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  Délégation française à New York pour la révision du Traité de non prolifération
 
       
    Carnet de bord de la délégation du 5 mai 2005  
   

 

 
   

Réunion quotidienne à l'hôtel

 

Briefing à la cafet' de l'ONU

 
   

Comme d'habitude, réunion de 8 à 9 h.

Des copains partent rapidement pour une réunion avec le Canada. On continue à échanger nos impressions de la veille par rapport à l'entrevue avec l'ambassade de France.

Les émotions s'expriment, vivement.

Dans la suite du programme, il y a une réunion avec la Slovénie. Pierre nous apprendra dans la journée qu'elle n'a pas eu lieu.

 

 
   

Conseil de sécurité

 
   

 

La plupart d'entre nous visitent l'ONU en deux groupes, très pédagogique, facile à suivre, cette visite… Nous prenons conscience de tout le fonctionnement de l'ONU : le conseil de sécurité, le conseil économique et social, la salle des assemblées générales, la salle du conseil des tutelles.
Le Conseil de Sécurité : 5 membres permanents (France, Chine, Etats-Unis, Grande Bretagne, Russie) et 10 non permanents qui tournent. La majorité des résolutions font des lois internationales. Si un des seuls membres permanents utilise son droit de véto, la résolution n'est pas acceptée. Celles de l'Assemblée Générale ne sont que des recommandations. Le Conseil de Sécurité décide de l'envoi des Casque Bleus dans un état.
Le Conseil de Tutelle a fini son travail puisqu'il s'occupait de la décolonisation. Il reste tout de même quelques états autonomes sous administration d'un autre état.
Le Conseil économique et social a pris une immense importance par son champ d'action : le droit à l'eau, promouvoir l'agriculture, donner des recommandations par rapport aux accidents de la route qui causent autant de morts que le sida. Les ONG peuvent travailler avec ce conseil : par exemple Amnesty, la Croix Rouge…
80% des ressources humaines et de celles des Nations Unies sont consacrées à ce conseil.
L'ONU connaît des difficultés quant au budget : budget calculé sur le PIB et le nombre d'habitants, cependant des retards de paiement.
Les cotisations devraient être payées en Janvier. Sauf cas de force majeure ou des budgets votés à des dates différentes dans les pays, en dehors de cela, les pays qui ne paient pas au bout de 2 ans de retard perdent leur droit de vote. Cependant, à ce jours, 66 pays sur 191 ont réglé leur cotisation.

 

 
   

Assemblée générale

 
   

 

 

Le désarmement est la priorité des Nations Unis . Un graphique montre qu'en 2000 les budgets pour les défenses militaires étaient de 780 milliards de dollars et actuellement sont passés à 950 milliards de dollars. Seulement avec 1/3 de cette somme, les besoins de l'humanité seraient couverts.

Une exposition sur les mines antipersonnelles  : nous apprenons qu'une mine coûte de 3 dollars à l'achat, et de 3 à 5000 dollars pour les détruire. C'est une des missions des Casques Bleus de prévenir les populations et nettoyer les sols.

En 1997, la Convention d'Ottawa, 144 pays ont signé un arrêt pour ne plus produire ces mines.

L'ONU peut promouvoir le désarmement, mais ne peut l'imposer à un pays (charte de l'ONU), les états restent souverains.

Chaque pays a offert des œuvres d'art, la France a offert un Matisse, situé dans le bureau du Secrétaire Général. Le Japon a transmis des objets ramassés sur le site d'Hiroshima : statue de St Agnès ….. de la Cathédrale Catholique, des vêtements, des métaux et des verres fondus.

En revenant vers notre  ‘QG', nous rencontrons M. David Krieger . Nous lui demandons des impressions. « It's difficult. » Il nous dit qu'il ne pourra pas être à Hiroshima car il se rendra sur le site de Los Alamos (New Mexico) où a eu lieu la première explosion nucléaire expérimentale des Etats Unis. Il trouve qu'il est très grave que des essais puissent continuer et qu'il se devait d'y être……..A coté de l'exposition de Hibakushas et de l'AIEA, nous remarquons comment les Etats Unis mettent en valeur leur position par rapport au TNP. Article VI du Traité de non-prolifération, l'engagement des E.U. avec la mise en valeur de la réduction de son arsenal (désactivation de tous le 50 missiles Peacekeeper dans la fin de l'année)

L'Assemblée Générale recommence à 15 heures, péniblement (15h15).

Montenegro  : le TNP est un des plus importants traités, insiste sur l'arrêt des essais, la coopération des états dans le traitement des essais et la nécessité de combattre par tous les moyens le terrorisme nucléaire.

