A l'ouverture des portes , 9h très précises, c'est la ruée internationale vers la tente de contrôle : passage aux rayons X des sacs et vestes, portique pour nous. Nouvelle attente en file pour l'enregistrement du passeport et la remise d'un formulaire d'identité !
Le maire de Santa Fé nous sourit en nous écoutant chercher la couleur de nos cheveux ! nous nous infiltrons dans la file des maires mais ne profiterons pas de notre intrusion puisque notre file est bloquée pour leur laisser la priorité. Comme nous sommes les premières, nous avons le défilé de toutes ces personnalités quel bonheur de côtoyer les maires d'Hiroshima, Nagasaki, Aubagne, Londres, les mayores espagnols, les maires bulgares, russes, bengalis…enfin, nous seront les vedettes à notre tour devant les caméras photos des agents de sécurité de l'ONU. Il est 11h45. seulement 3 heures d'attente pour être enfin badgés ! Nous pouvons aller déguster un café bien mérité pendant que deux d'entre nous, munis du « ticket sésame » nécessaire cette année compte tenu de l'affluence de participants, peuvent aller suivre du balcon l'ouverture de la conférence de révision du TNP et l'intervention du Secrétaire Général de l'ONU.
Cartes, timbres, repas, la routine quoi !
Ca y est, la semaine a vraiment commencé. Pendant que certains membres de la délégation participent à une réunion traitant d'un sujet important : « Comment faire de la conférence de révision du TNP une réussite ? », nous nous retrouvons à 13h au Church Center, face à l'ONU pour entendre les témoignages des Hibakushas . Le premier Hibakusha avait 13 ans lors du bombardement d'Hiroshima. Il encourage chacun à lutter pour la paix.
Le Secrétaire de l'ONU, Monsieur ABE, intervient : « cette expérience de souffrances ne doit pas être répétée et nous avons le devoir de travailler tous ensemble pour ne plus jamais voir cela. » Il était très impressionné par la manifestation de Central Park la veille : « Saisissons l'opportunité de travailler très fort, ensemble, dans le sens de la Paix ».
Se succèdent ensuite quatre témoignages des Hibakushas, insoutenables de par l'émotion qui s'en dégage encore, 60 ans après dans les visages et dans les voix. Cependant, quelle leçon de vie chez ces personnes ayant entre 74 et 82 ans, ayant passé toute leur vie en traitement dans des hôpitaux.
Elles se tiennent droites, très dignes, souriantes et sans un mot de haine.
Une pacifiste américaine quaker présente ses regrets en son nom personnel aux Hibakushas et pense que son pays va être capable de faire aussi cette démarche.
Elle lance un appel à la paix partout dans le monde. La journée de Central Park apparaît très importante. Elle salue le courage des Hibakushas, courage qui doit nous permettre de trouver l'énergie pour combattre les armes nucléaires.
Une japonaise intervient pour annoncer un « recording » qui permettra aux générations futures d'entendre afin que la voix de ces témoins ne s'éteigne pas. Présentation de livres de ces témoins. Nous voulons vivre longtemps et nous devons d'œuvrer pour l'abolition des armes nucléaires avec les Hibakushas, le plus grand nombre de pays doit s'unir pour cette abolition.
Un des Hibakushas fait sa première intervention en anglais pour parler du 60ème anniversaire d'Hiroshima. Allocution méritoire, toutefois difficile à suivre, sur le rythme de la langue japonaise.
Dans les questions diverses, une personne interroge sur le poids des Hibakushas sur le gouvernement japonais. D'autres les remercient chaleureusement de leur volonté et de ce qu'ils apportent de courage à l'humanité.
Fin de cet échange, sortie et départ pour l'université de New York sous la pluie. Une cérémonie en faveur des 35 Hibakushas présents est prévue. Emouvant moment.
Parmi les propositions, des universitaires américains oeuvrent pour leur faire obtenir le Prix Nobel.
En sortant, nous retrouvons avec un infini plaisir le fidèle David Krieger venu dans notre département, notamment avant l'invasion des troupes US en Irak et pour tenter de l'éviter. |