Nous avons été reçus par l'ambassadeur du Pakistan auprès de l'ONU. Nous avons discuté avec lui du problème des armes nucléaires.
Il nous a exposé son point de vue et les raisons politiques et stratégiques pour lesquelles le Pakistan reste une puissance nucléaire. Il y a entre l'Inde et le Pakistan des tensions politiques pour l'annexion du Cachemire.
Le Pakistan est une puissance nucléaire malgré elle : puisque l'Inde possède l'arme nucléaire, le Pakistan en a besoin pour dissuader l'armée indienne de l'envahir. C'est en possédant la bombe nucléaire qu'il démontre son potentiel militaire. Pourtant, le Pakistan n'est pas en état d'alerte, puisque les têtes nucléaires ne sont pas au même endroit que leurs vecteurs.
Le Pakistan essaie de calmer les choses à travers différentes mesures pour accroître la confiance entre les deux pays. Il souhaite signer le CTBT (traité interdisant les essais nucléaires) ainsi que l'ABM (traité interdisant les missiles balistiques) simultanément avec l'Inde.
Le Pakistan est contre la prolifération verticale, qu'il considère comme une évolution dangereuse de la doctrine de la guerre froide.
Il reproche à la communauté internationale de se focaliser sur le terrorisme nucléaire qui est la menace la moins plausible. Le réel danger est l'existence de zones poudrières dans le monde.
Pour lui, la sécurité vient d'un équilibre des forces.
La conférence de révision ne peut pas demander aux petits Etats de réduire leur arsenal nucléaire si les grandes puissances ne le font pas. Il faut donc trouver un moyen fondé sur un système égalitaire de garantir la sécurité sans arme nucléaire. On ne peut pas détruire les armes nucléaires. Il est donc impératif de les contrôler.
A la question « Comment pouvons nous les aider à créer une zone dénucléarisée en Asie du sud ? » il répond en trois points :
Résoudre le problème du Cachemire.
Avoir un équilibre au niveau des forces conventionnelles.
Le désarmement nucléaire.
Son exposé était plus stratégique qu'humain. José Fuentès a fait remarquer à Monsieur l'Ambassadeur que la bombe nucléaire ne devait pas seulement être mise en lumièrestratégiquement mais aussi et surtout humainement. Il a rappelé le risque que fait courir l'arme nucléaire à notre planète.
Malgré le fait qu'il défende la position de son pays, il a compris notre engagement et nos convictions de la nécessité d'un désarmement nucléaire totale. |