin nucléaire « Le Terrible ».
Le diplomate nous explique qu’il a entendu au cours de cette semaine des opinions très divergentes concernant la politique française en matière d’armement nucléaire, certains états approuvant cette position, d’autres la condamnant.
Concernant la Chine, il note que la position de la France est ambigüe et il ne comprend pas vraiment ou veut en venir notre chef de l’état. Il relève aussi que la France ne cesse de moderniser son arsenal nucléaire.
Pierre note alors que le missile M51 a une portée de tir qui approche les 10 000 km lui permettant d’atteindre la RPC et qu’il a peur de ce qui pourrait être une riposte.
Cela déclenche quelques rires dans la délégation chinoise.
Questionné sur la Corée du Nord, M. YU PENG explique que durant deux ans, il a participé aux discussions permettant le règlement de cette question.
La situation est actuellement stabilisée, des documents officiels entérinés par les Etats-Unis et la Russie montrent qu’il n’y a plus d’activité nucléaire militaire en Corée du Nord.
Pour ce qui est de l’alliance éventuelle entre la Corée du Nord et la Syrie, elle ne semble pas d’actualité et ce problème sera traité avec efficacité si il se pose un jour.
Concernant l’Iran, le diplomate réprouve fortement l’attitude des états nucléaires, notamment celle de la France et des Etats-Unis.
L’Iran a tout à fait le droit d’utiliser de manière pacifiste et civil l’énergie nucléaire.
Ce pays n’a pas actuellement l’intention de fabriquer la bombe. Néanmoins, si l’Iran continue à se sentir en permanence stigmatisé par la communauté internationale et menacé par l’arsenal nucléaire d’Israël, pays soutenu de manière inconditionnelle par les Etats-Unis mais aussi d’autres grandes puissances, il se pourrait que l’Iran bascule dans la logique de l’armement nucléaire. Il ne faut pas les amener à cette extrémité.
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En conclusion, M. YU PENG nous fait part de sa satisfaction d’avoir eu cet entretien avec des pacifistes français. Il souligne que notre action est très positive et ne peut qu’être appréciée par la Chine qui poursuit, en tant qu’état, le même but : la disparition totale de l’arme nucléaire.
Deux pin’s « Colombe » de Picasso sont remises à la délégation chinoise en fin d’entretien par Pierre et Nathalie. Ils en sont vivement remerciés par M. YU PENG.
Ont participé à cette rencontre Pierre, Michel, Anne, Michèle, France, Alain, Nathalie, Mathilde et Florence.
Compte-rendu réalisé par Florence. |
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A consulter aussi :
- La composition de la délégation
- Le programme
- Le journal de bord
- Les compte-rendus des rendez-vous avec les ambassades
- Les activités des ONG
- Les positions des principaux pays lors du débat général |
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