Monsieur François Rivasseau, ambassadeur de France auprès de l'ONU à Genève, a finalement reçu, après plusieurs négociations, toute la délégation dans les locaux de la mission française. Après les remerciement et présentation, Pierre Villard (co-président national du Mouvement de la Paix) a demandé quels sont les projets et propositions de la France vis-à-vis du TNP.
Pour toute réponse, M. Rivasseau nous a fait passer la brochure officielle présentant le bilan nucléare de la France et il nous a invités à nous reporter à l'intervention faite par le Luxembourg présentant la position commune de l'Union Européenne sur ce sujet. Avant de nous énoncer ce que la France fait sur cette question, il nous a rappelé les trois piliers du TNP : la non-prolifération, l'accès à l'énergie nucléaire civile pour tous, et le désarmement.
Il nous rappelle le coût du désarmement et nous signale que depuis l'an 2000 le nombre de têtes nucléaires a diminué. Mais il passe sous silence l'amélioration permanente de leur capacité qui rend chaque jour ces armes plus destructrices et dangereuses pour l'avenir de l'humanité et de la planète. La France a tenu ses engagements pris en 1995 : ne plus faire d'essais nucléaires ni produire de matière fissile. Les seules autres puissances nucléaires à avoir tenu ces engagements sont la Chine et la Russie. La France souhaite que les autres puissances nucléaires en fassent autant, ce qui renforcerait la confiance entre Etats.
Monsieur Rivasseau dit que "les statistiques sont contre nous" : une révision sur deux fait avancer le choses et ça a été le cas la dernière fois (en 2000). La France veut renforcer l'article X du TNP pour rendre plus difficile aux pays de se retirer du traité.
Elle souhait une réelle mise en oeuvre du TNP et un renforcement de l'article IV, qui garantit à tous l'accès à l'énergie nucléaire civile. Malgré cette volonté de renforcer le TNP et son soutien à l'ouverture de la conférence faite pas Kofi Annan, les interrogations persistent : pourquoi la France ne prend-elle pas les initiatives politiques nécessaires pour ouvrir la voie du désarmement nucléaire ?
Pour notre gouvernement, l'objectif "plus d'armes nucléaires en 2020" dont de plus en plus d'Organisations Non Gouvernementales parlent, est irréaliste. Mr Rivasseau souligne qu'en 15 ans, il est possible que les négociations aboutissent, mais que le désarmement nucléaire unilatéral est l'objectif ultime à beaucoup plus long terme.
Mr Rivasseau ayant invité quelques-uns d'entre nous à rester à la rencontre qu'il avait juste après avec une délégation japonaise, Annie, Cheiko, Elise et Marion ont accepté. La délégation japonaise était composée essentiellement d' Hibakushas venus témoigner de l'horreur qu'ils ont vécue. Nous avons été choquées par l'indifférence affichée par Monsieur l'ambassadeur, par son désintérêt frisant l'impolitesse. Mr Rivasseau a eu cette attitude intolérable durant tout l'entretien, malgré l'enthousiasme des Hibakushas vis à vis de l'attitude positive de la France, y compris en ne répondant pas concrètement aux questions des Hibakushas. Nous trouvons cette attitude inadmissible de la part d'un ambassadeur représentant un pays qui se dit "bon élève" et respectant ses engagements.
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