Lybie  : insiste sur la nécessité d'arrêter tous les tests et la fin de l'importation de matériaux débouchant sur des fins militaires. En 1989, elle a créé un livre vert des Droits de l'homme où est exigé l'engagement de se débarrasser de l'arme nucléaire. Elle aspire à un monde de justice et de paix mais comment l'envisager? La Russie a toujours des armes nucléaires et depuis 5 ans pas de changement. Israël n'a pas signé le TNP ce qui nuit à la crédibilité du TNP. La Lybie souligne l'importance de la conférence de Mexico, d'avril 2005. Elle demande l'interdiction totale du transfert d'équipement, de conseils techniques sauf à des fins pacifiques, de prévoir un calendrier pour le désarmement et les différentes phases pour y arriver. Une convention est demandée pour la production de matières fissiles et demande au Président du Brésil d'insister pour que les armes nucléaires ne soient jamais utilisées : ce serait une catastrophe humanitaire.

La Tanzanie  : depuis 1995, elle estime qu'il n'y a pas eu de réelle évolution en dépit des résolutions adoptées. Il faut agir pour que les pays non signataires le fassent. Les 5 n'ont pas désarmés. Ils doivent donner l'assurance aux autres qu'ils n'utiliseront pas ces armes. Il se dit heureux que la Mongolie ait signé le traité de dénucléarisation. Il souhaite la « création d'une zone dénucléarisée au Moyen Orient, un renforcement du rôle de l'AIEA ». Seule garantie véritable : la destruction totale, qu'on conserve aux états le « droit inaliénable » à la recherche et à l'utilisation du nucléaire à des fins civile et pacifique.

Cuba  : exprime sa volonté d'apporter sa contribution politique aux efforts de l'ONU pour préserver la paix et la sécurité mondiale. 2% des états seulement ont le droit de conserver des armes nucléaires, ce qui explique l'attitude réservée de Cuba par rapport à un traité qui leur semblait unilatéral.

Les 5 états n'ont rien modifié, Cuba a adhéré en 2002 à la deuxième dénucléarisation du CARICOM. Elle est aussi pour la recherche et l'utilisation à des fins pacifiques, « droit inaliénable ». Cuba a réalisé un accord en 2004 avec l'AIEA et elle aimerait que tous les états nucléarisés s'engagent à détruire leurs armes, à ne pas les utiliser contre des pays non nucléarisés. Enfin, la conférence doit avoir cette exigence. Cuba parle du « terrorisme » de certains états qui arguent la non ingérence ou autre prétexte n'acceptent pas les contrôles.

Le Cambodge  : très courte allocution. Le TNP est la pierre angulaire, rôle fondamental de l'AIEA pour le contrôle et demande à l'Assemblée Générale que la menace nucléaire ne pèse plus sur le monde.

Les Îles Marshall  : idem.

La France  : le couplet chanté la veille a été rechanté à l'Assemblée Générale de façon un peu plus détaillée.

Pendant ce temps, 7 d'entre nous, futurs voyageurs à Hiroshima allaient à l'Ambassade du Japon.

Avec diplomatie, Annie présente le Mouvement, la délégation et demande au diplomate (il parle le français) comment il voit les choses. ‘Mon pays a souffert' il nous fait passer les 21 priorités pour le 21 ème siècle ; ils ont beaucoup réfléchi !!!

Rivalisant de diplomatie Pierre reprend le constat que le Japon est sous la « protection » des armes nucléaires US. Que ce n'est peut-être pas la meilleure solution et qu'il préférerait le désarmement.

Le diplomate répond qu'il le regrette aussi mais que le Japon est entouré de pays nucléarisés : Chine, Corée du Nord, Russie. Est-ce donc le moment de sortir de l'arme nucléaire ?

Sophie demande alors s'il ne vaut pas mieux jouer la carte de la sécurité avec l'établissement d'une zone dénucléarisée. Le diplomate estime que les choses peuvent avancer en même temps. Pierre reprend et demande comment être dans la doctrine nucléaire US et en même temps s'y opposer ?

La discussion repart sur la constitution européenne. Annie dit combien l'article 1 de la constitution devrait imposer le règlement pacifique du conflit et la paix. Elle souligne l'intérêt de l'article 9 de la constitution japonaise, de même que l'article XI de la constitution italienne. Cette remarque positive facilite le dialogue ; Joël dit que le Japon pourrait, de raison de son haut niveau de technologie, fabriquer la bombe nucléaire. Le diplomate répond que le Japon accepte depuis longtemps les contrôles de l'AIEA et affirme qu'il est contre toutes les miniaturisations. Après 1 heure de discussion nous nous séparons de façon cordiale.

Fin de la journée  : c'est un sunset sur l'Est River ; nous dînons à l'ONU, au grand calme, en admirant les premières lumières et l'enseigne rouge de Pepsi-Cola.

 
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
         
         
     
 
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